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Le thème de l'environnement s'impose au Salon du livre de Rimouski

Une salle bondée de citoyens attentifs devant Alain Deneault.

Alain Deneault présentait samedi matin la conférence « Réconcilier écologie et économie : symptôme de la perversion du langage »

Photo : Radio-Canada

Laurence Gallant

La réflexion citoyenne est à nouveau au cœur du 54e Salon du livre de Rimouski qui se poursuit jusqu'à dimanche. Le thème de la lutte aux changements climatiques s'impose particulièrement, alors que le genre de l'essai est à l'honneur dans le cadre de l'événement.

Avec des conférences et des discussions sur l'immigration, l'environnement, l'économie et la politique, les essayistes vont à la rencontre des citoyens pour réfléchir avec eux sur les grands enjeux qui les touchent.

Le philosophe Alain Deneault, qui a livré une conférence devant une salle bondée samedi matin, propose une réflexion sur l'économie, qui devrait être abordée de façon plus cohérente, selon lui, avec les écosystèmes et leur protection.

Dans son livre L’économie de la nature, il expose que le terme économie, avant qu’il ne soit surtout associé à une logique comptable plus restreinte, était autrefois doté d’un sens complexe, large et profond signifiant le fait de mettre en relation des choses, de façon à ce que ça donne un résultat bon.

Alain Deneault en conférence à Rimouski.

Le philosophe, auteur et professeur Alain Deneault croit qu'il est impératif de donner un sens humaniste au terme « économie ».

Photo : Radio-Canada

Si vous allez dans la rue à Rimouski ou dans n’importe quelle ville occidentale et que vous dites aux gens que vous ne connaissez pas "qu’est-ce que vous entendez par économie?" On va vous répondre "l’argent, le commerce, la production de biens, de services, la consommation, la capitalisation", et ainsi de suite.

Alain Deneault part de ce point de vue conceptuel pour illustrer que ce qu’on appelle économie souvent ne l’est pas, c’est-à-dire qu’on appelle économie, au fond, un régime capitaliste qui est destructeur, inégal, impérialiste, qu’explique une crise écologique qui s’annonce au 21e siècle qui est très grave.

On est face à un monde qui, tel qu'il est, n'est pas viable. Ceux qu'on appelle les économistes nous vendent un monde qui est une étoile morte.

Alain Deneault, philosophe

Alain Deneault invite ainsi les citoyens à repenser l’économie autrement : On sera appelés, au 21e siècle, à redéfinir le sens d'un mot comme celui-là pour arriver à s'organiser tout autrement parce que les conditions de possibilité du capitalisme voient leurs jours comptés, affirme celui qui est professeur à l’Université de Moncton et directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris.

Les deux livres intitulés La transition c'est maintenant et L'économie de la nature.

Les ouvrages de Laure Waridel et d'Alain Deneault

Photo : Radio-Canada

Si ses idées sont très tranchées, Alain Deneault a toutefois affirmé devant les quelque 150 personnes présentes à sa conférence qu’il n’était pas là pour imposer ou colporter une thèse, mais pour semer des idées, faire germer des réflexions dans l’esprit du public.

Pour la transition

Dans le même sens, l'écosociologue Laure Waridel vient de publier un essai sur la nécessité d'opérer une transition et sur les possibilités qui s'offrent aux citoyens.

La professeure à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et co-porte-parole du Pacte pour la transition est également très présente au Salon du livre en tant qu'invitée d'honneur.

Laure Waridel discute avec une lectrice.

Laure Waridel est invitée d'honneur au 54e Salon du livre de Rimouski.

Photo : Radio-Canada

On oublie que l’économie est une construction sociale qui opère en fonction des valeurs qu’on lui attribue. Il est donc possible de la transformer. Pour y parvenir, un changement de paradigme s’impose cependant, écrit-elle dans La transition, c’est maintenant.

Ce qui doit être mis en lumière, c'est comment la transition va nous amener vers une société où on vivra mieux, où on sera plus en santé, où il y aurait plus de liens entre les gens, plus de partage de ressources plutôt que du chacun pour soi.

Laure Waridel, écosociologue

Pour Laure Waridel, si personne ne souhaite vivre la crise climatique et tous les problèmes annoncés qui en découlent, la population et les élus ne s'entendent pas encore sur ce qui doit être fait ni à quel rythme.

Le problème, c'est qu'on n'a pas tous la même vision sur ce qui doit être fait pour éviter ça et tout le monde ne ressent pas le même degré d'urgence. Il y a une force de déni encore qui est très très forte parce que c'est extrêmement dérangeant de voir à quel point les changements qu'on doit faire sont importants dans notre mode de vie, donc c’est plus facile de rester dans le confort et l’indifférence.

Des mains tiennent un rouleau de papier orné d'un ruban rouge et une carte disant « À François, de 254 414 signataires du Pacte pour la transition ».

Dominic Champagne a offert le texte d'un projet de loi «clé en main» à François Legault.

Photo : Radio-Canada

Engagée depuis 30 ans dans la lutte contre les changements climatiques, Laure Waridel croit que le monde arrive à un moment décisif, et que la transition est déjà en train de s’amorcer.

Les gens sont plus prêts qu’avant je pense à passer de la parole aux actes, ça tarde maintenant à se traduire en décisions politiques audacieuses comme il se devrait, mais malgré ça, je pense que la société est beaucoup plus sensibilisée.

Pour elle, l’élection d’un gouvernement libéral minoritaire au fédéral, en octobre dernier, est une bonne nouvelle. Le gouvernement Trudeau sera ainsi poussé à faire des alliances, notamment avec le Nouveau Parti démocratique (NPD), croit Mme Waridel.

D'autres activités abordant particulièrement la justice climatique se tiennent également dimanche, pour clore ce 54e Salon du livre de Rimouski.

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