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Allégations d'intimidation à l'école : une mère de l'Î.-P.-É. intente un poursuite

Le fils de Rose-Lune Goulet s'est fracturé la jambe dans la cour de l'école François-Buote, la semaine dernière. Mme Goulet affirme qu'il a été poussé.

Photo : Rose-Lune Goulet

François Pierre Dufault

La mère d'un adolescent autiste de 14 ans de l'Île-du-Prince-Édouard, qui a subi une fracture du fémur dans la cour de l'École François-Buote de Charlottetown, en 2018, intente une poursuite de 250 000 $ contre la Commission scolaire de langue française (CSLF), la direction de l'école et des membres du personnel, de même que deux élèves.

Rose-Lune Goulet allègue que la direction de l'école, des enseignants et d'autres membres du personnel visés par la poursuite ne sont pas intervenus pour prévenir l'intimidation dont son fils était victime de la part d'autres élèves, selon elle.

Deux élèves d'âge mineur sont également visés par la poursuite devant la Cour suprême de l'Île-du-Prince-Édouard.

Dans sa déclaration devant le tribunal, Rose-Lune Goulet affirme que son fils a commencé à se plaindre en 2014 d'insultes verbales et d'agressions physiques dont il disait être victime à l'école. L'élève était alors en troisième année.

La plaignante dit avoir eu plusieurs échanges par courriel, par téléphone et en personne avec des membres du personnel de l'École François-Buote entre 2014 et 2018 au sujet de l'intimidation dont son fils disait être victime de la part d'autres élèves. Elle allègue que l'intimidation a continué malgré ses démarches.

Durant l'année scolaire 2015-2016, Rose-Lune Goulet soutient que son fils, alors âgé de 9 ou 10 ans, hésitait souvent à aller à l'école à cause des comportements d'autres élèves à son égard. Elle allègue qu'à plusieurs occasions, d'autres élèves le bousculaient et lui ôtaient sa tuque dans l'autobus scolaire ou dans la cour d'école pendant la récréation.

Rose-Lune Goulet, de Charlottetown à l’Île-du-Prince-Édouard, n’a pas hésité un instant à signer au bas de la lettre destinée au premier ministre du Canada.

Rose-Lune Goulet.

Photo : Photo: Courtoisie Rose-Lune Goulet

La mère ajoute qu'à partir de l'année suivante, son fils, qui présente un trouble du spectre de l'autisme, a commencé à connaître des difficultés d'apprentissage.

À la fin de 2016, Rose-Lune Goulet dit avoir consulté son médecin de famille au sujet de l'anxiété et du stress excessifs qu'éprouvaient son fils, selon elle. Sur recommandation de ce médecin, elle aurait décidé d'envoyer son fils à l'école seulement deux jours par semaine pendant plusieurs mois, et de lui faire l'école à la maison.

Toujours sur recommandation de son médecin de famille, la plaignante dit aussi avoir demandé aux autorités scolaires de soumettre son fils à une évaluation psychologique, ce qui lui aurait été refusé, dit-elle. Elle dit avoir déboursé 3000 $ de sa poche pour que son fils puisse consulter un psychologue.

Au début de l'année scolaire 2017-2018, Rose-Lune Goulet dit avoir signalé à des membres du personnel de l'École François-Buote que l'intimation à l'égard de son fils semblait aller en s'aggravant. Elle soutient aussi que, pendant plus de deux ans, elle a régulièrement insisté pour que les camarades de classe de son fils assistent à une présentation de sensibilisation à l'autisme.

Aucune de ces allégations n'a été prouvée en cour.

La jeune victime est hospitalisée depuis l'incident.

Le fils de Rose-Lune Goulet a dû subir une intervention chirurgicale à l'hôpital.

Photo : Rose-Lune Goulet

Rose-Lune Goulet allègue que la négligence grave des autorités scolaires a permis à des élèves d'intimider son fils jusqu'à lui infliger une blessure grave dans la cour de l'école à la récréation du matin du 13 mars 2018.

La plaignante affirme que, ce jour-là, les deux élèves visés par la poursuite s'en seraient pris à son fils qui jouait dans la neige. Ils l'auraient retenu par les bottes jusqu'à ce qu'il se dégage en se déchaussant. Un des intimidateurs présumés aurait ensuite poussé sa victime au sol alors que celle-ci tentait de remettre ses bottes, ce qui lui aurait occasionné une fracture du fémur droit.

Dans sa déclaration devant le tribunal, la poursuite affirme qu'en aucun temps avant l'incident, le personnel de l'école n'est intervenu.

Le fils de Rose-Lune Goulet a dû subir une intervention chirurgicale à l'hôpital pour qu'on lui pose des vis dans l'os de la jambe. La mère affirme que son fils marche en boîtant depuis. Elle allègue aussi que son fils souffre de stress post-traumatique depuis l'incident.

Pour sa part, la CSLF a déterminé qu'il s'agissait d'un accident à la suite d'une enquête interne à l'École François-Buote avec l'appui de la police de Charlottetown.

Le personnel enseignant et de supervision a fait preuve d'une négligence grave en permettant aux élèves défendeurs d'intimider [la victime présumée], affirme la poursuite dans sa déclaration devant le tribunal, dont Radio-Canada a obtenu copie. Leur inaction, surtout après de multiples avertissements sur une période de deux ans, a créé un environnement irrespectueux et dangereux pour [la victime présumée], ce qui lui a causé de graves blessures et une angoisse mentale qui étaient prévisibles.

Rose-Lune Goulet réclame au nom de son fils la somme de 250 000 $ en dommages et intérêts à la CSLF, l'École François-Buote et cinq de ses employés, de même qu'à deux élèves d'âge mineur.

La poursuite a été déposée devant la Cour suprême de l'Île-du-Prince-Édouard le 9 septembre dernier, soit plus d'un an et demi après l'incident lors duquel le fils de Rose-Lune Goulet a subi une fracture.

Les défendeurs n'ont pas encore présenté leur version des faits au tribunal.

Sans commenter directement la poursuite, le président de la CSLF, Gilles Benoît, affirme que l'intimidation sous toutes ses formes est « une préoccupation constante » pour son organisation. Ce sont des situations que nous devons gérer. Nous en sommes conscients et nous sommes toujours aux aguets, dit-il.

Île-du-Prince-Édouard

Procès et poursuites