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  • Archives
  • Seconde Guerre mondiale : des femmes sur tous les fronts

    Femmes qui remplissent des cartouches dans l'usine de munitions.

    Le Plan Bouchard, situé à Blainville : une ville industrielle d'assemblage et de remplissage de munitions qui employait au plus fort de la Seconde Guerre mondiale quelque 7000 personnes, dont 60 % de femmes.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Que ce soit comme infirmières, comme ouvrières à la production d'armes ou comme travailleuses de l'industrie de l'aéronautique, les femmes ont joué de nombreux rôles lors de la Seconde Guerre mondiale. À l'occasion du jour du Souvenir, retour en archives sur leur importante contribution.

    À la recherche de femmes aventurières voulant servir leur patrie

    En 1941, les divisions féminines sont mises sur pied en un temps record. Avec l'aide de collègues de la Grande-Bretagne, qui ont intégré les femmes dans leur armée depuis quelques années, les organisatrices s'affairent à l'aménagement de logements et à la préparation de cours de formation.

    Le recrutement d'officiers se fait auprès des groupes de volontaires créés au début de la guerre et qui ont manifesté le désir de se joindre aux corps ordinaires. Au début de 1941, ces organisations comptent 7000 membres partout au pays.

    CWAC, 31 juillet 1943 (audio)

    Dans cet extrait radio du 31 juillet 1943 de la Canadian Women's Army Corps (CWAC), la Lieutenante Dupré s'adresse aux femmes du Canada. Elle leur rappelle le devoir des femmes de servir leur pays et les invite à s'enrôler dans le service féminin de l'Armée canadienne en soulignant les avantages du travail dans l'armée en comparaison avec celui dans la vie civile.

    Ce type de message d'intérêt public est largement répandu dans les médias de l'époque. En temps de guerre, la radio et les journaux sont soumis à la Loi sur les mesures de guerre, qui autorise la censure et la propagande.

    Les motivations qui poussent les femmes à s'enrôler sont très variables. Pour certaines, c'est le moyen de se rapprocher de leur mari, pour d'autres, de quitter le noyau familial. Elles invoquent également le goût de l'aventure et du voyage et, bien sûr, l'occasion de gagner de l'argent et d'apprendre un métier.

    Le jour du souvenir, 11 novembre 1997

    Lors de l’émission Le jour du Souvenir du 11 novembre 1997, la journaliste France Beaudoin recueille les témoignages de plusieurs femmes ayant participé à la guerre.

    J’avais envie d’aventure, de partir, de faire quelque chose, et je l’ai fait.

    Cécile Grimard-Masson

    Les conditions d'admission fixées par le ministère de la Défense sont plutôt souples. Pour adhérer à l'un des corps militaires, les candidates doivent être âgées de 18 à 45 ans, être célibataires ou mariées, mais sans enfants, et ne pas travailler dans un secteur essentiel. Elles doivent aussi passer un examen médical. La candidate doit au minimum mesurer 1,50 mètre et peser 47 kilos.

    À la fin de 1942, on dénombre environ 9500 femmes dans l'armée de terre, 7800 dans l'aviation et 500 dans la marine.

    Le Plan Bouchard

    Les besoins importants en armements, en vivres et en vêtements accélèrent l'intégration des femmes au marché du travail.

    À l'occasion du 50e anniversaire de l'usine Bouchard, à Blainville, des femmes rappellent le rôle qu'elles ont joué dans cette véritable ville industrielle de 150 bâtiments.

    Le travail au Plan Bouchard, « c’est le marquage, le pesage et l’emballage des obus. La pose et le serrage des fusées. On y remplit toutes sortes de munitions, des mines, des grenades, des bombes, et malgré des mesures de sécurité strictes, le danger est omniprésent ».

    Édition magazine, 15 septembre 1989

    À l’émission Édition magazine du 15 septembre 1989, la journaliste Carole Vallières rencontre d’anciennes employées du Plan Bouchard. Certaines sont très émues et d’autres évoquent une immense fierté.

    Moi, avant de travailler au Plan Bouchard, je travaillais à l’usine Plywood. J’avais 17 cents de l’heure. Là, le Plan Bouchard a ouvert et en partant, tu partais à 34 cents de l’heure et deux, trois mois après, tu avais 37 et tu montais jusqu’à 58. C’était ni plus ni moins que la manne qui nous tombait dessus.

    Madeleine Labelle, employée au Plan Bouchard

    Au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, le Plan Bouchard a employé jusqu’à 7000 personnes, dont 60 % étaient des femmes.

    Il fut nommé ainsi en l'honneur de Télesphore-Damien Bouchard, ministre des Travaux publics de l'époque, et devint ensuite le Camp Bouchard. Jusqu'en 1973, près de 200 employés civils y travaillaient et de nombreux militaires y étaient affectés.

    Une infirmière au front

    Que ce soit lors de la campagne du nord-ouest de l'Europe, de l'Italie, de l'Afrique du Nord ou à Hong Kong, 2625 infirmières canadiennes sont envoyées outre-mer pour soigner les blessés sur tous les fronts.

    Le Point, 1er septembre 1989

    À l’émission Le Point du 1er septembre 1989, la journaliste Françoise Stanton s’entretient avec Jeanne D'orsonnens, une des « nursing sisters ».

    Par l'entremise de son histoire, elle rappelle le courage et le dévouement de ces femmes. Décorée en 1943 de la médaille de l'Ordre royal de la Croix-Rouge par le roi George VI, l'infirmière raconte aussi son naufrage à la suite du bombardement par des avions allemands du bateau sur lequel elle se trouvait.

    Au total, 3625 infirmières servent le Corps de santé royal canadien. De ce nombre, 1029 demeurent au pays pour soigner les blessés de retour du front. Les autres sont envoyées outre-mer.

    Il y avait un moral extraordinaire parmi les blessés. Je n’ai jamais eu le goût de revenir. Vous commencez un travail, vous voulez vous rendre au bout. Personne ne voulait arrêter non plus. On ne voulait pas s’en aller chez nous, on voulait la fin de la guerre.

    Jeanne D'orsonnens, infirmière

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