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Discussions budgétaires à Gatineau : balayage de rues, plein air et collectes spéciales

L'enseigne de la Ville de Gatineau à la Maison du citoyen.

Les élus tenteront de limiter la pression sur les contribuables en limitant la hausse de l'impôt foncier (archives).

Photo : Dereck Doherty

Emmanuelle de Mer

Les conseillers ont commencé à discuter lundi matin du budget municipal 2020 de la Ville de Gatineau. Ils ont notamment échangé en avant-midi sur les opérations de balayage au printemps. Le Service des travaux publics recommande de bonifier le budget annuel de 253 000 $ afin que le nettoyage se fasse plus rapidement, soit 6 semaines au lieu de 8 semaines.

Le Service souhaite également remplacer deux balais aspirateurs l'an prochain et renforcer le respect des consignes de stationnement.

Ce dernier point a particulièrement retenu l'attention des élus. Ils ont été nombreux à rapporter que des citoyens se sont plaints du fait que les pancartes restaient dans la rue trop longtemps sans que le balayage se fasse.

S'il n'y a pas de mesures claires, qu'il n'y a pas de conséquences, ça va être difficile d'améliorer la qualité des services, a résumé Gilles Carpentier. Il recommande de s'inspirer de la façon dont la Ville sévit contre les contrevenants lors du déneigement parce que ça marche.

Un camion nettoie à grande eau une rue.

Le balayage des rues au printemps à Gatineau pourrait prendre deux semaines de moins l'an prochain avec l'injection d'environ 250 000 $ (archives).

Photo : Radio-Canada / Sébastien Vachon

Le conseiller Jocelyn Blondin a de son côté demandé que l'horaire soit affiché sur le site de la Ville, afin que les élus puissent aviser les résidents dans leur district.

L'avenir, c'est l'électronique, a renchéri pour sa part Maude Marquis-Bissonnette. Elle a rappelé que la technologie permet de recevoir des textos avertissant du moment du balayage — comme du déneigement

Alain Leclerc du Service des travaux publics a expliqué que des mesures ont été mises à l'essai au printemps dernier pour améliorer l'information et la coercition auprès des résidents. La Ville devra cependant les évaluer avant d'appliquer une nouvelle procédure.

Développer une stratégie pour le plein air

Par ailleurs, la Ville de Gatineau souhaite devenir la capitale du plein air urbain au Québec, estimant en détenir le potentiel. Elle mise notamment pour ce faire sur son réseau de pistes cyclables, ses parcs et espaces naturels, la présence de rivières majeures et une vingtaine de sites de plein air existants.

Le nouveau plan cible exclusivement des activités non motorisées. Pour aller de l'avant, la Municipalité devra se donner les moyens. Le Service de loisirs, des sports et du développement des communautés recommande une allocation de 2,865 millions de dollars sur trois ans (2020-2022).

Cette somme permettrait, par exemple, de soutenir les organismes souhaitant gérer un site de plein air en partenariat avec la Ville, d'augmenter le nombre de parcs donnant accès aux berges et de développer une stratégie de mise en marché.

Une femme sur un vélo roule sur une piste cyclable

Une des forces de Gatineau pour le plein air est l'accès à de nombreuses rivières pour les activités non motorisées (archives).

Photo : Radio-Canada / Christelle D'Amours

La très grande majorité des conseillers ont applaudi la proposition, estimant que la santé et la qualité de vie des Gatinois en seraient bonifiées. On ne peut qu'être gagnants avec un plan comme ça, a souligné Pierre Lanthier. Tout le monde y gagne, c'est très peu coûteux.

Le conseiller Gilles Carpentier a particulièrement salué l'initiative en matière d'attractivité dans un contexte où les employeurs connaissent une pénurie de main-d'oeuvre.

C'est un investissement qui va payer à long terme [...] qui va attirer les touristes, offrir un meilleur attrait [pour les employés] et une vie familiale de qualité.

Gilles Carpentier, conseiller du district du Carrefour-de-l'Hôpital

Louise Boudrias a toutefois exprimé un bémol au sujet de la somme demandée, tout en reconnaissant qu'il s'agissait d'un excellent plan. Elle a souligné que la somme de 548 000 $ prévue la première année équivaut au montant de rattrapage pour le pavage des rues.

Est-ce que j'offre un nouveau service ou j'investis dans des projets où les gens sont moins satisfaits? a-t-elle demandé. Est-ce qu'on peut finir ce dans quoi on s'est engagés plutôt que d'investir un million dans un projet tout à fait louable?

Cette sortie a fait réagir ses collègues. Le président du conseil municipal et conseiller du district du Versant, Daniel Champagne, a souligné qu'il était délicat de sembler dire à la population de faire du plein air ou des infrastructures, ajoutant qu'il était selon lui extrêmement dommage qu’on fasse cette comparaison.

