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Se permettre le bonheur après le suicide d'un proche

Micheline Léger et Murielle Doucet côte à côte.

Micheline Léger et Murielle Doucet au symposium « Les héros sont humains »

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe LeBlanc

Radio-Canada

Chaque année au Canada, environ 4000 personnes s'enlèvent la vie. Et derrière chaque suicide, il y a des proches marqués à vie.

Micheline Léger a été frappée de plein fouet par le suicide de deux proches, il y a une dizaine d'années. Son monde s'est alors écroulé, et elle a vécu de la détresse psychologique.

C'est difficile d'être heureux sachant que les personnes que tu aimais étaient malheureuses. Il y a un genre de sentiment qui t'empêche de vouloir vivre, de vouloir être contente, de rire, explique-t-elle.

Le plus difficile, selon elle, a été de supporter le jugement de sa communauté. Comme bien des proches de victime de suicide, elle s'est sentie isolée.

Les personnes voient que les membres de famille ou les entourages ont des responsabilités. Dans le fond, ce n'est pas le cas. C'est juste que des fois, on n'a pas l'occasion non plus de pouvoir aider, parce que les gens ne vont pas nécessairement chercher l'aide [dont] ils ont besoin.

Le cas de Micheline Léger est loin d'être l'exception. On estime que derrière chaque suicide, il y a de 7 à 10 personnes qui doivent vivre avec les conséquences de ce geste. Elles sont des survivantes, comme elles se surnomment. Un peu partout au pays, des groupes se forment pour les aider.

Au Nouveau-Brunswick, le comité provincial de prévention du suicide de la région d'Albert-Westmorland a décidé de dédier son symposium biennal à ce thème. La preuve que le sujet interpelle le public : l’événement a fait salle comble.

Les organisateurs ont invité Tina Davies, qui a créé un organisme de soutien à Terre-Neuve après le suicide d'un de ses garçons. Selon elle, il y a peu de ressources pour aider les familles et les amis. La seule évocation du mot « suicide » cause des malaises.

Plus nous parlons de cela, plus ce sera facile pour les gens de demander de l'aide.

Et de l'aide, ils en ont besoin. De nombreux survivants sont eux-mêmes aux prises avec des pensées suicidaires.

Salle comble au symposium biennal.

Salle comble pour le symposium biennal du comité provincial de prévention du suicide

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe LeBlanc

Il y a encore beaucoup de travail à faire pour aider ces gens qui ont de la difficulté à trouver des ressources pour s'en sortir, croit la coordonnatrice en prévention au Réseau de santé Horizon au Nouveau-Brunswick, Murielle Doucet. La première étape est simplement d'en parler, ce qui est souvent difficile.

Les gens sont [mal à l'aise] de parler de la mort parce que l'on n'aime pas considérer que l'on va mourir un jour. Puis le suicide est tabou parce que les gens ne comprennent juste pas que la personne pourrait avoir le goût de mettre fin à sa vie. C'est très complexe, affirme Murielle Doucet.

Elle souhaite aussi mettre fin à la croyance qui veut que parler du suicide entraîne plus d'idées suicidaires.

Micheline Léger a décidé d'utiliser sa peine et son désespoir pour faire une différence dans la vie des autres. Elle est retournée sur les bancs d'école pour devenir travailleuse sociale spécialisée en prévention du suicide.

Ç'a été très douloureux, mais dans le fond, ç'a aussi été un cadeau, parce que je me sens comme si j'ai quelque chose à offrir, dit-elle.

Son deuil ne sera jamais vraiment terminé, mais au moins, elle a trouvé un sens à ces drames. Elle souhaite qu'un jour, on puisse parler de suicide sans tabou ni malaise.

Besoin d'aide pour vous ou un proche?

Nouveau-Brunswick

Ligne d'écoute Chimo : 1 800 667-5005

Consultez : Centres de santé mentale communautaires (Nouvelle fenêtre)

Canada

Jeunesse, J'écoute : 1 800 668-6868

Centre de crise canadien : 1 833 456-4566

Consultez : Prévenir le suicide : Signes précurseurs et moyens d’obtenir l’aide (Nouvelle fenêtre)

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