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Stress post-traumatique : des soins déficients, selon un agent de la GRC en N.-É.

Le sergent Joe Taplin a été la voix de la GRC en Nouvelle-Écosse de 2003 à 2010.

Photo : CBC/Rob Short

Radio-Canada

Le sergent Joe Taplin a passé des années à répondre aux appels de journalistes en tant que porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en Nouvelle-Écosse. Aujourd’hui, il parle publiquement d’un drame plus personnel : le trouble de stress post-traumatique dont il a souffert au cours de sa carrière.

Le simple fait de sentir la fumée d’un foyer le ramène au début des années 1990, lorsque, jeune policier dans le nord de l’Alberta, il s’est rendu sur les lieux d’un feu de camp dans lequel un jeune homme était tombé, avant de succomber à ses blessures.

Plus tard, comme porte-parole de la GRC, il estime avoir communiqué les détails de 4000 incidents différents aux journalistes : des accidents de voiture mortels, des agressions sexuelles sur des enfants, des noyades et des meurtres, entre autres.

En 2015, il s’est effondré devant un superviseur. Je me suis mis à pleurer et j’ai dit : “Je ne sais pas ce que j’ai; j’ai des cauchemars, je transpire la nuit, je m’isole, je m’emporte contre ma femme et mes enfants qui ne méritent pas ça”, relate-t-il.

Une autre personne à qui il s’est confié l’a dirigé vers un psychologue, qui l’a aidé à remonter la pente.

La GRC n’a rien fait pour moi, à l’époque. J’ai dû me débrouiller pour trouver de l’aide.

Le sergent Joe Taplin

Le sergent Taplin a décidé d’ajouter sa voix à celle de la sergente d’état-major Jennifer Pound, de Colombie-Britannique, qui, lors d’une déclaration publique le mois dernier, a déclaré que les services de soutien pour les agents de la GRC souffrant de stress post-traumatique étaient « en crise ».

La maladie « numéro un »

Ce trouble, affirme le sergent Taplin, est la maladie numéro un en milieu de travail, à l’heure actuelle, à la GRC.

Une photo de Joe Taplin au début de sa carrière.

Le sergent Taplin montre une photo de lui lorsqu'il était jeune policier en Alberta, dans les années 1990.

Photo : CBC/Elizabeth Chiu

D’après un examen de l’ombudsman des vétérans, près de 3600 membres de la GRC touchaient des prestations en raison de problèmes de santé mentale, dont le trouble de stress post-traumatique, en 2015. Qui plus est, 38 % des employés en congé de maladie prolongé citaient des troubles de santé mentale pour expliquer leur absence.

La commissaire de la GRC Brenda Lucki a reconnu récemment que son organisation devait en faire davantage pour aider les policiers souffrant du syndrome de stress post-traumatique.

La GRC compte embaucher 14 psychologues supplémentaires d’ici le printemps prochain pour dépister les policiers en détresse et intervenir auprès d’eux plus tôt. De plus, une étude entamée le printemps dernier fera un suivi auprès des nouveaux policiers pendant cinq ans pour qu’ils puissent recevoir des soins rapidement s’ils montrent des signes de stress post-traumatique.

Plus de services, plus rapidement

Le sergent Taplin estime que la GRC doit en faire plus, plus vite. À l’heure actuelle, souligne-t-il, il n’y a qu’un psychologue au service de la force policière pour toute la Nouvelle-Écosse. C’est nettement insuffisant, assène-t-il.

Il se dit toutefois encouragé par des améliorations aux services de santé généraux dans sa province, comme l’ajout d’un médecin et d’infirmières qui sont formés pour reconnaître et soigner les problèmes de santé mentale.

Pour sa part, le processus de guérison se poursuit, avec l’aide d’un thérapeute, de sa famille et grâce à la compagnie de ses trois chiens.

Joe Taplin se promène sur une plage avec ses trois chiens.

Le sergent Taplin dit avoir pu remonter la pente grâce à l'appui de sa famille et la compagnie de ses trois chiens.

Photo : CBC/Rob Short

Il est maintenant responsable des services de police communautaires de la GRC pour le district d’Halifax et adore son emploi.

Il regrette toutefois ne pas avoir pu bénéficier de soutien tôt dans sa carrière, lorsque les agents devaient cacher leurs problèmes psychologiques parce qu’ils étaient considérés comme un aveu de faiblesse. À l’époque, relate-t-il, il se tournait vers l’alcool à la fin des journées difficiles, ce qui lui a coûté son premier mariage.

D'après un reportage d'Elizabeth Chiu, CBC

Nouvelle-Écosse

Santé mentale