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Une école de Vanier affiche le plus haut taux d'exemption de vaccination de tout Ottawa

La façade de l'école élémentaire publique Trille des Bois.

L'école élémentaire publique Trille des Bois dans le quartier Vanier à Ottawa affiche un fort taux d'exemption quant à la vaccination.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Radio-Canada

Certains parents d'enfants d'une école primaire d'Ottawa se disent préoccupés par le nombre d'élèves bénéficiant d'une exemption philosophique de la vaccination.

Au cours de l'année scolaire 2018-2019, 11,26 % des élèves de l'école Trille des Bois à Vanier, une école parallèle de langue française, avaient une exemption philosophique.

Selon les données fournies par Santé publique Ottawa (SPO), il s'agit du pourcentage le plus élevé parmi les écoles des conseils scolaires publics ou catholiques, anglophones et francophones. Toutefois, ces données n'incluent pas les écoles privées.

Cela correspond également à environ 60  des 533 élèves de l'école.

C'est navrant, a commenté Megan Apsimon, une médecin dont le fils de quatre ans fréquente l'école. Les vaccins ne sont pas efficaces à 100 %. Alors, les personnes qui ne sont pas vaccinées et qui contractent des maladies peuvent mettre à risque d'autres enfants ou des enfants qui ne peuvent pas être vaccinés pour des raisons médicales.

« Ça ne fait pas de sens »

En Ontario, 9 vaccins sont obligatoires pour les enfants d'âge scolaire en vertu de la Loi sur l’immunisation des élèves. Il s'agit des vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, la rougeole, les oreillons, la rubéole, les maladies à méningocoque et la varicelle pour les enfants nés en 2010 ou après.

Néanmoins, les parents peuvent obtenir des exemptions pour des raisons médicales ou philosophiques.

Des exemptions médicales peuvent être accordées aux personnes présentant un problème de santé ou une allergie à un composant du vaccin, a déclaré Marie-Claude Turcotte, responsable du programme de l'unité de vaccination de SPO.

Des exemptions philosophiques sont accordées pour des convictions religieuses ou personnelles.

C'est alarmant, a réagi Rachel Geddy, dont les deux enfants sont scolarisés à Trille des Bois et dont le mari ne peut pas être vacciné, car il suit des traitements pour un problème de santé.

Colin Meredith, également parent d'élève, trouve que c'est un peu égoïste de simplement penser à son propre enfant plutôt qu'à la population en général.

Ça ne fait aucun sens, puisque c'est autorisé dans une école financée par des fonds publics, a-t-elle ajouté.

Rachel Geddy est un parent d'enfant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rachel Geddy dont les enfants sont scolarisés à Trille des Bois juge que le taux d'exemption est alarmant.

Photo : Radio-Canada / Kimberley Molina

D'autres parents trouvent qu'il s'agit plutôt d'une zone grise.

Il faut essayer de trouver un équilibre entre la science et les croyances personnelles des gens. C'est une situation délicate, a souligné Nic Courtemanche.

Je comprends, vous savez, les gens ont diverses raisons pour ne pas le faire. C'est leur droit, a ajouté pour sa part Maggie Fondong, mère de jumeaux de cinq ans.

M. Courtemanche et Mme Fondong ont tous deux indiqué avoir fait vacciner leurs propres enfants. Ils ont également exprimé des inquiétudes quant à la protection des enfants qui ne peuvent pas être vaccinés.

Une femme avec deux enfants de 5 ans.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Maggie Fondong et ses jumeaux

Photo : Radio-Canada / Kimberley Molina

Fort taux d'exemption dans Lady Evelyn Alternative

Dans une déclaration adressée à CBC, le Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO) a déclaré qu'il travaillait en étroite collaboration avec les unités de santé publique qui réglementent la vaccination à Trille des Bois et dans les autres écoles, mais qu'il ne pouvait pas être tenu pour responsable si les parents demandaient des exemptions.

Le CEPEO facilite la communication entre les parents et Santé publique Ottawa, mais n'est pas responsable du fait que les parents sont ou non en conformité avec la loi.

Le second taux d’exemption philosophique le plus élevé à Ottawa se trouve à l’école Lady Evelyn Alternative, située dans le vieil Ottawa-Est. Il atteint 10,74 %.

Au total 16 élèves sur 149 bénéficient d'une exemption.

Une femme en entrevue avec Radio-Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marie-Claude Turcotte est responsable du programme de l'unité de vaccination de SPO.

Photo : Radio-Canada / Kimberley Molina

Depuis septembre 2017, les parents qui souhaitent obtenir une exemption philosophique doivent signer une déclaration de conscience ou de conviction religieuse et assister à une séance d'information. À Ottawa, cela consiste en séances en tête-à-tête avec une infirmière de la santé publique et nécessite de regarder un film de 30 minutes sur la vaccination.

Il ne fait aucun doute que les parents veulent faire ce qu'il y a de mieux pour leurs enfants. Notre rôle est donc de nous assurer qu'ils disposent de toutes les informations et qu'ils peuvent prendre cette décision, a affirmé Mme Turcotte.

Une fois qu'un enfant bénéficie d'une exemption, elle reste dans son dossier jusqu'à ce qu'elle soit retirée ou que l'élève ait 18 ans.

Mme Turcotte a détaillé que le fait qu'un enfant bénéficie d'une exemption philosophique ne signifie pas qu'il n'a pas été vacciné.

Cela pourrait simplement indiquer que les parents ont demandé une dérogation pour davantage étudier la question, puis qu'ils ont finalement immunisé leur enfant.

Une moyenne de 2 %

Selon Mme Turcotte, le taux d’exemption philosophique moyen dans les écoles d’Ottawa est de 2 %.

Bien qu'elle ne puisse pas expliquer les raisons pour lesquelles le taux de l'école Trille des Bois était beaucoup plus élevé, elle a toutefois précisé qu'un groupe de parents ambivalents face à l'administration de vaccins pourrait être en cause.

Il est important de répertorier les enfants qui ne sont pas vaccinés au cas où un enfant serait atteint d'une maladie, juge-t-elle.

Selon le type de maladie, les enfants non vaccinés pourraient être retirés de l'école pour assurer leur propre protection, a-t-elle conclu.

Avec les informations de Kimberley Molina de CBC

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