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Philippe Katerine nage toujours en plein délire dans Confessions

Un homme avec un long nez déformé et de grandes oreilles regarde l'objectif.

Philippe Katerine sort un nouvel album, intitulé « Confessions ».

Photo : Facebook / Philippe Katerine

Radio-Canada

À bientôt 50 ans, Philippe Katerine nage toujours en plein délire. Son plus récent album, Confessions, s'inscrit dans la lignée de son œuvre absurde, sans être dénué de sous-textes plus sérieux par rapport à notre société.

Le 10e album studio de Philippe Katerine s'ouvre sur la chanson BB Panda, avec sa voix qui répète en boucle « arrêtez de parler », tenez-vous-le pour dit. Le chanteur ne se prive pas de parler au cours des 20 chansons qui garnissent Confessions (plutôt 18 chansons et deux courts interludes), et il n'a pas la langue dans sa poche.

« Quatre-vingt-huit pour cent des mecs sont pédés », c'est la première phrase chantée par Philippe Katerine dans la chanson 88 %, une collaboration avec le rappeur et chanteur français Lomepal. C'est toute une entrée en matière. Dans KesKesséKçetruc?, il passe plus d'une minute à trouver des synonymes pour décrire ses attributs masculins.

Selon Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l'émission Tout un matin, il peut se le permettre « puisque c'est Philippe Katerine ». Évidemment, c’est sur un ton satirique, absurde et assez drôle, précise-t-elle.

Ces extraits donnent un bel aperçu du ton de l'album, qui oscille entre la provocation et les digressions les plus loufoques. L'énigme Philippe Katerine, c'est qu'il est tellement pince-sans-rire qu'il est difficile de savoir à quel degré il opère.

Côté musical, la proposition est très variée. On passe de chansons très kitsch à des titres plus électros, en passant par une chanson aux fortes sonorités « trap » (Rêve affreux). En général, l'album est assez dansant.

Le disque se démarque également par les collaborateurs dont s'entoure Philippe Katerine. Mis à part Lomepal, on y retrouve Angèle, Chilly Gonzales, Oxmo Puccino et même Gérard Depardieu (qui est le beau-père de Philippe).

Philippe Katerine chante sur scène, torse nu et en short.

Philippe Katerine en concert en 2011

Photo : Getty Images / ALAIN JOCARD

Comme l'a fait remarquer Eugénie Lépine-Blondeau, Confessions est un album à la fois ensoleillé et tout à fait ancré dans l'air du temps parce qu'il aborde des sujets politiques.

C'est le cas de la pièce Blond, avec Gérard Depardieu, qui pourrait être comprise comme une critique des stéréotypes en ce qui a trait aux races, avec des paroles comme : Je n'ai jamais été contrôlé, parce que je suis blond. Je n'ai jamais montré mes papiers, parce que je suis blond. On se méfie pas de moi après un attentat. Les mamies se collent à moi après un attentat, parce que je suis blond.

Moi, c’est comme ça que je l’aime, Philippe Katerine : quand la musique est bonne, quand elle soutient un texte drôle, absurde et qui dénonce aussi parfois des injustices, ou du moins qui nous met devant des paradoxes assez évidents dans nos sociétés.

Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle

Selon la chroniqueuse, Confessions est un peu l'album de la crise de la cinquantaine de Philippe Katerine (il aura 50 ans en décembre), mais c’est loin d’être son dernier album parce qu’il a encore beaucoup de sujets et de textes à explorer.

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