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Rentrée parlementaire à l'Î.-P.-É. : collaborer tout en serrant la vis

Un homme vêtu d'un complet est assis et écrit à son bureau devant lequel deux grands fauteuils sont installés.

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, a fait ajouter des fauteuils dans son bureau à Charlottetown afin, dit-il, d'y rencontrer plus souvent les leaders de l'opposition.

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

François Pierre Dufault

La collaboration entre les progressistes-conservateurs de Dennis King et les partis d'opposition est toujours à l'ordre du jour à quelques heures de la rentrée parlementaire d'automne à l'Île-du-Prince-Édouard, mardi. Mais les verts et les libéraux entendent serrer la vis au gouvernement minoritaire sur certains dossiers.

Le premier ministre a fait ajouter des chaises dans son bureau à Charlottetown afin, dit-il, d'y rencontrer plus souvent les leaders de l'opposition.

Élu en avril dernier à la tête du premier gouvernement minoritaire de l'ère moderne de la province insulaire, Dennis King a promis de collaborer avec les chefs des autres partis à l'Assemblée législative afin de s'efforcer d'atteindre des objectifs qui sont importants pour tous les Insulaires.

Dans cet esprit de collaboration, les députés progressistes-conservateurs consultent leurs collègues verts et libéraux dans la préparation de tous les projets de loi importants. Les comités parlementaires sont composés d'un nombre égal d'élus des trois partis. Je crois que cette Assemblée législative a vu plus de collaboration en six mois qu'elle en a vu dans les 60 dernières années, estime le premier ministre.

Je m'attends à ce que nous poursuivions nos efforts de collaboration. La plupart des élus ont souscrit à cette approche. Je sais que les Insulaires y souscrivent.

Dennis King, premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard

Pendant la session parlementaire d'automne, Dennis King s'attend à ce que son gouvernement dépose une vingtaine de projets de loi, dont un projet de loi visant à donner son indépendance au bureau du défenseur des droits des enfants, et un projet de loi visant à améliorer la transparence des transferts de terrains.

Les progressistes-conservateurs doivent aussi déposer un budget d'immobilisation.

Nous allons, bien sûr, continuer de nous attaquer à la crise du logement à laquelle l'Île-du-Prince-Édouard  fait face, confirme Dennis King en entrevue avec Radio-Canada. Il y a aussi un investissement important qui sera réservé à la santé mentale. Il y aura de l'argent pour [un nouvel hôpital]. Mais ce n'est qu'un début. Nous avons ici l'occasion de transformer la prestation des services de santé mentale, de mettre à jour nos pratiques et de nous préparer pour l'avenir.

En 2018, l'ancien gouvernement libéral de Wade MacLauchlan a investi des sommes record de près de 157 millions de dollars dans l'infrastructure, dont 17 millions de dollars dans la construction de logements abordables et 20 millions de dollars dans la construction d'installations modernes pour le traitement de la santé mentale et des dépendances.

Dennis King répète, par ailleurs, qu'il y aura des sommes suffisantes dans le prochain budget d'immobilisation pour commencer la planification d'une nouvelle école de langue française qui répondra aux besoins futurs de la région Évangéline. Le premier ministre rappelle qu'il s'agit d'un projet prioritaire pour la communauté acadienne et francophone de l'Île-du-Prince-Édouard, et qu'il s'est lui-même engagé à remplacer l'édifice vieillissant en marge du récent Congrès mondial acadien.

Peter Bevan-Baker en entrevue dans un bureau

Le chef du Parti vert de l'Île-du-Prince-Édouard, Peter Bevan-Baker.

Photo : CBC/Al MacCormick

Pour sa part, l'opposition à l'Assemblée législative dit qu'elle n'a pas l'intention de hausser le ton à la période de questions. Mais elle entend tout de même profiter de cette tribune pour demander des comptes au gouvernement.

Nous n'allons pas laisser tomber les gants, affirme le chef de l'opposition officielle, Peter Bevan-Baker, d'entrée de jeu. Mais disons que la collaboration a été jusqu'ici sporadique. C'est bien à certains égards. Mais c'est complètement absent à d'autres égards, nuance-t-il, déplorant un manque de clarté du gouvernement dans certains dossiers.

Par exemple, le chef du Parti vert encourage le gouvernement à se donner des objectifs clairs et mesurables pour mettre fin à la crise du logement qui sévit depuis près de deux ans à l'Île-du-Prince-Édouard. L'hiver est à nos portes. Les gens qui étaient déjà vulnérables le sont encore plus, dit-il.

Nous avons vu le gouvernement mettre de l'avant beaucoup de choses. Mais il semble qu'il s'agisse simplement de choses qu'il veut voir se produire, sans plans concrets, ni échéanciers. Pour moi, ce n'est pas gouverner. Ce sont des vœux pieux. Et les Insulaires méritent mieux.

Peter Bevan-Baker, chef de l'opposition officielle à l'Île-du-Prince-Édouard

Le chef de l'opposition officielle demande aussi des précisions au premier ministre par rapport au programme de prématernelle pour les enfants de quatre ans qu'il promet d'implanter dès 2020. Je ne comprends pas très bien ce qu'il essaie de faire, dit-il. Mais ce qui est clair, c'est que nous n'avons pas suffisamment d'éducatrices de la petite enfance et que celles-ci ne sont pas rémunérées à la hauteur du travail qu'elles font. Ça n'a aucun sens à ce moment-ci d'ajouter de la pression sur le système.

Peter Bevan-Baker ne s'attend pas à ce que le premier budget d'immobilisation de Dennis King soit bien différent du dernier budget de son prédécesseur libéral Wade MacLauchlan, dont le tiers a été consacré aux routes. Le chef vert espère tout de même voir des investissements dans l'infrastructure durable qui pourra résister aux changements climatiques.

Le chef de l'opposition officielle espère aussi qu'une somme d'argent sera prévue pour le remplacement de l'école Évangéline, promis par le premier ministre.

Sonny Gallant à son bureau de circonscription durant la campagne électorale 2019.

Le député libéral Sonny Gallant représente la circonscription d'Évangéline-Miscouche, à l'Île-du-Prince-Édouard, depuis 2007.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

De son côté, le Parti libéral de l'Île-du-Prince-Édouard promet de faire de l'accès aux soins de santé son principal cheval de bataille au cours de la prochaine session parlementaire. Le chef par intérim du deuxième parti d'opposition, Sonny Gallant, estime que les progressistes-conservateurs ont hérité de saines finances publiques de l'ancien gouvernement libéral et qu'ils sont en mesure de faire des investissements qui sont maintenant tout à fait appropriés et nécessaires.

Les libéraux comptent demander au nouveau gouvernement d'assurer un meilleur accès aux médecins de famille et un accès plus rapide aux interventions chirurgicales, comme les remplacements de la hanche et du genou.

Le besoin le plus urgent identifié par les Insulaires est que le gouvernement travaille sans relâche pour améliorer l'accès à des services de soins de santé de haute qualité, affirme Sonny Gallant. Le gouvernement s'est engagé à augmenter le nombre de médecins de famille et de psychiatres dans le but d'éliminer les listes d'attente dans notre province. Par conséquent, les Insulaires voudront connaître les progrès réalisés depuis les élections du printemps dernier.

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