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L'Alberta étudiera une sortie du Régime de pensions du Canada

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney fait un discours.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney

Photo : Peter Evans/CBC

Radio-Canada

Le projet albertain de retrait du Régime de pensions du Canada, datant d’un demi-siècle, devrait faire l’objet d’un examen approfondi au cours des prochains mois, selon Jason Kenney, le premier ministre de la province.

Si le retrait se concrétise, plusieurs milliards de dollars seront retirés du groupe d'actifs de 400 milliards, géré par l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada.

M. Kenney est prêt à envisager un abandon du RPC, qui est en vigueur partout au Canada, à l'exception du Québec, depuis le milieu des années 1960. Le Québec gère son propre régime de retraite.

« L’idée sera examinée par un groupe d'experts que le gouvernement a l'intention de créer afin d'évaluer la contribution de l'Alberta au sein de la fédération », explique Jason Kenney.

« Je crois que des arguments convaincants peuvent être avancés en faveur d'un tel changement », a-t-il dit dans une vidéo publiée sur Facebook.

Cette réflexion a débuté à la suite de l’élection fédérale qui, selon beaucoup, a créé de la frustration dans les provinces des Prairies envers le gouvernement libéral à Ottawa. Les sentiments séparatistes ont également pris de l'ampleur en Alberta et en Saskatchewan.

Une grande partie de la colère s’est dirigée contre Ottawa et d’autres régions du Canada, accusés d’empêcher les provinces enclavées d’acheminer leurs ressources naturelles vers la côte pour les exporter sur le marché international.

Redirection vers un fonds en Alberta

Si les fonds étaient retirés du RPC, ils seraient transférés vers l'Alberta Investment Management Corporation (AIMCo), qui comprend les régimes de retraite du secteur public de la province. Elle gère déjà environ 100 milliards de dollars d'actifs pour les contribuables albertains.

Néanmoins, le premier ministre albertain a tenu à rappeler que son gouvernement n'avait encore pris aucune décision à cet égard. « Cela sera certainement l'une des idées présentées à notre comité sur l'équité au sein de la fédération », a-t-il dit.

Selon lui, les fonds supplémentaires permettraient à AIMCo de se diversifier davantage et d'améliorer ses rendements au fil du temps.

Décision purement politique?

Bill Morneau, qui devrait rester à son poste de ministre des Finances lorsque le premier ministre, Justin Trudeau, aura formé son nouveau Cabinet, le 20 novembre, a été interrogé jeudi sur la possibilité pour l'Alberta de se retirer du régime.

« Je pense qu'il y aura plus de sujets dont nous devrons discuter après le 20 novembre et nous avons hâte d'avoir ces discussions », a-t-il dit.

Selon Kevin Milligan, économiste à l'Université de la Colombie-Britannique, la proposition de l'Alberta de se retirer du RPC devrait être prise au sérieux, étant donné qu'elle vient du premier ministre.

Cette suggestion lui semble beaucoup plus crédible que le débat sur la péréquation, car le régime de retraite est un projet conjoint fédéral-provincial avec des dispositions de sortie, tandis que la péréquation est un programme fédéral.

Cependant, l’économiste se demande quel est l'objectif de cette mesure. « L'Alberta pourrait certainement le faire, c'est son droit de le faire. Mais, ce faisant, elle devra mettre en place sa propre administration et ses propres structures d'avantages sociaux ... Ces choses ne sont pas gratuites », dit-il.

« La comparaison avec le régime de retraite du Québec est difficile à établir », ajoute-t-il. « Il aurait été plus facile de quitter le RPC au début de l'accord [comme l'a fait le Québec] que maintenant, après des décennies de collaboration », confie-t-il.

La menace de l'Alberta de quitter le RPC ne devrait cependant pas causer de problème dans le reste du pays, selon l’économiste : « Les projections montrent que le RPC a des dizaines de milliards de dollars d'avance sur les prévisions actuelles. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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