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Des entrepreneurs à Moncton s’inquiètent de l’augmentation de l’itinérance

Sur la rue St-George, la hausse du nombre de sans-abris est un fardeau de plus en plus lourd, disent de petits entrepreneurs.

Les frères Marc et Ben Leger.

Photo : CBC / Maeve McFadden

Radio-Canada

L’augmentation du nombre de personnes itinérantes au centre-ville de Moncton est un fardeau de plus en plus lourd à porter pour plusieurs commerçants de la rue St-George.

Il est fréquent de voir des gens pousser des chariots d’épicerie contenant leurs quelques biens personnels dans ce secteur où refuges pour sans-abris et soupes populaires côtoient de nombreux autres services.

Ben Leger observe qu’un nombre croissant de personnes viennent utiliser les toilettes ou demander un verre d’eau au Notre Dame de Parkton, le restaurant qu’il gère sur la rue St-George. M. Leger dit ressentir de l’empathie pour ces gens en difficulté, mais souligne qu’il a aussi la responsabilité d’assurer la sécurité de ses employés et de ses clients.

On s’assure de toujours avoir deux employés sur place, pour qu’il y ait du renfort si quelque chose se passe, dit-il.

Les inquiétudes de M. Leger ont redoublé depuis un incident survenu en mai, lorsqu’il a demandé à un homme visiblement drogué de sortir de son restaurant. 

Il m’a donné un coup de poing qui m’a jeté par terre, puis il s’est sauvé en courant, explique Ben Leger.

Un homme derrière le comptoir de son commerce.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Leger dans son commerce de la rue St-George.

Photo : CBC / Maeve McFadden

Son frère, Marc Leger, est le propriétaire du Laundromat Espresso Bar situé tout près.

Établi depuis 12 ans, il connaît bien les gens du quartier, y compris de nombreux itinérants, qu’il accueille régulièrement pour une tasse de thé ou un verre d’eau. Dernièrement, dit-il, il voit de plus en plus de nouveaux visages.

Il relate un incident survenu récemment où une femme est entrée, s’est assise sans commander et a fait une surdose. Les ambulanciers sont venus lui faire une injection, puis elle a passé la journée à l’hôpital, a reçu son congé le soir même et était de retour sur la rue St-George le lendemain, explique Marc Leger.

Il dit n’avoir jamais vu cette femme auparavant. Même chose pour l’homme qui a agressé mon frère au restaurant. Nous n’avions jamais vu ces personnes, dit-il.

Les deux frères estiment qu’il est essentiel de prodiguer des services à ces gens dans le besoin, mais qu’on doit aussi protéger les petites entreprises et leurs clients. C’est un commerce, dit Marc Leger. C’est la future éducation de mes enfants. Je veux acheter une auto pour ma femme. C’est mon gagne-pain ici.

Un homme les bras croisés dans la cuisine d'un restaurant.

Luc Doucet, propriétaire du Black Rabbit.

Photo : CBC / Maeve McFadden

Même son de cloche chez d’autres commerçants de la rue St-George. Luc Doucet, propriétaire du restaurant Black Rabbit, affirme que personne du conseil municipal, ou de Moncton Centre-ville, ou qui que ce soit d’ailleurs n’a offert d’aider les commerçants de cette artère commerciale.

On est un peu laissés à nous-mêmes, dit M. Doucet. Selon lui, la situation se dégrade.

Quant à Pascale Landry, propriétaire de la boutique Caprice, elle considère que les commerçants sont mal outillés.

J’aurais besoin d’outils pour savoir comment agir avec les personnes intoxiquées, ou qui se présentent sur les lieux et, peut-être, ont besoin d’aide, dit-elle.

Pascale Landry derrière un comptoir en bois.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pascale Landry, propriétaire de la boutique Caprice.

Photo : CBC / Maeve McFadden

Certains commerçants que nous avons rencontrés ont souligné l’existence d’un projet pilote assurant le jumelage d'un agent municipal et d'un policier pour effectuer une patrouille à pied de la rue Main. Ils se demandent pourquoi cette initiative n’a pas été envisagée pour la rue St-George.

Marc Leger rappelle que la Ville de Moncton a engagé des agents de sécurité tout l’été et jusqu’au début de l’automne, quand des sans-abris vivaient dans un campement de fortune sur la rue Albert. Des commerces à grande surface ont eux aussi engagé des agents de sécurité. Mais de petites entreprises comme la sienne n’en ont pas les moyens.

Son frère Ben souhaite de réelles solutions au problème d’itinérance. On continue à poser des pansements sur de très, très grosses blessures. On peut dire ça comme ça, illustre-t-il.

D’après le reportage de Maeve McFadden, CBC

Nouveau-Brunswick

Pauvreté