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Élections au Royaume-Uni : le Parti du Brexit laisse le champ libre aux conservateurs

Nigel Farage parle, les deux mains levées.

Le chef du Parti du Brexit, Nigel Farage, a annoncé lors d'un événement électoral à Hartlepool qu'il ne présenterait pas de candidats dans les circonscriptions tenues par les conservateurs lors des élections législatives de décembre.

Photo : Reuters / Scott Heppell

Agence France-Presse

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, se voit donner un appui de taille par le chef du Parti du Brexit, Nigel Farage, pour l’aider à remporter les élections législatives anticipées du 12 décembre. Nigel Farage renonce en effet à présenter des candidats dans les 317 circonscriptions gagnées par les conservateurs en 2017.

La volonté de Nigel Farage de présenter 600 candidats (sur 650 sièges) de son parti aux législatives faisait craindre aux partisans d'une sortie de l'Union européenne (UE) un éparpillement des voix favorisant l'opposition et susceptible de faire dérailler le processus.

Après avoir proposé en vain une alliance à Boris Johnson en échange d'un abandon de son accord de divorce avec l'UE, M. Farage a revu sa proposition. Lors d'un déplacement à Hartlepool lundi, il a annoncé que sa formation politique ne présenterait pas de candidats dans les circonscriptions remportées par les conservateurs aux dernières élections de juin 2017 et se concentrerait sur les sièges tenus par le Parti travailliste.

Aux yeux de Nigel Farage, sa décision empêche un nouveau référendum promis par les travaillistes. C'est le plus important pour le pays, a-t-il déclaré.

Nigel Farage, qui fut avec Boris Johnson une figure de la campagne en faveur de la sortie de l’UE lors du référendum de 2016, estime cependant que l'accord négocié difficilement par le dirigeant conservateur pour éviter un divorce trop brusque, douloureux pour l'économie, ne constitue pas un vrai Brexit, car il maintient, selon lui, le Royaume-Uni trop proche de l'UE.

Il avait donc demandé à Boris Johnson de l'abandonner en échange d'une alliance, en vain.

Chez les partisans de Nigel Farage réunis à Hartlepool, sa décision a été accueillie avec enthousiasme.  

L'annonce pourrait simplifier la tâche de Boris Johnson, qui fait campagne pour retrouver une majorité et une marge de manoeuvre lui permettant de mener le pays hors de l'UE au plus tard le 31 janvier prochain, après deux reports du Brexit, initialement prévu le 29 mars 2019.

Régissant sur Twitter, Boris Johnson s'est réjoui que Nigel Farage reconnaisse qu'il n'existe pas de pire menace pour le Brexit qu'un Parlement bloqué faute de majorité claire. Les conservateurs n'ont besoin que de neuf sièges supplémentaires pour avoir une majorité pour quitter l'UE d'ici à la fin janvier avec un accord.

Selon Tim Bale toutefois, le directeur adjoint du centre de réflexion UK in a Changing Europe, dans les circonscriptions où il se maintient, le Parti du Brexit a plus de chances de prendre des voix aux conservateurs qu'aux travaillistes.

Le Labour, mené par Jeremy Corbyn, fait campagne en promettant qu'un gouvernement travailliste négocierait avec l’UE un nouvel accord de sortie qui apporterait plus de sécurité aux travailleurs britanniques et qu’il le soumettrait au vote des électeurs, face à l'alternative d'un maintien dans le bloc européen.

L'un des responsables du Labour, Ian Lavery, a dénoncé une alliance entre Nigel Farage et Boris Johnson avec le président américain Donald Trump pour vendre notre pays.

Conservateurs et Parti du Brexit ne font désormais qu'un, a réagi pour les libéraux-démocrates Ed Davey, chef adjoint du parti europhile.

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