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L'ex-maire de L’Assomption aurait coûté plus de 4 millions à la Ville

Jean-Claude Gingras, ex-maire de L'Assomption.

Jean-Claude Gingras, ex-maire de L'Assomption

Photo : Radio-Canada

Geneviève Garon

La tourmente dans laquelle l'ancien maire de L'Assomption a plongé sa ville et qui a entraîné sa mise sous tutelle aurait coûté plus de 4 millions de dollars aux citoyens, dont la moitié en frais juridiques.

C'est le montant impressionnant avancé par l’ex-trésorier de la Ville, qui a témoigné aux observations sur la peine à imposer à Jean-Claude Gingras, jeudi, au palais de justice de Joliette.

Le chaos généré par Jean-Claude Gingras dans les 20 mois précédant la mise sous tutelle de la Ville en 2015 a engendré un effet en cascade qui s’est échelonné sur plusieurs années, a affirmé le procureur aux poursuites criminelles et pénales Francis Pilote.

Le maire déchu est toujours en liberté en attendant de connaître la peine qui lui sera imposée, après avoir été reconnu coupable, le mois dernier, de cinq chefs d’accusation d’abus de confiance, d’entrave à la justice et d’intimidation d’une personne associée au système judiciaire.

Selon un sommaire des dépenses produit par la Ville, au cours des cinq dernières années, elle a dû débourser plus de 2,3 millions de dollars en frais juridiques, notamment pour payer un avocat à Jean-Claude Gingras afin de le représenter devant la Commission municipale du Québec (CMQ) et dans diverses procédures civiles.

Climat de peur

De cette somme, 335 000 $ ont été remis en compensation à une dizaine d’employés injustement congédiés ou suspendus, des gens crucifiés sur la place publique par Jean-Claude Gingras, selon l’ancien trésorier Dominique Valiquette.

Il a ajouté que l’ex-maire a laissé de nombreux fonctionnaires perturbés dans son sillage, en raison du climat de peur qu’il avait instauré, comme l’avait qualifié la CMQ dans son rapport en 2015. Il y avait des clans, de l’hostilité entre les employés, a expliqué Dominique Valiquette. La Ville a donc payé plus de 10 000 $ afin d'offrir du soutien psychologique pour faire ventiler et apaiser les angoisses.

Jean-Claude Gingras a été reconnu coupable d'avoir outrepassé ses pouvoirs en attribuant six contrats à des gens qu’il connaissait et d'avoir congédié cinq employés sans raison. Près de 1,3 million de dollars ont été versés aux employés en congé de maladie, ou suspendus sans motif et réintégrés par la suite.

M. Gingras a aussi commandé une filature sur une fonctionnaire et profité de sa position d'autorité pour interférer dans un litige judiciaire qui l’opposait à la Ville. Il a également tenté de s'ingérer dans le travail des policiers.

Dans la foulée de ses crimes, L’Assomption avait été mise sous tutelle par Québec pendant près de deux ans jusqu’en février 2017. La CMQ avait formulé 29 blâmes.

Détention obligatoire

Jean-Claude Gingras ne devrait pas échapper à l’incarcération, puisque le Code criminel prévoit une peine de détention ferme obligatoire pour le chef d'accusation d’intimidation d’une personne associée au milieu judiciaire. La durée maximale est théoriquement de 14 ans.

La poursuite et la défense n’ont pas encore indiqué quelles peines elles recommanderont à l'égard de l’homme de 55 ans.

La défense insiste sur le fait que Jean-Claude Gingras n’a jamais empoché d’argent frauduleusement. Il n’a pas reçu une enveloppe, a souligné Robert Bellefeuille, qui a l’intention de faire entendre trois témoins.

Les observations sur la peine se poursuivront au cours des prochaines semaines.

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