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Les dirigeants de Semafo débarquent à Ouagadougou pour gérer la crise

Les activités de la compagnie québécoise à la mine de Boungou demeurent suspendues jusqu'à nouvel ordre.

Deux trous de balle ont endommagé le pare-brise du véhicule.

L'un des autocars criblés de balles par les assaillants, mercredi dernier.

Photo : Reuters / Reuters TV

Radio-Canada

C'est en direct de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, que la haute direction de l'entreprise montréalaise Semafo a fait le point, lundi matin, sur l'attentat perpétré la semaine dernière contre un convoi transportant des employés de la mine de Boungou.

Ses dirigeants ont notamment fait savoir que les cinq autocars de la caravane transportaient 241 employés, sous-traitants et fournisseurs de la compagnie.

Ils ont également annoncé que le dernier bilan s'établissait à 39 morts, 60 blessés et 141 rescapés.

Le PDG Benoit Desormeaux a précisé qu'un employé de la compagnie était toujours porté disparu.

Par ailleurs, la compagnie a annoncé qu'elle avait commencé, au courant de la fin de semaine, à transporter des gens par hélicoptère à partir du site de la mine Boungou, situé à environ 355 kilomètres de Ouagadougou.

Plusieurs des personnes sur le site ont besoin de retrouver leurs foyers et leurs familles et se remettre de l'incident survenu la semaine dernière.

Benoit Desormeaux, PDG de Semafo

Survenue à environ 40 kilomètres de la mine de Boungou, l'embuscade de mercredi dernier n'a pas encore été revendiquée, mais on sait que l'est et le nord du Burkina Faso sont en proie à une insurrection islamiste depuis 2015.

Il s'agit dans tous les cas de l'attentat le plus meurtrier qu'ait connu le pays dans son histoire récente.

Le président Roch Marc Christian Kaboré a d'ailleurs décrété jeudi un deuil national de trois jours, qui a pris fin samedi.

L'homme est dans un lit d'hôpital. Son pied droit est dans le plâtre.

Sanou Bakary, 36 ans, fait partie des victimes de l'attentat qui se reposent maintenant à l'hôpital Tengandogo.

Photo : Reuters

La plupart des victimes de l'attentat ont été transportées à l'hôpital Tengandogo, à Ouagadougou.

Les assaillants étaient très nombreux et tiraient de tous les côtés, raconte Ousmane Compaoré, un foreur de 28 ans blessé à l'abdomen et à la main. Ils étaient habillés en boubous de couleur kaki et d'autres portaient des blousons militaires. Ils sont montés avec des Kalach [fusils d'assaut Kalachnikov] dans les cars et ont tiré.

C'était l'horreur. Je n'avais jamais vu autant de corps, de sang !

Halidou Badini, survivant

Halidou Badini, lui, a été atteint à la jambe au moment où il courait pour se cacher dans la brousse. Il s'est caché jusqu'à l'arrivée des renforts, qui l'ont d'abord conduit à Fada, puis à Ouagadougou.

Cet électromécanicien à la mine de Boungou compte néanmoins reprendre le travail dès qu'il en sera capable.

Les risques, dit-il, existent partout, mais il faudrait que nos employeurs prennent aussi d'autres mesures de sécurité, surtout que des convois de la mine avaient déjà été attaqués. On se demande pourquoi faire partir un convoi avec autant de personnes.

L'extraction minière interrompue

Les activités demeurent toutefois suspendues jusqu'à nouvel ordre à la mine de Boungou.

Il faudra du temps pour évaluer le nouveau contexte opérationnel et pour déterminer comment nous serons en mesure d'exploiter nos mines de manière sécuritaire au Burkina Faso, a expliqué l'entreprise dans un communiqué de presse. D'ici là, les opérations à la mine Boungou resteront suspendues.

En plus de l'impact sur les personnes, l'ampleur sans précédent et la nature de cette attaque font en sorte que même les tâches administratives de base et la logistique sont très difficiles.

Extrait du communiqué de presse de Semafo

La mine de Boungou a produit entre 220 000 et 240 000 onces d'or depuis le début de l'année.

Mais l'insurrection djihadiste menace la production aurifère du pays. Déjà, les groupes miniers auraient beaucoup réduit leurs activités d'exploration.

Semafo – qui exploite une autre mine à Mana, près de la frontière nigérienne – a perdu près de 30 % de sa valeur à la Bourse de Toronto depuis l'attaque de la semaine dernière.

La compagnie, dont le siège social est établi au 100 Alexis-Nihon, compte 1200 salariés, dont 85 expatriés. À l'exception de ses communiqués, elle n'a répondu à aucune question de la presse canadienne jusqu'à maintenant.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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