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analyse

« On va se retrousser les manches », assurent les péquistes

Les membres du parti sont assis dans une salle. Certains tiennent une affiche rose dans les airs pour indiquer leur appui à une proposition.

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, participait aux débats dimanche lors du congrès de refondation du parti.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Martine Biron

La dure semaine que vient de passer François Legault a redonné espoir à tous ceux qui commençaient à penser que le gouvernement de la Coalition avenir Québec était invincible. À commencer par les militants du Parti québécois, réunis en congrès extraordinaire ce week-end à Trois-Rivières pour refonder leur parti. Rien de moins.

« On va se retrousser les manches. » Il s'agit certainement de la phrase la plus populaire du congrès tandis que le Parti québécois (PQ) survit dans les bas-fonds depuis la dernière élection générale.

Les péquistes sont un peu comme un musicien qui aspire à faire des spectacles sur les grandes scènes du monde. Il doit s'exercer, faire des gammes, préparer ses chansons, les mettre en marché et les mettre en scène. Actuellement, le PQ fait ses gammes.

Relégué à la troisième opposition, le parti n’a pas vraiment d'autre choix que de retourner à la case départ. Il réorganise son programme et ses statuts. Mais si le musicien a nécessairement besoin d’un gérant pour réussir, le PQ a fait le choix de faire le travail avant de se donner un chef. Et sans chef pour galvaniser les troupes, il n’y a pas beaucoup de passion.

Le congrès a été teinté par ce manque de leadership, et cela, même si les militants, jeunes et vieux, se sont montrés concentrés et studieux. On a abondamment parlé de l’indépendance, que les péquistes veulent replacer au centre de leur action politique.

Certains y ont vu la réhabilitation de la stratégie de l’ex-députée Martine Ouellet. Si la comparaison n’a pas plu aux péquistes, elle a mis en lumière l’importance d’un leader fort pour porter le message. Tout est dans la manière. C’est le chef qui donne la force au message, c’est le chef qui donne de la personnalité au projet. Si bien que, sans chef, il est difficile de savoir où s’en va le parti.

L’effet Blanchet

On ne voulait pas parler ouvertement de la course à la direction. On a donc convenu de laisser toute la place aux militants. Mais le contexte était idéal pour tâter le terrain, et c’est exactement ce qu’ont fait, dans les corridors du congrès, les prétendants comme le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre-Plamondon et l’historien Frédéric Bastien.

On ne sent toutefois pas un appétit dévorant pour une course à la direction. D’abord parce que le parti est lourdement endetté. Aussi, parce que le PQ aimerait éviter les conflits internes.

Ce que souhaitent les péquistes, c’est refaire le « coup du Bloc québécois » des dernières élections fédérales. On aimerait recruter, et même couronner un Yves-François Blanchet, un bon communicateur qui pourrait ramener le PQ dans la course. C’est d’ailleurs la visite du chef du Bloc québécois, samedi, qui a été le moment le plus fort du congrès. D’où l’importance d’un chef pour motiver les troupes.

Les péquistes disent souvent qu’ils ne croient plus aux sauveurs, mais visiblement rien ne les empêche d’en rêver.

Notes de congrès

  • On a souvent dit du PQ que c’est un « parti de têtes grises ». Ce n’était pas le cas ce week-end. Les jeunes étaient nombreux et ils ont su secouer la vieille garde péquiste. Ils ont déployé beaucoup d’énergie afin que les sympathisants du parti, qui n'en sont donc pas membres, puissent voter pour élire le prochain chef. Et ils l'ont obtenu.
  • À peine installé dans son nouveau poste de président du PQ, Dieudonné Ella Oyono a lancé un pétard en révélant que le Parti québécois pourrait changer son nom et son logo. Un aveu qui a surpris et qui, surtout, a volé la vedette aux débats de la journée.
  • Les deux discours du chef par intérim, Pascal Bérubé, ne contenaient aucune attaque contre le gouvernement de la CAQ, ce qui est très rare dans ce genre d’événement. « On voulait un congrès positif », a expliqué M. Bérubé.

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