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Tarif unique : fin de l'austérité pour les familles, mais « catastrophe » pour les garderies privées non subventionnées

Des jouets avec des enfants

Près de 1300 garderies non subventionnées existent au Québec, contre environ 1570 CPE.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le retour au tarif unique dans les garderies subventionnées réjouit bien des jeunes familles, mais la mesure annoncée hier par le gouvernement Legault est loin de faire le bonheur de tous. Les services de garde privés qui ne reçoivent pas l'aide de l'État dénoncent même une annonce « catastrophique » pour leurs affaires.

Les parents du Québec paieront désormais 8,25 $ par jour, et pas un cent de plus, pour faire garder leurs petits en milieu subventionné.

Une concurrence déloyale, selon Khalid Daler, président de l’Alliance québécoise pour les garderies privées non subventionnées du Québec (AQGPNS).

Il va y avoir un mouvement vers les milieux subventionnés, c’est certain, déplore-t-il. Et ça se fera au détriment des services qui ne le sont pas.

Si nous avions un système basé sur la subvention des familles, comme c’est le cas au fédéral, ça nous éviterait un cas d’injustice aussi flagrant, ajoute Khalid Daler.

À son avis, la mesure annoncée dans la mise à jour budgétaire se fait sur le dos des familles qui ne peuvent trouver de place en garderies subventionnées. 

Il y a 65 000 enfants dont les parents ne reçoivent rien, déplore le président de l’AQGPNS. Les autres reçoivent tout, alors qu’eux n’ont rien, rien du tout.

« La fin de l'austérité »

Dans sa mise à jour budgétaire, le ministre des Finances, Eric Girard, a annoncé la fin de la modulation des tarifs en fonction du revenu des parents.

La mesure évitera à bien des parents la mauvaise surprise d’apprendre le coût réel qu'ils doivent payer pour les services de garde de leurs enfants en mettant la touche finale à leur déclaration fiscale.

Pour les parents qui en profitent, la mesure est une bouffée d’oxygène.

C’est une très bonne nouvelle, dit Andréanne Mathieu, une jeune mère de Stoneham. Même si nous recevons beaucoup d’aide, c’est un défi économique intense de fonder une famille.

Son conjoint, Kenny Jacob, abonde dans le même sens. Pour lui, l’aide de plus de 1500 $ que lui consent le gouvernement lui permettra de planifier à plus long terme.

C’est notre épargne-retraite qui souffrait, avance-t-il. Une famille, ça représente beaucoup de dépenses nouvelles et ça nous laisse avec moins de budgets pour préparer l’avenir.

La jeune famille et leur petit garçon de 2 ans prévoient modérer ses dépenses malgré l’aide gouvernementale.

Nous avons mis en pause les travaux sur la maison. Nous évitons les sorties à 50 $ ou 100 $ par jour, pour privilégier les activités où nous avons un abonnement annuel. Nos vêtements sont aussi souvent achetés usagés, souligne Andréanne Mathieu.

Les deux parents de Stoneham s’accorderont une dépense, celle d'inscrire leur enfant à des cours de ski cet hiver.

Il y a un boom familial en ce moment au Québec, croit la jeune mère. Ça fait du bien de se sentir soutenu, c'est bon pour l'économie québécoise.

Ça démontre qu'il n'y a pas juste les coupes, ajoute son conjoint, Kenny Jacob. Pour nous, ça représente peut-être la fin de l'austérité pour les jeunes familles.

Avec les informations de Pascal Poinlane

Québec

Famille