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Catherine Dorion « stigmatisée et victime d'intimidation », dénoncent des femmes

Catherine Dorion porte un coton ouaté rouge qu'on aperçoit sous un manteau noir.

Catherine Dorion s'est présentée à l'assemblée nationale le 7 novembre 2019.

Photo : Radio-Canada

David Rémillard

Piquées au vif par la succession de critiques envers l'habillement de Catherine Dorion, des femmes porteront le coton ouaté sur leurs lieux de travail, mardi.

L'événement « Mon coton ouaté, mon choix » a été créé dans la foulée du plus récent incident impliquant la députée de Taschereau et sa garde-robe.

Des députés se sont plaints du fait qu'elle s'était présentée vêtue d'un coton ouaté orange au Salon bleu, jeudi. Informée de la situation, Mme Dorion a quitté l'enceinte d'elle-même, sans siéger.

Des femmes veulent maintenant lancer un message de solidarité et dénoncer l'attitude des politiciens mécontents.

On est tannées de voir qu'elle se fait contrôler et [stigmatiser] à cause des vêtements qu'elle porte, tranche Willy Blomme, l'une des organisatrices de l'événement. Le fait que Mme Dorion n'a pas eu accès à son lieu de travail en raison de son choix vestimentaire a particulièrement frappé l'imaginaire, précise-t-elle.

C'est un moment de solidarité entre femmes. On veut montrer qu'il y a beaucoup de femmes qui trouvent que ça va beaucoup trop loin.

Willy Blomme

Il faut dire que Mme Blomme connaît bien la joute politique. Elle a notamment été cheffe de cabinet de Jagmeet Singh, au Nouveau parti démocratique.

Selon Mme Blomme, le cas Dorion n'est pas unique, et c'est une accumulation d'incidents ces dernières années qui ont motivé plusieurs femmes à agir.

On trouve qu'il y a un lien avec ce qu'on voit depuis des années au Québec. De voir des gens qui essaient de contrôler les femmes qui portent des voiles, qui veulent dicter aux femmes quoi porter et ne pas porter, explique-t-elle.

Elle fait aussi référence au cas Safia Nolin, qui a subi un traitement similaire à celui de Catherine Dorion, lors de son passage au gala de l'ADISQ, en 2016.

Mon coton ouaté mon choix est inspiré d'un mouvement né l'an dernier en Colombie-Britannique. Les femmes, autant le personnel politique que les journalistes, avaient été invitées à ne pas porter des vêtements à manches courtes au Parlement, créant un soulèvement. Le code vestimentaire a depuis été modernisé.

Catherine Dorion a eu vent de l'événement prévu mardi et s'est dite touchée dans un message écrit sur les réseaux sociaux.

De « l'intimidation »

La députée de Québec solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, a pour sa part fait parvenir une lettre d'opinion publiée dans plusieurs journaux québécois samedi matin.

Elle y dénonce le traitement réservé à sa collègue, qu’il convient clairement d’appeler de l’intimidation.

Mme Labrie, qui est porte-parole en matière de lutte à l'intimidation pour Québec solidaire, affirme que quelque chose en moi s’est brisé ce jeudi. Depuis, j’ai du mal à regarder mes collègues dans les yeux, poursuit-elle.

Plusieurs parlent de l’Assemblée nationale en l’appelant "la maison du peuple". Pour que ce soit vrai, il faudrait que chaque personne, peu importe son origine sociale et ce qu’elle décide de porter, s’y sente bienvenue.

Extrait de la lettre de Christine Labrie, députée de Sherbrooke, Québec solidaire

Les critiques envers l'habillement de Catherine Dorion ne sont pas récentes. Dès son entrée en politique, l'an dernier, plusieurs ont dénoncé une atteinte au décorum.

Les contestations sont notamment venues de tous les partis représentés à l'Assemblée nationale, à l'exception évidemment de Québec solidaire. C'est encore important aujourd'hui [le décorum] pour démontrer le sérieux des travaux qui se font au Parlement, affirmait récemment le député caquiste d'Arthabaska, Éric Lefebvre.

Le bureau de l'Assemblée nationale planche actuellement sur une réforme du code vestimentaire.

Catherine Dorion sera à Tout le monde en parle, dimanche soir, notamment pour discuter de cette nouvelle controverse entourant ses choix vestimentaires.

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