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Bolivie : une mairesse humiliée par des manifestants anti-Morales

 Patricia Arce couverte de peinture rouge escortée par des policiers.

La police bolivienne est venue à la rescousse de la mairesse Patricia Arce Guzman.

Photo : los tiempos bolivia/ via reuters / Social Media

Agence France-Presse

Le président bolivien Evo Morales a condamné jeudi l'humiliation subie par une mairesse de son parti, couverte de peinture rouge et forcée à marcher pieds nus sur plusieurs kilomètres par une foule hostile au chef de l'État, dont la réélection est contestée.

Toute ma solidarité avec notre soeur, la mairesse de Vinto, Patricia Arce, kidnappée et vexée cruellement pour avoir exprimé et défendu ses idées et les plus pauvres, a écrit sur Twitter Evo Morales à propos de cet incident survenu la veille.

Cela n'était jamais arrivé en démocratie, cela s'appelle le fascisme. Attaquer des femmes, les agresser à cause de leur condition ethnique. La Bolivie fait face à une vague de fascisme, a ajouté le vice-président Alvaro Garcia Linera, également membre du Mouvement vers le socialisme (MAS) actuellement au pouvoir.

La scène est survenue mercredi après-midi à Vinto, ville du département de Cochabamba (centre), secoué comme une partie du pays par des incidents depuis la réélection contestée, le 20 octobre, du président indigène à un quatrième mandat.

Des manifestants ont fait irruption dans la mairie, ont sorti de force Patricia Arce de son bureau et ont mis le feu au bâtiment.

Recouverte ensuite de peinture rouge, une partie des cheveux coupés, elle a été forcée à marcher pieds nus sur près de cinq kilomètres sous les insultes et les menaces, selon les images circulant sur les réseaux sociaux et les médias locaux.

Ce n'est qu'au bout de plus d'une heure que l'édile a été secourue par les forces de l'ordre.

La mairesse était jeudi en train de se remettre de cet incident, ont indiqué ses services au quotidien local Los Tiempos.

Les Nations unies déplorent la violence et le traitement inhumain subi par la maire de la localité de Vinto, ainsi que les agressions visant d'autres femmes, hommes et enfants.

la représentation bolivienne de l'ONU

Par ailleurs, un étudiant de 20 ans est mort mercredi des suites de blessures subies lors de violents affrontements entre des manifestants de l'opposition et des partisans des autorités à Cochabamba.

Les manifestations qui secouent la Bolivie depuis le 20 octobre ont fait trois morts et quelque 200 blessés.

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