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Que retenir de la première année du gouvernement Higgs?

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Les dossiers linguistiques, les relations houleuses avec les syndicats et les restrictions budgétaires ont marqué la première année du gouvernement progressiste-conservateur minoritaire de Blaine Higgs au Nouveau-Brunswick.

Trois dossiers linguistiques ont retenu l’attention dès le début, soit l’élection d’un premier ministre qui ne parle pas français, l’appui que lui a accordé l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick – un parti ouvertement hostile au bilinguisme officiel – et la promesse initiale de Blaine Higgs d’ouvrir à des candidats unilingues anglophones les postes d’ambulanciers désignés bilingues.

Dans le cas des postes d’ambulanciers, le gouvernement Higgs a été tenté de mettre en oeuvre la décision de l'arbitre John McEvoy selon lequel l'ancienneté des ambulanciers devait primer sur leurs capacités de parler les deux langues officielles. La décision de l'arbitre McEvoy a été jugée inconstitutionnelle. Le gouvernement a fait volte-face et trouvé un compromis qui a permis l’embauche d’ambulanciers unilingues, tout en respectant la loi sur les langues officielles.

La question de l’amélioration du respect de la loi sur les langues officielles par le gouvernement a été en quelque sorte éclipsée, même si des améliorations sont considérées comme nécessaires dans plusieurs services publics, notamment par le commissaire aux langues officielles. Le premier ministre Higgs a plutôt transformé la question en défendant le droit des anglophones à une éducation de qualité en matière d’apprentissage de la langue française.

Blaine Higgs s’est empressé de rejeter en partie le récent rapport du commissaire aux langues officielles. L’Alliance des gens avait menacé de ne plus l’appuyer s’il décidait de mettre en oeuvre certaines recommandations du commissaire.

Redresser les finances publiques

Le grand objectif du gouvernement Higgs est de redresser les finances publiques.

Le gouvernement de Blaine Higgs dit espérer avoir démontrer à la population que son gouvernement a été responsable au cours de cette première année au pouvoir. Il est fier d’avoir réussi à équilibrer le budget en réduisant les dépenses.

Il nous fallait reprendre le contrôle de nos dépenses et arrêter d’imposer de nouvelles taxes.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick

Il y a eu un surplus budgétaire grâce en grande partie à deux choses, soit à plus d’argent que prévu provenant du fédéral et à la diminution des investissements publics.

Le gouvernement de Blaine Higgs a notamment réduit de 215 millions le budget consacré aux travaux publics. Plusieurs projets, dont l’amélioration de la route 11 et la rénovation de l’École Louis-J.-Robichaud à Shediac, ont cessé. Des communautés francophones ont dénoncé cette situation. Entre-temps, le gouvernement a privilégié la construction d’une école anglophone dans la circonscription du ministre de l’Éducation, Dominic Cardy.

Le gouvernement Higgs n’a toutefois pas fait de compressions budgétaires notables dans les programmes publics ni d’importants licenciements dans la fonction publique.

Où en sont les réformes promises?

Les progressistes-conservateurs ont promis de grandes réformes en santé, en aide sociale et en éducation.

Le gouvernement Higgs a publié un livre vert sur l’éducation qui propose notamment d’éliminer les années scolaires pour passer à une nouvelle structure. On dit vouloir adapter le système d’éducation aux nouvelles réalités.

Des intervenants se demandent si cette réforme sera accompagnée des ressources nécessaires à sa mise en oeuvre. C’est un point essentiel, selon le président de l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB), Gérald Arseneault.

Gérald Arseneault en entrevue lors du congrès annuel de l'AEFNB.

Le système d'éducation manque déjà de ressources, selon Gérald Arseneault, président de l'Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada

Il y a des changements dans ce livre vert que je vois très difficiles d’implanter, surtout avec les ressources qui ne s’attendent pas d’augmenter. Il y a seulement une certaine façon d’implanter ça, c’est avec plus de ressources. Et quand le ministre dit que le système d’éducation est en crise, bien, la seule crise qu’il y a en éducation présentement, c’est le manque de ressources pour notre personnel enseignant, affirme Gérald Arseneault.

La fermeté devant les syndicats

Le gouvernement Higgs est resté campé sur sa position toute l'année face aux revendications des employés des foyers de soins qui tentent de négocier un contrat de travail.

Des dizaines de personnes marchent en brandissant des pancartes syndicales et en soufflant dans des cornets.

Le milieu syndical a organisé de grandes manifestations à Fredericton pour appuyer les revendications des employés des foyers de soins.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Le même scénario se dessine avec les autres groupes d’employés du gouvernement, notamment ceux des services de voirie, de buanderie et des parcs provinciaux. Il a récemment été question d'un risque de grève de 1500 fonctionnaires représentés par le Syndicat canadien de la fonction publique.

C’est un bilan assez désastreux, franchement.

Simon Ouellette, du Syndicat canadien de la fonction publique

Simon Ouellette, du Syndicat canadien de la fonction publique, dit avoir observé une dégradation significative des relations de travail.

On n’arrive pas à voir à presque aucune de nos tables de négociation en ce moment, nos tables provinciales, des accords ou même un désir de négocier sérieusement de la part du gouvernement. C’était déjà difficile avec le gouvernement précédent. Là, c’est encore pire, déplore-t-il.

Le représentant syndical donne quelques exemples. En fait, il a même démonté des forums. Il y avait un comité de rencontre patronal provincial et le mouvement syndical qui avaient été remis sur pied sous [le premier ministre Brian] Gallant et ç’a été carrément mis de côté.

Avec les renseignements de Michel Corriveau

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale