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Code vestimentaire : l'habit qui fait le député

Catherine Dorion, à l'Assemblée nationale, vêtue d'un t-shirt sur lequel est écrit « Patrice Desbiens ».

La députée Catherine Dorion de Québec solidaire en décembre dernier

Photo : Radio-Canada

Valérie Gamache

Depuis que la députée Catherine Dorion a commencé à siéger à l’Assemblée nationale, ses vêtements alimentent le débat sur le respect du code vestimentaire des députés. Or, la « tenue de ville contemporaine » est difficile à définir.

Cette semaine, c'est le coton ouaté de Catherine Dorion qui alimente les discussions, si bien que des parlementaires, irrités par le style de la députée, auraient demandé au président de sévir. La députée de Taschereau a alors décidé de ne pas participer aux débats jeudi et elle a quitté le Salon bleu.

En fait, c'est depuis le début de ses travaux parlementaires que la 42e législature du Québec est plongée dans une tourmente vestimentaire. Le 6 décembre dernier, Catherine Dorion s'est présentée au Salon bleu vêtue d'un t-shirt sur lequel était imprimé le nom du poète franco-ontarien Patrice Desbiens, ce qui a suscité les critiques du whip en chef du gouvernement, Éric Lefebvre.

Plus tôt, le président de l'Assemblée, François Paradis, avait commenté les jeans, espadrilles et bottes Docs Martens des députés solidaires Catherine Dorion et Sol Zanetti.

Le député de Québec solidaire Sol Zanetti.

En décembre dernier, le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti, s'est présenté avec des chaussures de sport à l'Assemblée nationale.

Photo : Radio-Canada

Le bureau de l'Assemblée nationale (BAN) se penche actuellement sur une réforme du code vestimentaire. C'est un sujet pour moi qui est préoccupant, dit Éric Lefebvre, qui milite pour maintenir un certain décorum.

C'est encore important aujourd'hui pour démontrer le sérieux des travaux qui se font au Parlement, précise le député caquiste d'Arthabaska.

Catherine Dorion dans un corridor du parlement.

Le 7 novembre, Catherine Dorion s'est présentée à l'Assemblée nationale vêtue d'un chandail en coton ouaté.

Photo : Radio-Canada

Mais les députés qui siègent au BAN, cette instance qui établit les règles de l'Assemblée nationale, semblent avoir envie de relâcher un peu le code vestimentaire.

On a des discussions sur le port obligatoire de la cravate par exemple. Ne plus l'obliger, c'est une des possibilités qu'on regarde.

Éric Lefebvre, whip en chef du gouvernement

Pendant que les discussions se poursuivent, les élus sont invités à respecter la norme convenue et à se présenter en tenue de ville contemporaine au Salon bleu où ils siègent.

À chaque parlement sa mode

Il est cependant difficile de définir cette fameuse tenue de ville contemporaine. Voici donc un petit tour d'horizon de l'interprétation qu'en font les autres législatures au Canada.

Tout d'abord, le code vestimentaire ne fait l'objet de règlement formel dans aucun parlement au Canada. Par tradition, il est d'usage de respecter les règles édictées par le bureau de la présidence. Ces règles varient légèrement d'un parlement à l'autre.

À Ottawa, pour obtenir la parole au cours des débats, les élus fédéraux doivent se présenter en tenue de ville contemporaine. La convention actuelle veut que les hommes portent un veston, une chemise et une cravate.

James Bezan.

Le député conservateur James Bezan à la Chambre des communes.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Les cols de pasteur sont permis, mais les lavallières et les tricots à col roulé ont été déclarés non convenables pour les députés de sexe masculin, peut-on lire dans le guide de la procédure et des usages de la Chambre des communes. Pour les femmes, on ne définit pas ce que l'on attend d'une tenue de ville.

Dans le guide des parlementaires de Terre-Neuve-et-Labrador, il est indiqué que les élus doivent se présenter en tenue d'affaires. On y précise que le président peut refuser de donner la parole à un élu s'il considère que sa tenue n'est pas appropriée. Les autres législatures des provinces maritimes appliquent les mêmes règles.

Un code plus détaillé en Colombie-Britannique

De son côté, l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique a mis à jour son code vestimentaire en mai dernier. La tenue de ville y est un peu plus détaillée.

Pour les hommes, le veston est de mise, mais la cravate n'est pas obligatoire. Chez les femmes, le style contemporain inclut le port de chemisiers et de robes sans manches.

Tout vêtement affichant des slogans, publicités, messages politiques ou appellations commerciales sont interdits.

Les élus autochtones peuvent se présenter en tenue traditionnelle. Par ailleurs, les vêtements traditionnels de toutes les communautés culturelles sont permis.

Deux hommes se serrent la main entre deux drapeaux canadiens.

L'ex-député fédéral de Winnipeg-Centre Robert-Falcon Ouellette avait prononcé un discours en cri à la Chambre des Communes.

Photo : Radio-Canada

Les assemblées législatives des Territoires-du-Nord-Ouest et du Nunavut regroupent quant à elles un grand nombre d'élus autochtones. Le code vestimentaire suggère donc d'abord la tenue traditionnelle. Les règles précisent que les élus doivent se présenter vêtus de façon convenable, dans le respect de la dignité des travaux de l'Assemblée.

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