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Un comté rural demande que l'Alberta puisse envisager la séparation

Un drapeau représentant le Wexit albertain flotte sur fond de ciel bleu avec quelques nuages.

Des drapeaux du Wexit sont visibles en Alberta depuis l'élection fédérale du 21 octobre 2019.

Photo : iStock / Marvin Samuel Tolentino Pineda

Stéphanie Rousseau

Le comté de Wheatland, une municipalité rurale à l’est de Calgary, a adopté cette semaine une motion qui demande à la province d'organiser un référendum sur son indépendance si le gouvernement fédéral ne traite pas l’Alberta plus équitablement.

La résolution a été adoptée à l’unanimité, mardi, par les conseillers du comté de Wheatland, qui compte environ 8700 habitants.

« Depuis l'élection de Justin Trudeau en octobre 2015, les valeurs de l’Alberta ne sont plus représentées à Ottawa », a déclaré le conseiller Jason Wilson, qui a déposé la motion.

Le texte demande au gouvernement de l'Alberta de se retirer du Régime de pensions du Canada et de créer son propre régime de pensions, de percevoir ses propres impôts, de remplacer la Gendarmerie royale du Canada par une police provinciale, d’avoir son propre système d’immigration et de tenir un référendum sur la péréquation et sur la réforme du Sénat pour obtenir une meilleure représentation de l’Ouest.

La motion s’inscrit dans un sentiment d’aliénation grandissant dans les provinces de l’ouest depuis l’élection d’octobre. Il y a quelques semaines, le mouvement séparatiste Wexit a même entamé un processus pour devenir un parti politique fédéral reconnu.

« Actuellement, il y a un feu qui brûle dans l’Alberta rurale, les frustrations sont fortes contre le gouvernement fédéral qui attaque nos gens et notre culture », lance Jason Wilson, membre actif du Parti conservateur uni.

Il cite en exemple la taxe carbone et les différents projets de loi qui ont resserré les évaluations environnementales pour les grands projets de pipeline ou énergétiques.

La résolution stipule que, si Ottawa ne modifie pas son attitude, le gouvernement provincial devrait organiser un référendum sur l'indépendance.

« Si le gouvernement fédéral ne traite pas ces demandes de bonne foi, s’il gêne ou empêche l’Alberta d’exercer les droits énoncés ci-dessus, le gouvernement de l’Alberta organisera un référendum avec une question claire, définie par La loi sur la clarté, relative à la sécession de l’Alberta de la Confédération canadienne le 18 octobre 2021 », précise la résolution.

Malgré tout, Jason Wilson dit ne pas souhaiter la séparation de l’Alberta du Canada.

« Ce n’est pas une demande pour une séparation, mais pour une relation plus équitable », dit-il.

« L’Alberta est trop souvent une arrière-pensée pour les politiciens : nous voulons simplement être entendus et que notre opinion compte », dit-il.

Jason Wilson compte déposer sa motion lors de la prochaine assemblée de l'Association des municipalités rurales de l'Alberta, qui aura lieu au printemps.

Questionné sur la pertinence de la motion jeudi à Edmonton, le ministre des Affaires municipales de l'Alberta, Kaycee Madu, a répondu : « Notre gouvernement et moi-même croyons au Canada et nous voulons défendre les intérêts de l'Alberta dans le contexte canadien. »

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