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Le PQ veut remettre l'indépendance à l'avant-plan de son action

Les précisons de Valérie Gamache

Photo : Radio-Canada

Isabelle Maltais

Le Parti québécois (PQ), qui est réuni toute la fin de semaine à Trois-Rivières à l’occasion d’un congrès extraordinaire visant à revoir toutes les bases du parti, compte remettre l’indépendance au centre de ses priorités.

Ébranlé par son importante défaite électorale d’octobre 2018, qui l’a conduit en troisième place des partis de l’opposition à l’Assemblée nationale, le parti dit vouloir une « refondation » et une modernisation.

En réflexion depuis les derniers mois, le PQ a « presque fait table rase » en se remettant en question de A à Z, affirme sa présidente sortante, Gabrielle Lemieux. Pas question, toutefois, d'évacuer l’indépendance, sa première raison d’être.

C’est une conviction profonde, l’indépendance. C’est pour ça que le Parti québécois a été fondé. […] Le seul nationalisme qui va pour nous, c’est l’idée de faire du Québec un pays.

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, aux journalistes en début de congrès

Cette réorientation passe cependant par une « redéfinition » de ce qui sera présenté aux citoyens, redéfinition qui semble, selon certains commentaires, vouloir laisser de côté l’aspect théorique de l’indépendance pour concrétiser les conséquences qu’elle pourrait avoir sur la vie réelle.

Mme Lemieux sourit à la caméra. Des militants se trouvent derrière elle.

Gabrielle Lemieux, en poste depuis 2017, termine en fin de semaine son mandat de présidente du Parti québécois. Elle sera remplacée par Dieudonné Ella Oyono.

Photo : CBC/Cathy Senay

« Rapidement, notre projet de pays et d’indépendance a été confirmé comme la raison d’être du PQ, mais on a redéfini la façon dont on va aborder notre projet avec la population du Québec. [...] Il y a de nombreux avantages au plan environnemental, au plan économique, sur le plan des relations internationales », a dit Gabrielle Lemieux, samedi matin.

Il va falloir que le prochain chef soit d’accord avec la déclaration, qui montre très clairement qu’on se recentre sur l’indépendance. Mais vous savez, l’indépendance, ce n’est pas une fin désincarnée, ce n’est pas un idéal désincarné, c’est quelque chose d’extrêmement concret qui peut amener des changements très concrets dans la vie des gens.

La députée de Joliette, Véronique Hivon

Invité à s'adresser aux troupes dès samedi avant-midi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a lui aussi abordé le sujet. Son parti a connu une remontée spectaculaire lors de l'élection fédérale d'octobre, faisant élire 32 députés, alors qu'on prédisait sa fin.

« Trop souvent, on se parle du quand, du comment, du qui. Et si on parlait du quoi, du pourquoi et surtout du pour qui? » a lancé le chef bloquiste aux péquistes.

Yves-François Blanchet a fait remarqué que le Parti québécois a des années devant lui avant la prochaine élection pour compléter un exercice de refondation et de ralliement, l’exercice que le Bloc québécois a dû faire en 8 à 9 mois. Je nous avais donné comme mission au Bloc de nous sortir des soins palliatifs, a-t-il dit.

La course à la direction pas directement à l'ordre du jour

La course à la direction du parti, qui doit se tenir dans la première moitié de 2020, ne sera pas à l’ordre du jour cette fin de semaine, même si plusieurs qui se sont dits intéressés par le poste sont présents.

Ceux-ci ne cachent cependant pas leurs intentions, notamment le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, Paul St-Pierre Plamondon, qui était candidat au poste en 2016, et l’historien Frédéric Bastien.

On débattra et adoptera plutôt une déclaration de principes qui a déjà été soumise aux militants et qui énonce les quatre grands principes du PQ : liberté par l’indépendance, justice et équité, nationalisme et protection de l’environnement.

Les statuts du parti, qui régissent son fonctionnement, seront aussi revus. On dit vouloir les « moderniser » pour éviter leur rigidité et permettre une vie militante plus active.

On voudrait par exemple pouvoir consulter les membres sans obligatoirement passer par un grand congrès, mais plutôt en employant une application qui permettrait de les consulter en temps réel.

« On a vraiment tout mis sur la table. Ça n’a pas toujours été facile. Il a fallu briser des tabous. Il a fallu ouvrir une fenêtre introspective importante pour la suite des choses », a avoué Gabrielle Lemieux.

Ce congrès extraordinaire a été organisé après qu’il eut été réclamé de façon insistante par l'aile jeunesse du parti, qui souhaitait revoir les principes du PQ en profondeur.

« Ce qui a nui au Parti québécois c’est de ne pas avoir assumé sa raison d’être. C’est très important qu’on assume notre raison d’être et qu’on propose un projet renouvelé. […] La société a changé. Elle est plus diversifiée, plus globalisée. Il va falloir que notre projet d’indépendance soit attaché avec la réalité de 2019 », a d’ailleurs commenté samedi la présidente du Comité national des jeunes du PQ, Frédérique St-Jean.

Avec les informations de Valérie Gamache

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