•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les médailles d'un soldat huron-wendat remises à la communauté de Wendake

Le soldat Delphis Theberge

Né à Wendake, Delphis Théberge est décédé en 1963.

Photo : Ben Huot

Hadi Hassin

En ce jour du Souvenir, les descendants du soldat huron-wendat Delphis Théberge ont remis ses médailles au Musée huron-wendat de Wendake. Il s’agit d’un geste symbolique qui vient rappeler la contribution des Autochtones à l’effort de guerre.

Né à Wendake, l’homme fort s’est enrôlé à Prince Albert, en Saskatchewan, en 1915. Membre de l’artillerie canadienne, il a été envoyé au front de l’Ouest, où il a vite été exposé aux bombardements ennemis.

Il tirait un canon de 18 livres et six chevaux, raconte l’historien Jean-Philippe Thivierge au sujet de celui que l’on décrivait comme un bohème.

Le père de famille a participé à différents combats jusqu’en 1918, dont la très sanglante bataille de la Somme. Celle-ci a duré plus de quatre mois et a fait des centaines de milliers de morts.

En septembre 1918, il participe à la bataille du Canal-du-Nord. Il se porte volontaire pour poursuivre le combat malgré la mort tragique de plusieurs de ses frères d’armes. Ce courage a été récompensé par la Médaille de la bravoure, la seule d’ailleurs décernée à un Wendat durant les guerres mondiales.

À l’issue de la Première Guerre mondiale, Delphis Théberge est rentré au pays sans séquelles sur le plan physique. Il est décédé en 1963.

Il a été étonnamment chanceux, mais dans sa tête, il y avait certainement des traumatismes.

Jean-Philippe Thivierge

L’un de ses petits-fils, Ben Huot, parle d'un homme généreux au grand coeur.

Ce dont je me souviens le plus, c'est probablement son ouverture d'esprit, sa volonté de discuter de ce qui s'est passé pendant la guerre et de ses souvenirs, déclare Ben Huot. Ce n'était pas vague, ce n'était pas du brouillard, c'était extrêmement détaillé.

Parmi les articles donnés au musée figurent ses médailles, ses éperons, des centaines de cartes postales de l’époque, dont des dizaines écrites par Théberge lui-même, et des objets qu’il a ramassés sur le champ de bataille.

Les médailles de Delphis Theberge

Parmi les articles donnés figurent ses médailles, ses éperons et des centaines de cartes postales de l’époque.

Photo : Ben Huot

Des milliers d'hommes

Si la documentation historique montre que de nombreux soldats autochtones se sont enrôlés pour s’accomplir ou se remémorer la tradition guerrière, d’autres étaient plutôt en quête d’aventure, rappelle Jean-Philippe Thivierge.

Peu d’études ont d’ailleurs été réalisées concernant la participation des Autochtones à la Première Guerre mondiale, constate-t-il. Il est donc difficile d’évaluer le nombre exact de soldats qui y ont pris part.

Des estimations de Statistiques des Affaires indiennes avancent néanmoins le chiffre de 4000 hommes des Premières Nations lors de la Première Guerre mondiale, puis 4000 autres lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Histoire