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Patrick Senécal et son vain combat contre la mort

Portrait de Patrick Senécal

L'auteur Patrick Senécal est président d'honneur du 54e Salon du livre de Rimouski en 2019

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Laurence Gallant

Peut-on contrer la peur de la mort en écrivant des romans d’horreur? L'écrivain prolifique Patrick Senécal, qui assure la présidence d’honneur du 54e Salon du livre de Rimouski, se le demande aussi.

Le plus récent roman de Patrick Senécal n’a pas pu être publié à temps pour le Salon du livre de Rimouski, mais les lecteurs savent à quoi s'en tenir : une histoire haletante et mystérieuse bien ficelée, qui côtoie à la fois l’étrange et le morbide, prend forme dans Ceux de là-bas, à paraître le 14 novembre.

Je ne me force pas pour penser à des histoires morbides, je ne fais pas exprès pour me mettre dans cette direction-là. Je dis que les idées me visitent et la visite que j’ai, je ne sais pas pourquoi, c’est de la visite un peu tordue, un peu sombre, raconte en riant Patrick Senécal.

Pour lui, l’écriture est un véritable exutoire, une façon de canaliser le côté sombre qui l’habite.

Mon côté plus dark, je le mets dans mes romans. [...] C’est sûr que je suis un gars qui est assez pessimiste par rapport à la nature humaine, sinon je n’écrirais pas des romans comme ça.

Patrick Senécal, écrivain

Dans la vraie vie, je suis un gars qui aime rire, qui aime rigoler. [...] Je serais plus dépressif, je pense, si je n’écrivais pas là-dessus, si je gardais ça pour moi. Et je pense que pour ceux qui me lisent, ça peut créer le même effet, en fait. [...] C’est une espèce de changement d’huile émotif qui fait qu’ensuite, on peut passer à autre chose.

Patrick Senécal et la mort

Dans Ceux de là-bas, on suit un psychologue aux prises avec de grands questionnements sur la vieillesse, sur la mort, qui sont en résonance avec ses propres interrogations existentielles, avoue-t-il.

La couverture de Ceux de là-basAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le nouveau roman de Patrick Senécal est à paraître le 14 novembre

Photo : Éditions Alire

Son rapport à la mort, il le définit comme un combat vain, une bataille qu’il est destiné à perdre.

J’ai peur de la mort parce que je ne sais pas ce qui va se passer après la mort. [...] Et la mort me révolte aussi parce que je n’accepte pas que ça va finir, qu’un jour, le party va continuer sans moi.

Patrick Senécal, écrivain

En vieillissant, bien qu’il croie de plus en plus que rien ne l’attend après la mort, il souhaite trouver des moyens d’apaiser sa peur et ses questionnements. Patrick Senécal estime tout de même qu’en écrivant, il réalise d’une certaine façon l’absurdité de ce combat-là.

Mais non, je ne vous ferai pas croire que je n’ai plus peur de la mort et que je suis rendu très serein, non. Mais je cohabite peut-être mieux avec ça. Ouais… peut-être.

Un grand habitué des salons du livre

Pour Patrick Senécal, participer à ces grandes fêtes du livre s’avère un plaisir renouvelé, une occasion d’aller à la rencontre de ses lecteurs, pour connaître leurs impressions sur ses livres, mais aussi pour briser l'isolement nécessaire à l'écrivain.

Quand je sors d’un salon du livre, j’ai vraiment envie de recommencer à écrire, parce que ces gens-là sont venus me donner tellement d’énergie pour me dire “continue, continue”, que j’ai le goût de m’y remettre.

Patrick Senécal, écrivain

Le métier d'écrivain, c'est un métier où on est toujours tout seul, on écrit tout seul, on n'a pas de réactions à chaud de ce qu'on fait. Quand notre livre est fini, on se regarde dans le miroir et on se donne une petite bine en disant “hé hé, bravo mon grand”! Et là, quand tu vas dans les salons, c'est un des moments privilégiés où des gens que tu ne connais pas vont venir te dire vraiment ce qu'ils pensent de ton livre ou de tes autres livres, alors pour moi, c'est une espèce de booster, une espèce de rechargeur de batteries.

Le Salon du livre de Rimouski accueille près de 250 auteurs cette année et attend environ 15 000 visiteurs jusqu'à dimanche.

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