Est-ce qu’on veut être visionnaires ou bonifier nos infrastructures quand, dans les faits, on investit 72 % de plus qu’en 2013?

Daniel Champagne, conseiller du district du Versant

M. Champagne reconnaît que les décisions budgétaires à prendre sont difficiles. Mais il lui apparaît très clair qu'il faut établir une vision et donner une identité à la Ville, se disant extrêmement satisfait de la proposition.

Vers un écocentre à Aylmer

À la lumière de la popularité de l'écocentre de l'Aéroparc à Gatineau et de celui à Hull, le Service de l'environnement recommande la construction d'un écocentre à Aylmer, où la population grandit de façon soutenue.

Il suggère d'y consacrer 7,19 millions de dollars d'ici 2025 pour choisir le site, développer les plans et devis ainsi qu'évaluer les coûts et les possibilités de subventions.

D'ici là, la Ville de Gatineau devrait également développer un plan de transition pour offrir un service aux résidents, comme des points de dépôt temporaires.

Une file de véhicules immobiles à l'entrée de l'écocentre de Gatineau.

Les Gatinois doivent souvent s'armer de patience pour déposer leurs encombrants-déchets au centre de transbordement de Hull (archives).

Photo : Radio-Canada

À la suite de l'intervention de la conseillère Boudrias, le Service de l'environnement confirme que les frais seront plus élevés que la somme avancée, puisqu'il faudra ajouter l'achat du terrain, les études environnementales et les études de conformité, entre autres.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin reconnaît que le processus en est à ses débuts, mais que le montant donne une idée de ce que ça va coûter.

4 ou 8 collectes spéciales en 2020?

Enfin, le comité exécutif recommande de maintenir en 2020 les quatre collectes spéciales d'encombrants supplémentaires, pour un total de huit par année.

Il contredit ainsi la Commission sur le développement du territoire, l'habitation et l'environnement (CDTHE), laquelle suggérait en octobre dernier de revenir à quatre collectes, considérant la faible participation de la population et la quantité d'objets non admissibles.

Le comité exécutif propose aussi de conserver la gratuité pour les encombrants-déchets au centre de transbordement de Hull. Ce dernier est d'ailleurs victime de son succès et plusieurs élus l'ont noté.

Le conseiller Jocelyn Blondin suggère même de revoir les heures d'ouverture du centre, en ouvrant par exemple en soirée du lundi au mercredi.

La population se prend en main, se donne la peine de se déplacer. Donnons-lui les moyens.

Jocelyn Blondin, conseiller du district du Manoir-des-Trembles-Val-Tétreau

Le Service de l'environnement explique qu’il étudie l’ensemble de l’offre de services, avec les coûts associés à d'éventuels changements. Il reconnaît que l'écocentre n'est pas adapté à l'achalandage actuel. Près de 400 véhicules s'y rendent la fin de semaine, soit un véhicule accueilli à la minute.

Des fauteuils et une bibliothèque sont laissés en bordure du trottoir.

La nouvelle politique sur les déchets dits encombrants de la Ville de Gatineau inquiète l'organisme de charité de Hull Comptoir St-Vincent-de-Paul de Hull.

Photo : Radio-Canada

De son côté, l'élue du district d'Aylmer, Audrey Bureau, souligne que le volume de déchets pour la collecte spéciale serait plafonné à un mètre cube. Selon elle, il faudra s'assurer de bien faire passer ce message aux résidents qui en déposent souvent davantage.

Le Service reconnaît qu'il avait laissé les gens en laisser plus parce qu'ils s'adaptaient en 2019. Si la recommandation va de l’avant, le message devra être diffusé à la population sur le site Internet de la Ville et l'application Dtritus, entre autres.

Le budget des deux dernières années de mandat

La première journée de discussions budgétaires devrait brosser le portrait de la situation financière à Gatineau. Grâce au nouveau pacte fiscal, la Ville pourra notamment compter sur un montant additionnel de 2,5 millions de dollars.

Comme l'a laissé entendre le maire la semaine dernière, le surplus, qui totalisait 9 millions de dollars il y a un an, pourrait toutefois faire les frais des changements climatiques. Tornade, inondations et un hiver en dents de scie, ont coûté cher à la Ville.

Mardi, les élus feront le bilan du plan d'investissements 2015-2019, soit l'état d'avancement des projets adoptés par le conseil. Ce sera aussi l'occasion pour les conseillers de décider des projets pour les cinq prochaines années.

Même si les discussions sur la taxation n'auront lieu que mercredi, il est déjà acquis que les élus tenteront une fois de plus de limiter la pression sur les contribuables, comme ils l'ont fait pour le budget 2019 avec une augmentation limitée à 2,1 %.

Le budget ne sera adopté officiellement que le 10 décembre. Les élus tiendront par contre un vote indicatif lors de la dernière journée de l'étude du budget jeudi.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

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