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Maisons abandonnées dans le Vieux-Hull : à qui la faute?

Une maison à deux étages dont la porte et les fenêtres ont été placardées. La moisissure s’est emparée des panneaux de bois. Derrière, un édifice en verre.

Des dizaines de maisons sont laissées à l'abandon dans le centre-ville de Hull.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Bergeron

Radio-Canada

Un promoteur immobilier de la région déplore qu’il faille présenter un projet de construction concret avant de pouvoir démolir une propriété sur un terrain lui appartenant. Dans un centre-ville où les maisons en décrépitude se multiplient, il remet en question la réglementation municipale.

Des dizaines de résidences laissées à l’abandon dans le Vieux-Hull dérangent le voisinage. Ces bâtiments délabrés, placardés et peints de graffitis demeurent inhabités et réduisent la valeur foncière des maisons environnantes.

Le Groupe Heafey est propriétaire de l’une de ces maisons. Évaluée à près de 300 000 $, elle est située sur la rue Wright. En attendant d'y développer un projet d'envergure, le Groupe Heafey aimerait raser l'immeuble et y aménager un parc.

Si nous pouvions démolir, mais remplacer par un aménagement paysager, les effets nocifs d'une maison délabrée dans un quartier ne seraient pas applicables, a expliqué le vice-président aux opérations et au développement du Groupe Heafey, Charles Masse.

Charles Masse en entrevue devant une maison délabrée.

Charles Masse comprend l'aspect juridique auquel la Ville se bute, mais il estime qu'il faut «user d'imagination» pour redorer le centre-ville.

Photo : Radio-Canada

Les propriétaires ne peuvent démolir tant qu’ils n’ont pas un projet de reconstruction approuvé par les élus municipaux. Or, le Groupe Heafey n’en a toujours pas.

La Ville [ne] veut pas qu'on démolisse parce que le bâtiment a une valeur foncière et on paie des taxes là-dessus. Par contre, elle dévalue autour.

Charles Masse, vice-président aux développements et aux opérations du Groupe Heafey

Il croit que l’aménagement d’un espace vert pourrait augmenter la valeur des maisons environnantes, ce qui serait plus bénéfique.

Précision

Une version précédente de ce texte indiquait que le Groupe Heafey n'a pas de projet de reconstruction puisqu’il attend d’acquérir d’autres terrains. Cette affirmation était inexacte. S'il est vrai que l'entreprise n’a pas présenté de projet, elle n'a pas l’intention d’acquérir de nouveaux terrains.

« Limiter la spéculation »

Le conseiller municipal du district Hull-Wright, Cédric Tessier, refuse d’approuver une demande comme celle de M. Masse, affirmant que ce n’est pas souhaitable pour le centre-ville de Hull dont l’objectif premier est l’habitation.

Est-ce qu’on veut vraiment permettre soit aux promoteurs, soit aux spéculateurs de mettre à terre tous les bâtiments parce qu’un jour, il va y avoir un projet?

Cédric Tessier, conseiller municipal, Gatineau

À son avis, n’en résulteraient que la destruction du tissu social et la perte d’une centaine de bâtiments. Dans un contexte de pénurie de logements, M. Tessier croit plutôt en la réglementation.

Cédric Tessier, en entrevue devant la Maison du Citoyen, sur la rue Laurier.

M. Tessier estime qu'il faut travailler sur une meilleure réglementation pour enrayer le problème.

Photo : Radio-Canada

La première solution, c’est de limiter la spéculation, explique-t-il. Il faut envoyer un message clair que ce n’est pas bienvenu [au centre-ville].

Pour sa part, l’Association des résidents de l’île de Hull demande à la Ville d’agir rapidement.

Elle peut être aussi plus sévère, je pense, a soulevé Daniel Cayley-Daoust, le président du conseil d’administration, faisant référence aux maisons abandonnées. On a énormément besoin d'autres types de logements dans la communauté.

Une marge de manœuvre pour les municipalités

Si les élus municipaux prétendent avoir les mains liées et ne pouvoir forcer les propriétaires à occuper leurs résidences, il existe pourtant une loi qui leur est favorable.

Lorsque le propriétaire d’un bâtiment vétuste ou délabré ne se conforme pas à un avis de détérioration inscrit au registre foncier, après 60 jours, la municipalité peut acquérir l’immeuble [...] si son état présente un risque pour la santé ou la sécurité des personnes ou s’il est vacant depuis une période que le conseil fixe par règlement et qui doit être d’au moins un an, a écrit le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation dans sa déclaration.

Une maison en brique dont le toit a été arraché et dont la quasi-totalité de la brique a été arrachée.

Plusieurs de ces maisons tiennent debout depuis des années malgré leur état de décrépitude.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Bergeron

La province autorise donc les administrations municipales à créer un règlement forçant la saisie des terrains et des résidences, si ceux-ci sont vacants pendant plus d'un an.

Le conseiller municipal Cédric Tessier a concédé qu’un règlement de la sorte existait, mais que c’était juridiquement et administrativement très lourd, ce qui entraînerait des coûts importants.

Avec les informations de Jérôme Bergeron

Ottawa-Gatineau

Affaires municipales