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Jour du Souvenir : un ancien militaire matanais entretient la flamme

Réjean Thibault collige des centaines de documents et photos dans un album de créacollage. Il tourne les pages de son classeur.

Réjean Thibault collige des centaines de documents et photos dans un album « scrapbook ».

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Brigitte Dubé

Pour l’ancien militaire matanais Réjean Thibault, c’est le jour du Souvenir tous les jours, pourrait-on dire. Retraité, il occupe tous ses temps libres à la recherche de documents et de photos qu’il collige pour entretenir la mémoire de soldats gaspésiens et bas-laurentiens dont les exploits sont, à ses yeux, trop souvent oubliés.

On n’aime pas la guerre au Québec et on n’aime pas en parler, dit-il. Pourtant, de tout jeunes hommes ont sacrifié leur vie pour libérer d’autres peuples et protéger leurs semblables.

Les gars partaient avec un courage incroyable!

Réjean Thibault, ancien militaire

Pour lui, il est primordial que les générations actuelles et futures sachent ce qui s’est passé, en particulier au cours des Première et Deuxième Guerres mondiales, pour que l’horreur ne se reproduise pas, dit-il.

Des soldats marchent dans la boue, transportant un blessé.

Une scène typique représentant des soldats canadiens pendant la Première Guerre mondiale.

Photo : Société du Musée canadien des civilisations

Toutefois, M. Thibault constate qu’une majorité de soldats revenus vivants n’ont pas voulu en parler quand ils sont rentrés à la maison.

Une des nombreuses pages du classeur de Réjean Thibault. Ici : le travail des infirmières.

Une des nombreuses pages du classeur de Réjean Thibault. Ici : le travail des infirmières.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Le Matanais se réjouit de voir que les choses changent. Par exemple, la récente parution d’un livre et d’un documentaire portant sur Léo Major, ce héros de la Deuxième Guerre mondiale, a permis à de nombreux Québécois d’en apprendre davantage sur un pan méconnu de leur histoire.

Ayant entre autres participé au Débarquement de Normandie, Léo Major est reconnu pour avoir libéré la ville hollandaise de Zwolle à lui tout seul.

Photo d'archives de Léo Major. Source : « Le fantôme borgne », de Bruno Desrosiers, 2018.

Photo d'archives de Léo Major. Source : « Le fantôme borgne », de Bruno Desrosiers, 2018

Photo : Radio-Canada

J’ai connu Léo Major à son retour de la Guerre de Corée, mentionne Réjean Thibault. Sa propre femme ignorait ce qu’il avait accompli, apprend-on dans le livre Léo Major, un héros résilient.

Les militaires n’en parlaient pas. Ils étaient renfermés sur ce qu’ils avaient vécu. Ça explique sans doute en partie pourquoi les gens ignorent presque tout de l’histoire militaire des Québécois, les Canadiens français comme on les appelait à l’époque.

Réjean Thibault, ancien militaire

Il y a aussi le Matanais Jean-Charles (Charly) Forbes, autre héros mieux connu en Hollande qu’au Québec, même à Matane, rappelle M. Thibault. Les Hollandais le reconnaissent comme le libérateur de leur pays lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Jean-Charles (Charly) Forbes.

Jean-Charles (Charly) Forbes est décédé en 2010.

Photo : courtoisie Romain Pelletier

Plusieurs soldats gaspésiens et bas-laurentiens à la bataille de Chérisy

Ces derniers mois, Réjean Thibault s’est intéressé à la bataille de Chérisy, menée en France à la fin de la Première Guerre mondiale par le Royal 22e Régiment. Un grand nombre de Gaspésiens et de Bas-Laurentiens ont pris part à cette bataille et affronté les Allemands, qui les ont accueillis sous un feu intense de mitraillettes.

La bataille a été commémorée en 2018.

Croquis du terrain où s'est déroulée la bataille.

Une page du classeur de Réjean Thibault. On y voit un dessin réalisé par son épouse, qui lui donne un coup de main.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Les Canadiens ont finalement réussi à accomplir leur mission, mais l’ombre de centaines de morts a toujours plané sur leur victoire. On n’en a jamais trop parlé, mentionne M. Thibault, qui a monté un album de créacollage dans lequel figurent une multitude de détails sur la bataille.

Joseph Pearson.

Le courage de Joseph Pearson a été déterminant dans l'issue de la bataille de Chérisy.

Photo : auteur inconnu collaboration Réjean Thibault

À son avis, le grand héros de cette bataille est Joseph (Jos) Pearson d'Amqui, qu’il a aussi connu. Après trois jours d’affrontements, il ne restait plus que 39 soldats sur 700.

Il ne restait plus aucun officier et Jos Pearson a pris les commandes pour réussir à mener à bien la mission. Il n’a jamais beaucoup parlé de son exploit, lui non plus, ajoute Réjean Thibault.

Philippe Ouellette de Saint-Ulric est mort à la bataille de Chérisy.

Philippe Ouellette de Saint-Ulric est mort à la bataille de Chérisy. Il s'était aussi illustré pendant la bataille de Courcelette.

Photo : collection Légion royale canadienne de Matane

Président de la Légion canadienne de Matane pendant 25 ans

Réjean Thibault.

Réjean Thibault a profité d'une période où sa santé était moins bonne pour se lancer dans l'archivage de documents.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

D’abord enrôlé dans l’armée de réserve, au sein des Fusilliers du Saint-Laurent, Réjean Thibault s’est porté volontaire pour la Guerre de Corée.

J’avais 19 ans, j’étais un flo, raconte-t-il. J’étais déjà militaire de réserve dans les Fusilliers du Saint-Laurent. C’était probablement mon goût pour l’aventure qui m’a incité à me porter volontaire.

Il n’est finalement pas allé au front, mais a fait l’entraînement et a occupé divers postes dans l’armée de 1953 à 1958.

Après quelques années dans l’armée régulière, M. Thibault est retourné dans l’armée de réserve. Il y a bien longtemps qu’il n’en fait plus partie, mais il a été président de la Légion royale canadienne de Matane pendant 25 ans.

Il s’est aussi impliqué dans le mouvement des cadets. Réjean Thibault prépare un autre cahier sur la bataille de Courcelette.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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