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Droits linguistiques et gouvernement Higgs : les craintes étaient-elles fondées?

Des observateurs de la question linguistique se penchent sur la question.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, participe au Tintamarre le 15 août 2019 à Dieppe.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Il y a un an, l’arrivée d’un nouveau premier ministre unilingue anglophone à la tête du Nouveau-Brunswick a causé de l’inquiétude chez certains membres de la communauté acadienne. Qui plus est, le gouvernement minoritaire formé par le Parti progressiste-conservateur avait obtenu l’appui de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, un parti hostile au bilinguisme qui détient la balance du pouvoir à Fredericton.

Les craintes se sont concrétisées, affirme l'avocat Michel Doucet, spécialisé en droits linguistiques, non seulement parce que le premier ministre Higgs est unilingue anglophone, mais surtout par le fait que les langues officielles ne semblent pas être une priorité pour son gouvernement - et ne semblent pas non plus être bien comprises par le gouvernement.

Le sociologue Mathieu Wade

Le sociologue Mathieu Wade

Photo : Radio-Canada

C'est sûr qu'on n'a pas un gouvernement qui est tout à fait bienveillant à l'endroit des langues officielles, concède Mathieu Wade, sociologue et chercheur à l’Institut d’études acadiennes de l’Université de Moncton. Je pense qu'ils veulent déplacer un peu le débat.

Pour Blaine Higgs, la question des langues officielles n’est pas une question d'accès à des services, c'est une question d'accès au bilinguisme, croit M. Wade. Et donc, il a transformé toute la question des langues officielles autour d'une question liée à l'éducation.

C'est un glissement, et c’est un glissement qui est faux, parce que le problème de l'immersion, c'est un problème pour la communauté anglophone, martèle Michel Doucet. Beaucoup reste à faire, selon l’avocat, et la société acadienne porte sa part de responsabilité.

Michel Doucet à l'extérieur devant l'édifice de Radio-Canada à Moncton.

Michel Doucet, avocat spécialisé en droits linguistiques.

Photo : Radio-Canada

Si nous on le fait pas, évidemment, je ne pense pas que ça va venir de Fredericton, affirme-t-il. Sur ce plan-là, je crois qu'il y a une complaisance de la part de la société civile acadienne qui est dangereuse.

À la longue, des droits dont on ne demande pas le respect finissent par être oubliés. Et des droits qui sont oubliés finissent par disparaître.

Michel Doucet, avocat spécialisé en droits linguistiques

À la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), on promet de continuer à talonner les politiciens.

Évidemment qu'on est sur nos gardes, lance le président de l’organisme, Robert Melanson. On va être aux barricades et on va rester aux barricades!

Robert Melanson à l'extérieur devant des arbres aux feuillage jaune à l'automne.

Robert Melanson, président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Pour M. Melanson, les francophones voient leur droits stagner. Il déplore notamment que l'enjeu de la modernisation de la loi sur les langues officielles ne soit pas sur la table.

Ce qui est scandalisant aujourd'hui, c'est de voir qu'on s'est battu aussi longtemps pour ces lois-là... et maintenant qu'on est obligés de se battre pour les faire respecter! Ça va-tu finir par arrêter?, s’indigne-t-il.

Les trois experts interrogés s'accordaient néanmoins sur une chose : si des élections sont déclenchées dans les prochains mois par le gouvernement minoritaire, les droits linguistiques ne seront pas, selon eux, un enjeu central de la campagne.

D’après le reportage de Margaud Castadère

Nouveau-Brunswick

Francophonie