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Réélection de Morales : des policiers boliviens se rebellent

La Bolivie vit sa troisième semaine de manifestations violentes contre la réélection du président Morales.

Des policiers masqués portent un drapeau bolivien.

À Cochabamba, en Bolivie, des policiers qui se sont rebellés contre le président Evo Morales sont montés sur le toit de leur quartier général.

Photo : Reuters / Danilo Balderrama

Agence France-Presse

Des unités de police de trois villes boliviennes se sont mutinées contre le président Evo Morales vendredi, tandis que l'opposition exige sa démission dans les rues après sa réélection contestée.

La première à se rebeller a été l'Unité des opérations de police tactique (UTOP) de la ville de Cochabamba (centre), suivie peu après par les commandos de la police de Sucre (sud, capitale de la Bolivie) et de Santa Cruz, une région riche à l'est du pays et un bastion d'opposition.

Nous nous sommes mutinés, a déclaré un policier, le visage dissimulé, devant les journalistes au quartier général de l'UTOP à Cochabamba. Nous allons être du côté du peuple, pas avec les généraux, a ajouté un de ses collègues, qui ne pouvait pas non plus être identifié.

Des images diffusées en direct à la télévision ont montré une vingtaine de policiers grimpant au sommet du bâtiment du quartier général de la police en agitant le drapeau bolivien, tandis que des dizaines de jeunes opposants les encourageaient depuis la rue.

Les manifestants ont fait exploser des pétards dans une ambiance festive et ont hissé sur un mât un drapeau bolivien (rouge, jaune et vert) chantant l'hymne national.

Des policiers qui se sont rebellés contre le président Evo Morales se trouvent sur le toit d'un édifice et certains agitent un drapeau bolivien. Plusieurs personnes sont réunies au pied de l'immeuble.

Des policiers de la ville de Cochabamba, en Bolivie, se sont mutinés contre le président du pays, Evo Morales.

Photo : Reuters / Danilo Balderrama

La police de Chuquisaca (Sucre) s'unit pour soutenir les camarades qui se sont mutinés à Cochabamba, a également déclaré un autre agent de la capitale bolivienne qui avait aussi le visage masqué.

Pas de répression militaire pour l'instant

Le gouvernement bolivien a exclu vendredi soir d'ordonner une opération militaire pour maîtriser les policiers qui se sont mutinés contre le président Evo Morales dans trois des villes du pays, a annoncé le ministre de la Défense, Javier Zavaleta.

Aucune opération militaire ne sera menée pour le moment, c'est totalement exclu, a déclaré M. Zavaleta aux journalistes.

En plus des mutineries dans ces trois villes, des dizaines de policiers ont défilé vendredi soir avec des manifestants de l'opposition en criant des slogans contre M. Morales sur l'avenue Prado, la principale artère de La Paz, a observé un journaliste de l'AFP.

Les chaînes de télévision locales ont également montré des images de manifestants serrant la main de policiers dans le centre de La Paz, un contraste avec les trois nuits précédentes où les deux camps s'étaient affrontés.

Evo Morales ne s'est pas exprimé, mais a convoqué une réunion d'urgence à la Casa Grande del Pueblo, la tour moderne et centrale où se trouve son bureau. Plusieurs ministres et le commandant en chef des forces armées, le général Williams Kaliman, participent à cette réunion, selon les chaînes de télévision locales.

Le nombre d'agents de police antiémeute et l'ampleur de ce mouvement de mutinerie ne sont pas connus précisément à l'heure actuelle.

Des manifestations depuis la fin d'octobre

Le leader régional Luis Fernando Camacho, le leader le plus visible et le plus radical de l'opposition bolivienne, avait demandé samedi dernier aux militaires et à la police de se joindre à l'opposition dans cette crise déclenchée par la réélection controversée de M. Morales lors des élections du 20 octobre.

Camacho était à un rassemblement dans la partie sud de La Paz vendredi après-midi quand la nouvelle de la mutinerie de Cochabamba s'est répandue. La foule a applaudi debout et s'est mise à chanter : Ami de la police, le peuple est avec toi.

De nombreuses personnes prenaient part à une manifestation contre le président de la Bolivie, Evo Morales, le soir du 8 novembre 2019, à La Paz.

La Bolivie vit sa troisième semaine de manifestations violentes contre la réélection du président Evo Morales.

Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins

La Bolivie vit sa troisième semaine de manifestations violentes, avec des grèves et des blocus dans les rues, contre la réélection du président pour un quatrième mandat. Ces manifestations qui secouent le pays depuis le 20 octobre ont fait 3 morts et quelque 200 blessés.

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