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Baleines dans le golfe du Saint-Laurent : un bilan mitigé

Deux queues de baleines.

Deux baleines aperçues par la directrice du CEPSI, Anik Boileau (archives)

Photo : CEPSI, Anik Boileau

Dereck Doherty

L’année 2019 aura été une année mi-figue, mi-raisin pour des scientifiques observant les différentes espèces de baleines et de rorquals qui nagent dans le golfe du Saint-Laurent. Si certains constats sont plutôt sombres, d'autres sont plutôt encourageants.

Pour certaines espèces, ça a été assez bon. Puis, ça dépend du secteur duquel on parle, a affirmé le directeur et fondateur de la station de recherche des îles Mingan, en entrevue à Radio-Canada.

Richard Sears a soutenu que le rorqual commun s’est fait un peu moins présent dans le secteur observé, bien qu’il y en avait quand même pas mal. Pour les petits rorquals, il y en avait très peu partout dans le golfe, à part peut-être dans l’estuaire, près de Tadoussac, a-t-il dit.

Toutefois, la situation était plus enviable pour d’autres espèces. Pour le rorqual à bosses, ça a l’air d’avoir été une année record. Beaucoup d’animaux devant Sept-Îles [...] à Tadoussac, ils n’ont jamais vu autant de rorqual à bosses, a expliqué l’expert. C’est le même son de cloche pour les rorquals bleus, a-t-il soutenu.

Nouveaux spécimens observés

De nouvelles baleines, jamais observées auparavant, ont visité les eaux québécoises cette année, s'est réjoui le chercheur.

C’était une très bonne année, meilleure que l’année dernière. On a eu, au dernier décompte, 119 différentes baleines bleues, dont 33 qu’on ne connaît pas, ce qui est un chiffre assez élevé, a-t-il mentionné.

Après 40 ans, ça nous a étonnés d’avoir autant d’animaux peu connus.

Richard Sears, directeur, station de recherche des îles Mingan

M. Sears a précisé que les animaux nouvellement observés ne sont pas des veaux, mais plutôt des spécimens d’âge adulte qui n’avaient jamais été aperçus dans le golfe du Saint-Laurent auparavant.

L’une des explications pourrait être la forte présence de nourriture dans le secteur situé près de la côte gaspésienne, selon le chercheur.

Les nombreux animaux observés donnent beaucoup de pain sur la planche des scientifiques qui observent les espèces marines du Saint-Laurent. C’est bien mieux d’avoir des animaux qui sont présents dans le Saint-Laurent sur lesquels on peut faire notre travail, a déclaré Richard Sears.

C’est encourageant de voir que les animaux reviennent d’année en année dans le Saint-Laurent et même qu’il y a une augmentation.

Richard Sears, directeur, station de recherche des îles Mingan

Toutefois, le chercheur ne célèbre pas trop tôt. Peut-être que c’est une augmentation temporaire et qu’il y aura un mouvement, avec le réchauffement du golfe, vers d’autres secteurs.

Des contraintes budgétaires et de ressources humaines ont empêché les chercheurs d’éplucher la totalité de l’étendue maritime, mais l’équipe s’est montrée très satisfaite des informations qu’elle a pu recueillir.

Ces constats ont été faits sans même avoir été dans le secteur nord-est du golfe à Blanc-Sablon où des pêcheurs lui ont fait part d’un nombre élevé de rorquals à bosses, a affirmé le chercheur.

Impacts de l'activité humaine

L'activité humaine a continué d'avoir des impacts visibles sur les populations de rorquals, selon M. Sears. Cette année on a vu énormément de rorquals bleus qui avaient des cicatrices sur le dos qu’on peut attribuer à des contacts avec des engins de pêche, a décrit le scientifique.

Certains animaux ont eu des contacts comme ceux-là à de nombreuses reprises. Ça affecte leur fonctionnement côté alimentation et peut-être reproduction. C’est un stress ajouté pour ces animaux-là, a fait valoir M. Sears.

Par ailleurs, si le nombre de rorquals bleus trouvés morts est faible, c'est qu'ils ont tendance à couler lorsqu’ils sont tués, alors que la baleine franche a tendance à flotter, a expliqué le chercheur.

Avec les informations d'Alix-Anne Turcotti

Côte-Nord

Faune marine