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Et si l’Alberta se retirait vraiment du Régime de pensions du Canada?

L'Alberta peut effectivement se retirer du Régime, mais ce projet serait « extrêmement complexe » à réaliser, estiment des experts.

Le premier ministre de l'Alberta lors d'un discours.

Jason Kenney a mentionné la possibilité pour l'Alberta de se retirer du Régime de pensions du Canada, une idée qui sera étudiée par un comité.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Le premier ministre de l’Alberta a annoncé samedi la création d’un comité qui étudiera des idées qui pourraient être mises en place par le gouvernement pour gagner en indépendance face à Ottawa. Parmi celles-ci, la possibilité de se retirer du Régime de pensions du Canada (RPC). Mais comment cela se traduirait-il dans la réalité?

D’entrée de jeu, l’économiste Trevor Tombe souligne qu’il n’y a pas de précédent pour ce que propose Jason Kenney.

L'Alberta participe au RPC depuis sa création en 1965 par le premier ministre canadien de l'époque, Lester B. Pearson.

Au 30 juin 2019, l'actif du RPC était évalué à 400,6 milliards de dollars.

Un retrait serait extrêmement complexe. Il faudrait déterminer quelle part du fonds serait transférée à l’Alberta, décider comment gérer la situation de ceux qui y ont contribué et qui reçoivent maintenant des prestations, explique-t-il.

Si les fonds étaient retirés du RPC, Trevor Tombe explique que l’Alberta Investment Management Company (AIMCo), qui gère déjà de nombreux régimes de retraite du secteur public, serait probablement choisie pour gérer le régime de pensions provincial.

Pourquoi maintenant?

Les discussions entourant l’idée de créer un régime de pensions albertain ne datent pas d’hier. L’idée avait été mentionnée dans une lettre il y a près de 20 ans.

Cette lettre était signée par six personnes associées aux idées conservatrices, dont Stephen Harper, qui était alors directeur de la Coalition nationale des citoyens.

La lettre était adressée au premier ministre albertain de l’époque, Ralph Klein, et avait été écrite en réaction à la réélection du Parti libéral de Jean Chrétien en 2000.

Elle se voulait un plaidoyer pour que l’Alberta prenne en main son avenir.

L’avocat et professeur à l’Université de Calgary Bryce Tingle rappelle que bien que la lettre avait fait couler beaucoup d’encre à l’époque, elle a plutôt été oubliée dans les deux dernières décennies.

Sauf qu’en ces temps d’aliénation de l’Ouest, il croit que le sujet est à nouveau d'actualité avec Ottawa.

Autant que je sache, la menace de se retirer du RPC est l’outil le plus crédible dont dispose le gouvernement provincial pour amener des gens à la table de négociation et discuter des questions qui préoccupent l’Alberta, souligne-t-il.

Bryce Tingle insiste toutefois sur le fait que l’idée est complexe et comme il n’existe pas d’analyse crédible sur la manière de procéder, l’idée ne reste pour le moment qu’un sujet de discussion.

Avec les informations de Joel Dryden

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