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28 municipalités de l'Est-du-Québec toujours sans traitement d’égout

De l'eau, en bon débit, sort de deux gros tuyaux et se déverse dans un cours d'eau.

Diverses municipalités de l'Est-du-Québec tentent d'obtenir du financement pour le traitement de leurs eaux usées.

Photo : getty images/istockphoto / Wavetop

Miriane Demers-Lemay

Si les municipalités québécoises doivent aménager une station d’épuration de leurs eaux usées d’ici au cours de la prochaine année, 82 municipalités rejettent toujours leurs égouts dans les cours d’eau. De ce nombre, 28 sont situées dans l’Est-du-Québec.

Les Bergeronnes, Les Escoumins, Tadoussac, Havre-Saint-Pierre, Cap-Chat, Grande-Vallée : un peu partout dans l’Est-du-Québec, des petites municipalités n’ont toujours pas de station d’épuration. La moitié d’entre elles n’ont pas même de « dégrilleur », un système de traitement primaire qui permet de capter les matières solides avant leur rejet dans les cours d’eau.

Dans d’autres endroits, comme à Havre-Saint-Pierre, un conduit déverse ces matières à quelques centaines de mètres des côtes, dans le fleuve.

Légende de la carte :

  • Rouge : municipalité sans dégrilleur
  • Jaune : municipalité avec dégrilleur
  • Bleu : ayant reçu une autorisation pour faire des travaux

Les municipalités doivent se conformer au Règlement sur les ouvrages municipaux d’assainissement des eaux usées d’ici le 31 décembre 2020, selon Frédéric Fournier, porte-parole du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Mais dans plusieurs municipalités, on estime qu’il sera impossible de respecter ce délai. La construction d’une station d’épuration ou de bassins de décantation est un long processus incluant les propositions de plans et devis, les autorisations ministérielles et même, parfois, les fouilles archéologiques, comme il a fallu faire à Tadoussac.

La petite chapelle de Tadoussac est fermée pour une durée indéterminée.

Tadoussac est l'une des municipalités avec un réseau d'égout avec un dégrilleur seulement.

Photo : Radio-Canada / Marlène Joseph-Blais

À Tadoussac, le projet est dans les cartons depuis une quinzaine d’années, assure le maire Charles Breton. Le village, enclavé entre des parois rocheuses et le Fjord, doit aussi composer avec des contraintes du milieu naturel.

On travaille sur ce dossier-là depuis plusieurs années, on avance, on a une volonté de mettre aux normes nos eaux usées, c’est une grande préoccupation qu’on a d’ailleurs, observe Marie-Claude Guérin, directrice générale à la Municipalité de Tadoussac. Cette dernière juge qu’il sera toutefois utopique d’engranger les travaux en 2020, surtout sans savoir si ces derniers – dont le coût devrait dépasser plusieurs millions de dollars – ne sont pas subventionnés.

Les petites municipalités doivent surtout obtenir d’importantes subventions avant d’aller de l’avant.

À 3500 habitants, on n'a pas les moyens de se payer un système à plus ou moins 30 millions [de dollars], observe Daniel Cormier, ingénieur à la Municipalité de Havre-Saint-Pierre.Ça va prendre de la mobilisation politique, des arrimages entre le provincial, fédéral et municipal.

Des 28 municipalités de l'Est-du-Québec qui rejettent toujours leurs eaux usées dans les cours d’eau, la moitié sont situées sur la Côte-Nord. Avec 4 municipalités qui n’ont pas encore fourni une demande au ministère, le Bas-Saint-Laurent a le meilleur bilan des trois régions.

Depuis 2018, la municipalité d’Esprit-Saint a exécuté ses travaux pour traiter ses eaux usées, tandis que Sainte-Florence et Saint-François-Xavier-de-Viger ont reçu une autorisation pour procéder à des travaux en ce sens. En un peu plus d’un an, 11 municipalités québécoises ont réussi à construire une station d’épuration sur leur territoire.

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