•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Quand les programmes d'immersion nuisent aux écoles francophones

L'École élémentaire publique Francojeunesse à Ottawa

L'École élémentaire publique Francojeunesse à Ottawa

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Dans un contexte de pénurie d'enseignants, les écoles francophones en milieu minoritaire d'Ottawa souffrent de la concurrence avec les programmes d'immersion française dans les écoles anglophones.

La Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) rapporte que, bon an mal an, il manque au minimum 400 enseignants pour les 28 conseils scolaires membres. Par exemple, le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) cherchait l'année dernière 200 enseignants.

Les écoles anglophones offrant des programmes d'immersion en français sont aussi aux prises avec une pénurie qui s'amplifie. La demande pour ces programmes est forte et soutenue. Au Conseil scolaire Ottawa-Carleton, 73 % des parents choisissent le programme d'immersion [pour leur enfant] en première année, souligne Nadia Towaji, surintendante du conseil scolaire. Il s'agit du conseil qui enregistre le plus grand nombre d'élèves en immersion française en Ontario.

Les écoles francophones et les écoles anglophones sont donc en compétition pour attirer des enseignants francophones.

Les conseils scolaires anglophones ont de gros moyens pour faire la promotion de leurs programmes, pour aller chercher et recruter les enseignants francophones, reconnaît la directrice générale de la FNCSF, Valérie Morand.

Elle souligne que le dernier Plan d'action sur les langues officielles prévoit 30 millions de dollars pour aider le recrutement et la rétention des enseignants dans les écoles de français langue première et une enveloppe équivalente pour les écoles d'immersion.

Mme Morand accorde une entrevue dans les locaux de Radio-Canada.

Valérie Morand, directrice générale de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF)

Photo : Radio-Canada

Valérie Morand s'inquiète également de l'engagement des libéraux durant la campagne électorale de financer les programmes d'immersion au pays. Rien n'a été promis ou avancé pour les écoles de langue française [en milieu minoritaire], souligne-t-elle. On va vivoter avec un 30 millions pour essayer de mettre sur pied des mesures créatives pour aller chercher les enseignants.

Peu d'étudiants en français langue seconde

Foires de l'emploi, réseautage avec les facultés d'éducation, inscriptions sur des sites Internet, recrutement à l'étranger… Les conseils scolaires multiplient les démarches pour tenter de pourvoir leurs postes vacants.

Nadia Towaji encourage les facultés d'éducation à former davantage d'étudiants pour la spécialisation en français langue seconde afin de répondre à la demande.

Le professeur à la faculté d'Éducation de l'Université d'Ottawa André Samson soutient que ce serait leur plus grand désir d'accueillir le maximum possible d'étudiants, mais on ne réussit pas à combler les places qui sont disponibles pour les étudiants de première année. On n'a pas suffisamment d'inscriptions.

Il y a trois ans, M. Samson comptait ainsi 40 étudiants; l'année dernière, 35 et en janvier, seulement 30.

Il rapporte par ailleurs qu'environ la moitié des finissants francophones de 12e année s'inscrivent à des programmes anglophones. On perd beaucoup d'étudiants francophones après le secondaire, note-t-il.

À cela s'ajoute une « explosion » du nombre d'étudiants francophones dans les écoles primaires et secondaires, « surtout dans le sud de l'Ontario ». La demande pour des enseignants devient de plus en plus pressante, « alors que du côté anglophone, il y a plutôt eu une baisse de la population étudiante », souligne-t-il.

Parmi les solutions offertes, André Samson note la popularité du baccalauréat en éducation en ligne offert depuis plusieurs années à l'Université d'Ottawa. Le programme « explose », rapporte-t-il. On a de plus en plus de candidats et même, on n'a pas assez de places.

Pour financer de telles mesures, des actions sont attendues de la part des gouvernements provincial et fédéral. On réclame une action concertée au sein du réseau pour pouvoir, pas seulement avoir des projets parcellaires, pour aider au recrutement et au maintien des enseignants, résume Valérie Morand du FNCSF.

  • En Saskatchewan, des bourses de 10 000 $ sont offertes pour payer les études à la Faculté d'éducation. En échange, les étudiants s'engagent à travailler dans des écoles rurales de la province.
  • Au Nouveau-Brunswick, les enseignants à la retraite peuvent revenir en classe pendant un maximum de deux ans, sans aucune pénalité pour leur régime de pension.

Avec les informations de Gilles Taillon

Ottawa-Gatineau

Éducation