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La commission Laurent à Sept-Îles met en lumière des problèmes administratifs en santé

Régine Laurent.

L'ancienne syndicaliste Régine Laurent préside la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une médecin de famille de Baie-Comeau, Marie-André Deschênes, a soulevé plusieurs problèmes administratifs qui compliquent le traitement des dossiers d’enfants pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse sur la Côte-Nord, lors de son témoignage à la commission Laurent.

Marie-André Deschênes a affirmé que les médecins ont souvent peu d’informations lorsqu’ils voient des enfants pour la première fois.

L’accès à l’information et les suivis entre les parents, la DPJ, les écoles, les hôpitaux et d’autres spécialistes qui encadrent l’enfant sont souvent déficients, a-t-elle expliqué aux commissaires.

La médecin déplore aussi le fait que, quand les enfants deviennent majeurs, ils sont laissés à eux-mêmes dans leurs démarches pour consulter un médecin de famille ou des spécialistes. Elle croit qu’il faudrait les accompagner davantage dans leur transition vers l’âge adulte.

Des prescriptions dédoublées

La docteur Deschênes a poursuivi son témoignage en affirmant que des enfants peuvent être placés dans une famille d’accueil qui habite dans une autre ville. Lors d’un déménagement, temporaire ou permanent, les prescriptions des médicaments des enfants ne peuvent pas être transférées entre les pharmacies.

Marie-André Deschênes donne l’exemple fictif d’un enfant de Havre-Saint-Pierre qui est hébergé par une famille de Baie-Comeau et doit retourner à Havre-Saint-Pierre, à 450 kilomètres, pour récupérer ses médicaments.

Sinon, il faut donc consulter un médecin pour obtenir une nouvelle prescription, ce qui engorge le système de santé.

Marie-André Deschênes a aussi dénoncé un manque de ressources dans la région. Elle affirme qu’un enfant qui doit consulter un pédopsychiatre de façon non urgente peut attendre de 1 an à 3 ans.

Des pistes de solution

Pour améliorer les services aux enfants et aux familles pris en charge par la DPJ, Marie-Andrée Deschênes a notamment proposé de mettre sur pied des groupes d’accompagnement pour les enfants anxieux et ainsi que pour leurs parents.

Elle croit aussi qu’il faut améliorer l’aide aux nouveaux parents, comme bonifier le service de mères-visiteuses.

Services aux Autochtones

Les commissaires ont également posé des questions sur les besoins particuliers des Autochtones.

La médecin a affirmé que le principe de Jordan, qui garantit aux jeunes des Premières Nations l’accès aux services publics dont ils ont besoin, devrait être élargi à l’ensemble des enfants.

Par contre, elle estime que dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre en santé, cela ne serait pas possible. 

La communication au CISSS

Après le témoignage de la médecin, le commissaire André Lebon a affirmé que l’objectif d’améliorer la communication entre les intervenants en santé, visé par la création des Centres intégrés de santé et de services sociaux, n’a visiblement pas été atteint.

C’était l’objectif des Centres intégrés de faciliter la communication. On voit que ce n’est pas gagné sur tous les fronts.

André Lebon, commissaire

Pendant la première de trois journées d’audiences, la commissaire Régine Laurent a aussi entendu cinq témoignages qui ne seront pas rendus publics.

La mairesse de Forestville, Micheline Anctil, qui devait témoigner en fin de journée, n’a pas pu se déplacer à Sept-Îles pour des raisons personnelles.

Les défis de la DPJ de la Côte-Nord

Les défis de la protection de la jeunesse sont grands dans la région.

La Direction de la protection de la jeunesse de la Côte-Nord a dit avoir reçu 3540 signalements en 2018-2019, soit une hausse de 11,7 % par rapport à l’an dernier.

En raison de cette hausse de signalements et d’une pénurie de main-d’œuvre, les délais d'attente pour l'évaluation d'un dossier à la DPJ de la Côte-Nord ont presque doublé pendant l’été. Ils sont passés de 21 jours au début du mois de mai à 41 jours au mois d’août. Selon la directrice de la protection de la jeunesse sur la Côte-Nord, le délai d’attente jugé normal est de 12 jours.

La situation est particulièrement difficile dans les communautés autochtones. L'attente d’une évaluation est en moyenne de 46 jours. Les communautés autochtones de la région n’ont toutefois pas été invitées à témoigner pendant les trois jours de la commission à Sept-Îles.

La commission doit soumettre ses recommandations et son rapport au gouvernement québécois, au plus tard le 30 novembre 2020.

La commission Laurent a été créée dans la foulée du décès d’une fillette de 7 ans de Granby, en avril 2019. Ce drame a soulevé de nombreuses questions sur le système de protection de la jeunesse au Québec.

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