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Un ancien combattant raconte sa mission en Afghanistan

« Ce n’est pas un jeu vidéo. Ton ami, tu ne le reverras plus jamais. »

Rémi Desbiens pose avec son coquelicot.

Douze ans plus tard, Rémi Desbiens se souvient de sa mission en Afghanistan.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Radio-Canada

Dans le cadre du jour du Souvenir, Rémi Desbiens a accepté de raconter sa mission de sept mois en Afghanistan, entre août 2007 et mars 2008. L’ancien combattant et sa mère s’ouvrent comme jamais sur cette période de leur vie.

Rémi Desbiens veut le faire en mémoire de ceux qu’il a vu tomber au combat et de ceux qui n’ont pas la force de se raconter, parce qu’ils sont atteints du stress post-traumatique.

Le natif de Kapuskasing admet qu’il était un peu naïf avant de partir en mission.

Il avait 20 ans et pensait que rien ne lui arriverait.

Rémi dans le désert.

À son arrivée dans le désert de l'Afghanistan, Rémi Desbiens avait 20 ans.

Photo : Collection Famille Desbiens

Deux semaines après son arrivée, la réalité de la guerre le rattrape.

Son confrère Simon Longtin est tué. Une bombe artisanale a explosé au passage du véhicule léger blindé que conduisait le soldat au sein d'un convoi de ravitaillement. Rémi était deux véhicules derrière lui.

C’est vraiment là que j’ai réalisé que ce n’est pas un jeu. Tu ne peux pas prendre une semaine de deuil. Le lendemain, tu retournes à la même place, au combat. T’apprends à t’adapter à cet environnement-là, sinon tu développes des symptômes de stress post-traumatique.

Rémi Desbiens, ancien combattant

La communication entre une mère et son fils

En 2007, la communication était beaucoup plus difficile; Skype et Facebook n’étaient pas aussi répandus et fonctionnels qu’aujourd’hui.

Rémi Desbiens raconte qu’à son arrivée en Afghanistan, un groupe de 120 militaires devaient partager un seul téléphone satellite.

Ce n’était pas égal à 100 % entre tout le monde. Moi, j’étais célibataire et sans enfant. À la place d'utiliser mon temps pour le téléphone, je le donnais à mes confrères.

Rémi Desbiens, ancien combattant
Rémi Desbiens en compagnie de sa mère et de son frère.

À son retour au pays, Rémi a reçu tout un accueil dans sa ville natale. Sa mère et son frère étaient aux premières loges pour cette cérémonie.

Photo : Collection Famille Desbiens

Denise Desbiens avait une seule demande : son fils devait l’appeler au moins une fois par semaine pour lui donner des nouvelles.

À l’époque, on n’avait pas de cellulaire. Ça m’a tenue beaucoup à la maison. Je ne savais jamais quand il m’appellerait pis je ne voulais pas manquer son appel. Alors, j’ai été beaucoup, beaucoup prise à la maison .

Denise Desbiens, mère de Rémi

Denise se souvient d’un épisode en particulier qui l’a bouleversée. Alors qu'elle parlait au téléphone avec son fils, elle a entendu une mitraillette, son fils a crié, la ligne a coupé.J’ai paniqué.

Quarante-cinq minutes plus tard, Rémi a rappelé sa mère et lui a raconté la mésaventure de son collègue militaire.

Croyant être sous attaque, j’ai raccroché la ligne au nez. Finalement, ce n’était qu’un défaut dans le fusil d’un soldat. Le soldat était assez bien entraîné pour pointer [...] dans une direction non dangereuse.

Rémi Desbiens, ancien combattant
Un militaire avec un bazooka dans un désert.

Rémi Desbiens pratique à un champ de tir en Afghanistan.

Photo : Collection Famille Desbiens

Après sa mission, Rémi a quitté l’armée à 21 ans, son contrat de trois ans arrivant à échéance.

En entrant dans l’armée, mon but était de servir mon pays. Mon devoir était accompli. En finissant le secondaire, j’étais attiré par la vie militaire parce qu’il y avait plus de 130 possibilités de métiers. L’autre affaire, c’est que je sortais du secondaire et que j’avais un salaire et l’expérience de vie.

Rémi Desbiens, ancien combattant

Aujourd’hui, Rémi Desbiens pratique un tout autre métier à Kapuskasing et adore raconter son histoire.

L’ex-militaire franco-ontarien explique que si les anciens combattants n’avaient pas raconté leur histoire, le jour du Souvenir n’existerait pas.

Rémi Desbiens se fait maintenant un devoir de raconter son expérience.

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