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Des Canadiens présents en Allemagne lors de la chute du mur de Berlin partagent leurs souvenirs

Un homme tente de faire tomber une partie du mur de Berlin, le 12 novembre 1989.

Photo : La Presse canadienne / John Gabb

Radio-Canada

Alors que le monde entier souligne les 30 ans de la chute du mur de Berlin, voici comment cet événement historique a marqué des personnes qui ont vécu en Allemagne au moment de la fin de la guerre froide.


Anna Jahn : dans l’œil d’un enfant

Anna Jahn pose pour la caméra dans un stationnement .

Anna Jahn s'est fait beaucoup de nouveaux amis parmi les jeunes de l'Allemagne de l'Est qui sont venus dans son école après la chute du mur.

Photo : Radio-Canada / Claudine Richard

Anna Jahn n’avait que neuf ans lorsque les Berlinois ont commencé le démantèlement du mur qui scindait leur ville depuis 1961. Elle et ses parents sont d’ailleurs originaires de la capitale allemande.

Je me souviens de l’image : ils étaient encore debout dans le salon devant la télé et ils ne pouvaient pas croire que tout ça venait de se passer, se souvient-elle. Moi, j’étais un peu confuse par tout ça.

On a eu une nouvelle ville. Je me souviens de découvrir l’autre partie de la ville tout d’un coup.

Anna Jahn

Mme Jahn ne peine toutefois pas à se rappeler des voitures est-allemandes étrangères qui circulaient soudainement dans l’ouest de la ville et des longues files d’attente de Berlinois de l’est dans les magasins. La chute du mur a aussi permis à la jeune fille de tisser de nouvelles amitiés.

Beaucoup d’élèves de l’est sont venus dans les écoles. Une grande partie de mes amis sont de Berlin de l’Est , souligne Mme Jahn, qui habite aujourd’hui à Ottawa. On leur disait que tout ce qui était avant, ce n’était pas aussi bon, et qu’ils devraient être reconnaissants d’être libre. Ça n’a pas été facile pour eux, ajoute-t-elle.


Jens Urban : l’implication de la jeunesse

Jens Urban pose pour la caméra dans le marché By.

Jens Urban avait 18 ans lors de la chute du mur de Berlin.

Photo : Radio-Canada / Claudine Richard

Jens Urban, qui provient de la région frontalière entre l’Allemagne et la France, était de passage à Berlin quelques jours seulement avant la chute du mur.

On faisait une visite d’un centre qui faisait de la recherche sur les relations entre les deux Allemagnes. Une chercheuse nous disait que le mur allait tomber dans une semaine. On s’est dit : “Ouais, elle est drôle”, avoue-t-il candidement.

Avec le recul, M. Urban, qui avait 18 ans en 1989, se souvient toutefois de quelques indices qui semblaient donner raison à la chercheuse. On était à la frontière et les policiers de l’Allemagne de l’Est faisaient des blagues, des petites jokes. C’était très bizarre, ce n’était pas normal parce que d’habitude, ils étaient très sérieux, raconte-t-il.

Une fois l’Allemagne réunifiée, M. Urban a été sollicité par le gouvernement pour se rendre dans l’est du pays pour aider les jeunes de l’endroit.

Tous les jeunes en Allemagne de l’Est étaient impliqués dans l’organisation politique du parti communiste ou socialiste, et tout ça était tombé. Alors il fallait créer des nouveaux groupes de sport, des clubs et tout ça pour occuper ces jeunes qui n’avaient plus rien d’un jour à l’autre, explique-t-il.


Sabine Sparwasser : aux premières loges

L'ambassadrice de l'Allemagne répond aux questions d'un journaliste près d'un fragment du mur de Berlin au Musée canadien de la guerre.

Sabine Sparwasser était de passage à Berlin par pur hasard en novembre 1989.

Photo : Radio-Canada

Comme bon nombre de ses compatriotes, l’ambassadrice de l’Allemagne au Canada, Sabine Sparwasser, garde un très bon souvenir des événements du 9 novembre 1989. Ça me donne toujours des frissons parce que ç’a été le moment le plus heureux de l’histoire allemande, si vous voulez. Ç’a été un moment d’enchantement, se remémore-t-elle.

C’est par pure chance qu’elle a pu se retrouver dans la capitale au moment de la chute du mur. J'accompagnais une délégation de membres du Parlement européen et on se réunissait dans une maison […] qui était juste à côté du mur. J’étais là dans la nuit quand, brusquement, il y avait tous ces gens qui venaient de l’est.

Les gens sortaient en pyjama, ils sortaient tout ce qu’ils avaient à boire. On était tous dans la rue, on chantait, on buvait, on pleurait. C’était un moment extraordinaire.

Sabine Sparwasser, ambassadrice de l’Allemagne au Canada

Même si l’Allemagne est réunifiée depuis maintenant trois décennies, la séparation a laissé certaines traces qui ne s’effacent toujours pas.Ça nous prenait un peu de temps pour se comprendre complètement et ce n’est toujours pas achevé, reconnaît-elle.


Brad White : la fin d’une époque

Brad White en asssis dans un bureau.

Brad White était déployé en Allemagne avec d'autres membres des Forces canadiennes et de l'OTAN, en 1989.

Photo : Radio-Canada

Nous n’avions eu aucune indication que le mur allait tomber, se rappelle Brad White directeur général à la retraite de la Légion royale canadienne. Il faisait partie des nombreux soldats canadiens basés près de Lahr, dans le sud-ouest du pays, qui avaient pour mission de protéger l’Allemagne de l’Ouest en cas d’invasion communiste.

Plus tard dans la soirée, les cloches dans le village ont commencé à sonner et nous ne savions pas pourquoi. À ce moment-là, nous nous sommes réveillés pour écouter la radio des Forces armées canadiennes et nous avons appris que le mur commençait à tomber, poursuit-il.

La chute du mur a eu des répercussions non seulement sur les Allemands, mais sur tous les militaires étrangers installés comme lui en Allemagne de l’Ouest en cas de déclenchement d’une guerre entre les blocs de l’Ouest et de l’Est.

C’était spectaculaire. Toute la dynamique politique a changé. Quatre ans plus tard, toutes les forces canadiennes sont revenues à la maison [...] c’était un nouveau départ.

Avec les informations de Claudine Richard et Daniel Bouchard

Ottawa-Gatineau

Histoire