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Malgré une relance à Lebel-sur-Quévillon, les pâtes et papiers restent un secteur fragile

Un rouleau dans une usine de pâtes et papiers

L'industrie des pâtes et papiers a bien changé depuis le début du siècle, entre autres en raison de la chute de la demande pour le papier journal.

Photo : iStock

Radio-Canada

La relance de l'usine de pâtes et papiers de Lebel-sur-Quévillon représente une manne économique plus que bienvenue pour les gens du Nord-du-Québec. Pourtant, l'industrie poursuit son lent déclin au Québec.

En seulement 15 ans, le nombre d'usines sur le territoire québécois est passé de 67 à 41. Cela montre l'ampleur des pertes essuyées par ce secteur de l'économie, pertes qui sont largement attribuables à la baisse de la demande pour le papier journal, en lien avec la crise des médias et le passage au numérique de l'information.

Ainsi, l'usine Gaspésia, à Chandler, en Gaspésie, a produit le papier du célèbre New York Times jusqu'en 1999, année de sa fermeture. À Shawinigan, l'usine Belgo a fermé ses portes en 2007. Et des fermetures ont également eu lieu à Trois-Rivières, à Donnacona, et à bien d'autres endroits au Québec.

Et conséquence de ce marasme du secteur des pâtes et papiers, c'est toute l'industrie forestière qui a pris du plomb dans l'aile, éliminant ainsi près de la moitié de ses emplois, qui sont passés de 110 000 à 59 000 depuis le début du siècle.

Pour Renaud Gagné, directeur québécois du syndicat Unifor, la relance de l'usine de papier kraft de Lebel-sur-Quévillon prouve qu'il y a encore de l'avenir pour le secteur.

On fait de moins en moins de papier journal et on développe des papiers alimentaires, ou encore d'autres applications dans d'autres créneaux, [par exemple] utiliser des copeaux de bois... On utilise l'expression "papiers", mais c'est une multitude de produits, mentionne-t-il.

Signe de la transformation profonde du secteur, un document du gouvernement du Québec remontant à 1999, dans lequel l'État expose sa stratégie pour s'assurer que l'industrie demeure compétitive, mentionne que « près de 91 000 personnes travaillent dans l'industrie forestière », et que les livraisons de produits du bois réalisées chaque année représentent « près de 17 % de l'ensemble des livraisons manufacturières québécoises », en plus d'équivaloir à environ 20 % des exportations internationales du Québec.

Une usine modernisée

La réouverture de l'usine de Lebel-sur-Quévillon n'est pas nécessairement, non plus, signe d'une relance générale du secteur. On craignait, certes, que les installations ne soient déménagées en Asie, par exemple, ou encore vendues, entre autres après des investissements effectués au fil des ans.

La relance de cette usine serait un cas particulier, estime Luc Bouthillier, professeur titulaire au Département des sciences du bois et de la forêt de l'Université Laval : Ce n'est pas un signe pour l'ensemble de l'industrie des pâtes et papiers à l'échelle canadienne. On sent toutefois qu'il y a une transition, les survivants se rendent bien compte qu'il faut diversifier la gamme de produits [...]. Mais on est encore à l'étape du "il faudrait bien".

À Lebel-sur-Quévillon, on compte entre autres sur les stocks de copeaux des usines de sciage de Chantiers Chibougamau pour s'approvisionner. Et la pâte kraft qui y sera produite est très populaire pour fabriquer des cartons d'emballage solides, qui sont également prisés.

L'avenir, juge le professeur Bouthillier, est aux produits de niche, y compris en fabriquant de la pâte cellulosique, qui pourrait remplacer certains produits faits à base de pétrole.

D'après les informations de Philippe-Antoine Saulnier

Industrie forestière

Économie