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Sursis de 30 jours pour la démolition d’une maison plusieurs fois centenaire

La Maison Jobin-Bédard, érigée entre 1770 et 1826, serait maintenant menacée de démolition, un promoteur voulant utiliser le terrain pour y construire des maisons jumelées.

Photo : Radio-Canada / Société d'histoire de Charlesbourg

Sébastien Tanguay

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, est intervenue vendredi pour empêcher la démolition d'une résidence à haute valeur patrimoniale du secteur Charlesbourg. La maison Jobin-Bédard restera donc debout pour encore au moins 30 jours.

Ce délai donnera le temps au ministère de faire des analyses pour déterminer la valeur patrimoniale du bâtiment et ainsi me permettre de disposer de tous les éléments nécessaires afin de prendre une décision réfléchie et éclairée dans ce dossier, peut-on lire dans le communiqué publié vendredi après-midi.

La Ville de Québec, qui a autorisé la démolition du bâtiment, est d’avis que la maison construite entre 1770 et 1826 est dans un état de délabrement trop avancé pour être sauvée.

Ce constat étonne le président de la Société d’histoire de Charlesbourg, Marc-André Bluteau, qui connaissait bien la dernière occupante.

[L’historienne] Eileen Reid est demeurée dans la maison jusqu’en décembre dernier. Ça m’étonnerait qu’elle ait vécu dans un immeuble insalubre : elle prenait soin du patrimoine.

Cette maison-là a accueilli des familles de pionniers, les Jobin et les Bédard, bien sûr, mais aussi le peintre Georges Marcil.

Marc-André Bluteau, président de la Société d’histoire de Charlesbourg

C'est un bâtiment qui présente des qualités architecturales et historiques qui ne concerne pas seulement la ville de Québec, mais qui est important pour l'ensemble du Québec, fait valoir Marc-André Bluteau.

Moisissures

La Commission d’urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ) estimait, en juillet dernier, que la moisissure envahit la maison, que les charpentes pourrissent sur place et que les fondations ne pourront soutenir encore longtemps l’édifice.

Conclusion de la CUCQ : le fardeau que représente la remise en état du bâtiment est trop lourd pour être imposé au nouveau propriétaire.

Ce dernier entend mettre en vente trois maisons jumelées sur le lot occupé actuellement par la maison ancestrale.

La Société d’histoire de Charlesbourg demande maintenant l’intervention du ministère de la Culture pour épargner l’édifice, classé « valeur supérieure » dans l’inventaire de la Ville.

La maison Pollack est délabrée depuis des années sur Grande Allée, et la Ville fait des pieds et des mains pour la sauver, souligne Marc-André Bluteau. Je me demande pourquoi les mêmes efforts ne sont pas déployés pour sauver la maison Jobin-Bédard, qui ne présentent aucune marque de décrépitude de l’extérieur.

La maison Pollack sur la rue Grande Allée Est.

La maison Pollack sur la rue Grande Allée Est

Photo : Radio-Canada / ICI Radio-Canada / Jean-Simon Fabien

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