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Affaire ukrainienne : un diplomate américain avait sonné l'alarme dès août

George Kent en train de marcher et entouré d'agents de sécurité.

George Kent, un responsable du département d'État chargé de l'Ukraine, dont la transcription du témoignage du 15 octobre 2019 au Congrès a été rendue publique, avait alerté sa hiérarchie dès la mi-août.

Photo : The Associated Press / Andrew Harnik

Agence France-Presse

Inquiet des pressions exercées pour que Kiev enquête sur un rival du président des États-Unis Donald Trump, un diplomate américain avait alerté sa hiérarchie dès la mi-août, bien avant que n'explose au grand jour l'affaire ukrainienne qui vaut à Donald Trump d'être visé par une procédure de destitution.

Cette révélation figure dans la copie, rendue publique jeudi, du témoignage au Congrès de George Kent, un responsable du département d'État chargé de l'Ukraine, réalisé à huis clos le 15 octobre dernier.

Ce diplomate a confirmé aux élus que l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, avait mené pendant des mois une campagne pour demander à Kiev d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour être le candidat des démocrates lors de la présidentielle de 2020.

Pendant l'été, des diplomates officiellement chargés du dossier, dont le représentant spécial pour l'Ukraine Kurt Volker, ont souhaité faire une place à M. Giuliani à leurs côtés pour des raisons « tactiques », a-t-il ajouté.

Il était manifeste que l'ancien maire de New York avait de l'influence sur le président au sujet de l'Ukraine, a déclaré M. Kent. Mais cela m'inquiétait sur le plan stratégique, a-t-il poursuivi. Demander à un autre pays de lancer des poursuites à des fins politiques affaiblit notre défense de l'État de droit.

« Le 15 ou le 16 août », après avoir appris que M. Volker avait transmis à un collaborateur du président ukrainien « l'intérêt du président [Trump] et de son avocat pour l'ouverture d'une enquête », George Kent a inscrit ses « inquiétudes » dans une note, qu'il a immédiatement transmise à un responsable du département d'État.

Quelques jours plus tôt, un membre de la communauté du renseignement avait fait de même de son côté, activant la procédure protégeant les lanceurs d'alerte. Il s'était alarmé de la teneur d'un échange téléphonique, le 25 juillet, entre Donald Trump et son homologue Volodymyr Zelensky, au cours duquel le milliardaire républicain avait demandé à son interlocuteur de « se pencher » sur le cas de Joe Biden.

La révélation de ce signalement, en septembre, a décidé les démocrates à ouvrir une enquête officielle à la Chambre des représentants qu'ils contrôlent, en vue d'une mise en accusation du président.

Même si le risque de destitution paraît faible, puisque M. Trump serait jugé au Sénat où les républicains sont majoritaires, le défilé des témoins au Congrès entache la campagne de réélection de l'ex-magnat de l'immobilier qui, furieux, ne cesse d'attaquer la crédibilité du mystérieux lanceur d'alerte.

Le témoignage de George Kent montre toutefois que cet agent de la CIA n'était pas le seul à tirer la sonnette d'alarme.

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