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Rivalité Canada États-Unis au hockey sonore

Des joueurs de hockey sonore sur la glace pendant un match

L'équipe canadienne de hockey sonore a battu celle des États-Unis à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Kim Vallière

Kim Vallière

Les participants d'une rencontre internationale de hockey sonore entre le Canada et les États-Unis n'ont pas laissé leur handicap visuel diminuer la rivalité souvent intense entre les deux nations.

De solides contacts physiques ont été distribués et quelques insultes ont été lancées lors d'une rencontre internationale de trois jours qui s'est tenue à Ottawa.

Les deux équipes nationales, qui ont vu le jour il y a deux ans, s'étaient donné rendez-vous pour une première fois en sol canadien.

Les Canadiens ont écrasé les Américains à chacune des trois rencontres organisées dans la capitale au cours du week-end.

C'est sûr que pendant la partie, on ne s'aime pas, mais après ça, c'est amical.

Thomas Raymond, attaquant de l'équipe canadienne de hockey sonore.

Les règles du hockey sonore sont similaires à celles du hockey traditionnel, à quelques exceptions près. La rondelle est un disque d'acier vide, deux fois plus gros que celles de caoutchouc, qui contient huit billes de métal bruyantes, pour permettre aux joueurs de la repérer grâce à leur ouïe.

Je dirais que je me fis 30 % à mes yeux et 70 % à mes oreilles, explique Thomas Raymond, un attaquant de 17 ans, qui a perdu sa vision centrale il y a deux ans. J'étais habitué à une plus petite rondelle qui est plus petite et qui va plus vite, mais je me suis habitué rapidement.

Les buts sont moins hauts pour permettre aux gardiens, qui ont les yeux couverts, de bloquer les tirs hauts.

Les joueurs doivent aussi obligatoirement compléter une passe en zone offensive avant de pouvoir tirer vers le filet. Lorsque les arbitres jugent qu'ils ont réussi, ils font retentir un sifflet électronique, question d'avertir les patineurs, qui ont tous moins que 10 % de vision.

Il faut beaucoup se parler sur la glace, mentionne l'aîné de l'équipe canadienne François Beauregard. C'est sûr qu'on peut plus naturellement essayer de tricher et de se fier au peu de vision qui nous reste [...] C'est important de communiquer pour savoir qui est disponible pour une réception de passe et où l'adversaire est rendu.

Le défenseur de 61 ans n'a plus que 5 % de sa vision, comme si je regardais à travers une paille. Il porte donc un casque blanc et vaut 2 points. Ceux qui ont entre 5 et 10 % de vision portent des casques noirs et valent 3 points.

Les personnes aveugles sont souvent gardiens, sinon ils portent des casques rouges et valent 1 point. Les entraîneurs doivent s'assurer que la valeur totale des joueurs sur la glace ne doit pas dépasser 14 points, en incluant le gardien.

Les Jeux paralympiques dans la mire

Le Canada et les États-Unis sont les deux seuls pays pour le moment qui comptent sur une équipe nationale. La Finlande, l'Angleterre et la Russie tentent de mettre sur pied des programmes similaires.

Matt Morrow, le directeur général de Hockey sonore Canada, travaille aussi au développement international du sport inventé en 1972.

Le rêve, c'est de participer aux Jeux paralympiques, lance-t-il, sans vouloir donner d'échéancier précis.

L'Ottavien d'origine estime que la première étape sera de tenir une compétition internationale avec quatre équipes, puis un Championnat du monde, avant de pouvoir déposer une application pour joindre le programme paralympique.

C'est une fierté de représenter son pays, de partager l'expérience avec les gars et d'essayer ensemble de faire grandir ce sport-là, mentionne Julien Blais-Savoie, un défenseur de 36 ans qui est né avec un handicap visuel.

Savoie, Robert et Beauregard sont les trois membres des Hiboux de Montréal qui évoluent au sein de l'équipe nationale. Le club québécois a été fondé il y a 41 ans et compte sur une quarantaine de membres.

Je sais qu'au début, quand on dit qu'on joue au hockey et qu'on ne voit pas grand-chose, ç'a l'air un peu fou. Le concept a l'air casse-gueule, mais c'est le fun et on est libre et on peut bouger. Venez l'essayer, lance Beauregard comme invitation.

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Ottawa-Gatineau

Hockey international