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Où va l'argent du crime?

Le reportage de Marie Maude Pontbriand

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Marie Maude Pontbriand

Des saisies de matériel volé ou encore d'argent provenant de la criminalité, il y en a fréquemment. Mais que font les corps policiers du Québec avec cet argent? Il sert notamment à financer des organismes qui travaillent en prévention de la criminalité, comme Motivaction jeunesse.

Chaque année, les corps policiers au Québec saisissent l'équivalent de plusieurs millions de dollars. Le Conseil des ministres a adopté un décret en 1999 afin de s'assurer que le produit des biens obtenus illégalement est utilisé à bon escient.

La moitié de cet argent revient aux corps policiers derrière l'enquête menant à la confiscation des biens. Un quart est remis au Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels, et l'autre quart sert à financer des programmes de prévention de la criminalité.

Une cinquantaine de programmes sont ainsi financés chaque année et, à l'occasion de la Semaine de la prévention de la criminalité qui se termine samedi, le gouvernement souhaite souligner le travail des organismes impliqués.

D'ailleurs, en 2019, le ministère de la Sécurité publique a choisi de bonifier leur magot. Une somme totale de 2 millions de dollars a été remise, divisée entre 48 organismes.

Environ 40 000 $ sont allés au projet Émeraude de l'organisme Motivaction jeunesse de Québec, ce qui a mené à l'embauche de l'intervenante Caroline Vézina.

Cette dernière travaille auprès de jeunes filles en difficulté. Les objectifs d'Émeraude, c'est d'avoir des projets qui sont adaptés aux réalités des jeunes filles, explique-t-elle. Elle utilise le sport et le plein air comme outils d'intervention.

On veut favoriser une trajectoire positive.

Caroline Vézina, intervenante, projet Émeraude

On a vraiment vu de grandes retombées, des filles qui passent vraiment d'un mode de vie qui est moins sain, qui est plus dans la consommation, dans les mauvaises habitudes, et qu'on transfère vers le sport et le plein air, qui sont utilisés pour répondre à leur besoin de sensations fortes.

Claudie Brisson

Claudie Brisson

Photo : Radio-Canada

À 25 ans, Claudie Brisson est en voie d'obtenir son diplôme d'études secondaires. La jeune décrocheuse avait arrêté l'école pendant huit ans. Caroline Vézina l'a amenée à faire du sport plus fréquemment afin de canaliser son énergie. Elle suit maintenant des cours de boxe tous les mardis.

J'aime vraiment, vraiment, vraiment ça. Tu sors d'ici, t'es exténuée, mais t'es vraiment fière de toi.

Claudie Brisson

Gants de boxe à la main, Lydia Lavoie est du même avis.

La mère de famille monoparentale de 19 ans est également en train de terminer sa 5e secondaire. Après s'être consacrée entièrement à son enfant pendant deux ans, elle a senti le besoin de s'occuper d'elle aussi.

Lydia Lavoie et l'intervenante Caroline Vézina

Lydia Lavoie et l'intervenante Caroline Vézina

Photo : Radio-Canada

Depuis qu'elle s’entraîne à la boxe et qu'elle fait de la randonnée, elle constate qu'elle est moins fatiguée et plus patiente avec son bambin. On passe du temps de qualité ensemble.

Même si les deux jeunes femmes n'ont rien à voir avec les milieux interlopes, elles se réjouissent de pouvoir profiter de cet argent.

Je pense que c'est vraiment, vraiment la meilleure chose à faire, c'est comme recycler de l'argent, conclut Claudie Brisson.

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Crimes et délits