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La contraception : un poids financier et moral pour les femmes démunies

Tablettes de pilules contraceptives avec un stéthoscope posé dessus.

Selon des chercheurs de l'UBC, les jeunes femmes à faible revenu ont moins tendance à prendre la pilule contraceptive.

Photo : getty images/istockphoto / Anetlanda

Claudia Cantin

Une nouvelle étude de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) révèle que les jeunes femmes canadiennes à faible revenu ont moins tendance à utiliser des méthodes de contraception efficaces, comme la pilule contraceptive. Elles seraient aussi davantage portées à ne pas se protéger lors de rapports sexuels.

L’étude de l'UBC montre que parmi les jeunes femmes sexuellement actives âgées de 15 à 24 ans, 14 % n’utilisent aucune méthode de contraception. Ce résultat serait associé au faible revenu des ménages.

La Dre Wendy Norman, auteure principale de cette étude et professeure au Département de médecine familiale de l'Université de la Colombie-Britannique, affirme que les résultats soulignent la nécessité de s'attaquer aux obstacles à la contraception abordable.

Un manque d'accès, disent les chercheurs

Malheureusement, parmi les contraceptifs actuellement disponibles au Canada, nous constatons que les méthodes les plus efficaces sont aussi les plus coûteuses et les moins utilisées, en particulier parmi les populations défavorisées, dit-elle.

Les pilules contraceptives peuvent coûter environ 50 $ par mois, selon la marque et la couverture d'assurance, et leur efficacité est d'environ 94 %. Les préservatifs sont plus abordables, coûtant environ 1 $ chacun, mais leur taux d'efficacité est d'environ 85 % dans des conditions réelles.

Vu les limitations financières de certaines jeunes femmes, il faudrait, selon la Dre Norman que la contraception soit plus abordable et accessible.

L’accès à une contraception abordable réduit non seulement le nombre de grossesses à haut risque [...], mais il profite également à notre système de santé publique en réduisant les dépenses de santé évitables liées aux grossesses non désirées, déclare la Dre Norman.

Selon elle, cela coûte plus cher au gouvernement de gérer des grossesses non désirées que les coûts liés à la contraception gratuite.

Nous laissons les gens qui ont le plus besoin d’aide avec des ressources qui ne sont pas adaptées pour les aider à atteindre leurs objectifs de grossesse.

Dre Wendy Norman, auteure principale de l'étude de l'UBC

Les femmes qui, par exemple, ne [peuvent] avoir accès à des contraceptifs hormonaux [devraient avoir droit à] une vie sans avoir la peur constante d’être enceinte, souligne France-Emmanuelle Joly, la directrice générale du collectif pour la santé des femmes de Vancouver (Vancouver Women's Health Collective).

La Dre Wendy Norman et France-Emmanuelle Joly demandent que les moyens de contraception soient pris en charge dans la couverture médicale provinciale et qu'il y ait un meilleur accès aux services de santé.

Une étude qui fait réfléchir

C’est triste qu’on en soit encore à monnayer le système reproductif féminin au 21e siècle, déplore Mme Joly, selon qui ce n'est pas qu'une question de pilule gratuite.

France-Emmanuelle Joly souligne que la question des droits des femmes quant à leurs corps et leur responsabilité face à une éventuelle grossesse est abordée depuis plusieurs années par de nombreux groupes travaillant en justice reproductive.

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