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Un documentaire sur les abus sexuels d'un prêtre secoue le WIFF

Cinq hommes debout sur une scène. Un d'entre eux a un micro à la main.

Le documentaire Prey a été présenté au Festival international du film de Windsor pour la première fois mercredi soir.

Photo : Katerina Georgieva/CBC

Yessica Chavez

La soirée a été émotive, mercredi, au théâtre Capitole de Windsor, où était présenté le documentaire Prey dans le cadre du Festival international du film de Windsor (WIFF). Le documentaire raconte l’histoire d’un homme agressé sexuellement par un prêtre et sa bataille judiciaire contre divers organismes catholiques et scolaires.

William Hodgson « Hod » Marshall a été condamné à deux ans de prison en 2011 pour avoir agressé sexuellement au moins 16 garçons et une fille dans les années 1960. Le prêtre a d’abord sévi en Saskatchewan avant d’être transféré en Ontario.

À la fin du visionnement, Gary Parent, un spectateur, s’est levé. Visiblement ému par le documentaire réalisé par le Windsorois Matt Gallagher, il affirme avoir aussi été agressé sexuellement par le révérend William Hodgson Marshall.

À voix haute et assez fort pour que la majorité de la salle puisse l’entendre, l'homme a raconté son histoire, la voix tremblotante et les larmes aux yeux.

C’était déchirant par bouts, commente-t-il au sujet du documentaire. Ça m’a profondément fâché parce que je vois qu’il y a encore d’autres victimes, et que ce type d’histoires se produisent encore au sein de l’Église! D’autant plus que dans la salle, il y avait l’évêque Ron Frabbro qui a été un des étudiants du père Marshall et qui l’a amené de Sudbury à Windsor, même en sachant ce qu’il avait fait, a-t-il avancé.

Un homme à la sortie du Capitol.

Pour la première fois dans sa vie, Gary Parent, a raconté son histoire. L'homme affirme avoir été victime du père William Hodgson Marshall lorsqu'il était au secondaire.

Photo : CBC/Katerina Georgieva

La réaction de Gary Parent a ému Rod MacLeod, la victime au centre du documentaire. C’est une des plus fortes réactions que j’ai vues, mais, encore une fois, en s’ouvrant aux autres, en partageant la vérité, on voit ce que ça a comme effet sur l’auditoire. La salle s’est montrée très compréhensive et empathique. C’est le genre d’interaction nécessaire pour les victimes d’abus sexuel, estime le survivant.

Un homme au Théâtre Capitol de Windsor.

Rod MacLeod espère que le documentaire sur son histoire incite les victimes d'abus sexuel à dénoncer leur agresseur.

Photo : CBC/Katerina Georgieva

« L’Église doit écouter »

Invité par une des victimes, l’évêque de London, Ron Fabbro a aussi assisté à la présentation de Prey. C’était un film très intense pour moi. J’ai déjà été un des étudiants du père Hod Marshall, souligne-t-il.

Selon l’évêque, l’Église se doit d’écouter les victimes d’agressions sexuelles commises par des prêtres. Nous voulons qu’elles dénoncent leurs agresseurs. Nous savons qu’elles souffrent et nous voulons qu’elles puissent trouver justice. Nous les encourageons à déposer des plaintes à la police aussi, explique-t-il.

Ron Fabbro fait également remarquer que l’Église a changé. Nous avons une meilleure compréhension. Nous avons mis en place des mécanismes pour répondre aux plaintes des victimes. Nous avons aussi, en tant que réponse à ce cas, par exemple, interdit le transfert d’une paroisse à une autre d’un prêtre qui a commis des agressions.

Un évêque dans une salle de cinéma à Windsor.

L'évêque Ron Fabbro a assisté à la présentation du documentaire Prey, mercredi soir, à Windsor, sur l'invitation d'une victime.

Photo : CBC/Katerina Georgieva

Mais pour les victimes comme Rod Macleod, c’est trop peu, trop tard. Je ne me considère plus comme un catholique, mais c’est ancré en nous, ce qu’on nous avait dit sur ce qu’est censée être l’Église. C’est censé être la source de notre éthique, de nos croyances, de notre bon comportement… et j’aimerais que ça soit le cas. Mais je n’ai pas beaucoup d’espoir, assure Rod Macleod.

Je ne suis jamais retourné à l’Église. Je laisse mes enfants se faire leur propre idée sur la religion. À ce jour, ils ne savent pas ce qui m’est arrivé. Je ne vis pas mes meilleures années, mais j’essaye d’en profiter le plus possible avec mes petits-enfants, témoigne Gary Parent.

Avec les informations de Katerina Georgieva de CBC News.

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