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Affaire Gupta : le controversé jet d’affaires Bombardier sera remis en vente

Deux des frères Gupta lors d'une entrevue à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Ajay et Atul Gupta sont au coeur d'une controverse entourant un prêt d'Exportation et Développement Canada.

Photo : Gallo Images/Business Day/Martin Rhodes

Julie Dufresne

Exportation et Développement Canada (EDC) peut récupérer le controversé jet d’affaires des frères Gupta, des clients de Bombardier à qui elle avait consenti un prêt de 55 millions de dollars. Maintenant qu’elle a mis fin à son litige avec la société Westdawn, propriété de la famille Gupta, la société d’État fédérale a confirmé à l’émission Enquête qu’il y a « de l’intérêt » pour acheter le Global 6000 qu’elle veut revendre.

« Le règlement de ce litige est un grand pas vers la conclusion de ce dossier », écrit le vice-président directeur et chef de la direction des affaires commerciales d’EDC, Carl Burlock, dans un communiqué publié discrètement jeudi. « Plus important encore, il simplifiera considérablement pour nous le processus de vente de l’aéronef », ajoute-t-il.

En août dernier, EDC a reconnu avoir fait une « erreur » en octroyant un prêt à la richissime famille sud-africaine Gupta, afin de soutenir la vente d’un jet d’affaires Global 6000 de Bombardier.

En 2015, la société d’État fédérale a versé 55 millions à la société Westdawn, propriété de l’influente famille Gupta, au cœur de scandales de corruption en Afrique du Sud depuis plusieurs années. La somme avait été octroyée malgré les risques mis en évidence lors de l’étude du dossier et révélés dans les courriels obtenus par Enquête au printemps dernier. Ces courriels levaient aussi le voile sur les interventions de Bombardier, qui avait multiplié les démarches pour encourager l’octroi du prêt.

EDC a aussi essuyé les critiques du vérificateur général du Canada, l’an passé, pour avoir été imprudent en accordant certains prêts à risque, sans nommer les Gupta ou Bombardier.

EDC et Bombardier ont admis depuis qu'ils n’effectueraient plus une telle transaction aujourd’hui, en ayant en main toute l’information dont ils disposent.

Les Gupta, au coeur d’un scandale de détournements de fonds qui a fait tomber le président sud-africain Jacob Zuma, ont pris la fuite de ce pays. Le luxueux jet privé signé Bombardier disparaît des écrans radars en même temps, en juin 2017. Le Global 6000 est ensuite revenu en Afrique du Sud, sans eux. Il est depuis cloué au sol à l’aéroport de Lanséria.

À défaut de pouvoir récupérer les millions prêtés, EDC compte maintenant vendre l’appareil.

Dossier clos

Dans son communiqué, la société d’État estime que le règlement du litige au Royaume-Uni, où les procédures avaient cours, vient mettre un terme aux procédures en Afrique du Sud, levant du même coup l’injonction de maintien au sol. EDC a donc maintenant la voie libre pour vendre l’aéronef à un éventuel acheteur raisonnable.

Interrogée sur des clients potentiels, une porte-parole d’EDC, Jessica Draker, a indiqué qu’il y a de l’intérêt, et nous nous attendons à encore plus d’intérêt maintenant que nous avons mis fin au litige.

EDC s’engage à ce que les acheteurs fassent l’objet d’une vérification diligente, processus que la société d’État avait pourtant imposé aux Gupta, comme la loi canadienne l’oblige.

La porte-parole a toutefois refusé d’indiquer combien elle demandait pour l’appareil.

Justice et faits divers