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Le manque de stationnements dans le quartier de la Bourse préoccupe les commerçants

Un rue du quartier de la Bourse de Winnipeg.

Le quartier de la Bourse évolue, ce qui ne plaît pas toujours aux commerçants.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À Winnipeg, des commerçants du quartier de la Bourse se plaignent de la politique de la Ville en matière de stationnement. Selon certains, les places se font de plus en plus rares à cause de nouvelles pistes cyclables, et les coûts ne cessent de rebuter les automobilistes à les utiliser pour s'y rendre.

Même moi, je ne viens plus en voiture ici. Je prends ma bicyclette, affirme Chady Maazouz, gérant du restaurant Shawarma Khan, située sur l’avenue McDermot, dans la zone historique de Winnipeg.

Ce dernier fait partie d'un groupe de commerçants qui se plaignent de voir leur clientèle baisser depuis plusieurs années. En cause, selon eux : la réduction du nombre de places de stationnement et l'augmentation de leur coût.

Avant, j’avais beaucoup de clients, mais avec les changements, les gens ont commencé à se garer ailleurs et loin de nous. Les gens ne veulent pas se garer loin, mais le stationnement est très cher, ajoute le gérant.

Le patron de Chady Maazouz a en revanche constaté une augmentation de son chiffre d’affaires pour les restaurants situés dans des endroits où le stationnement n’est pas un problème.

Cela reflète la manière dont le stationnement influe sur le commerce.

Chady Maazouz, gérant du restaurant Shawarma Khan.

À quelques mètres du restaurant de spécialités du Moyen-Orient se trouve le magasin de vélo Natural Cycleworks. Le cogérant, Zacharie Allard, comprend les préoccupations de ses voisins commerçants. Il se rend compte que le stationnement peut entraîner des modifications dans la fréquentation des commerces, mais selon lui, c’est loin d’être un problème.

Changer les mentalités

Pour ce gérant de commerce spécialisé dans les vélos, le fait de voir de plus en plus de pistes cyclables est une bonne chose.

Aucun de ses clients ne les voit d’un mauvais œil, précise-t-il. En voiture, tu n’as pas la chance de t’arrêter quand tu veux et où tu veux. S’il y a plus de monde à pied et à vélo, il va y avoir des conséquences sur les entreprises. Cela encourage les gens à se déplacer à vélo, remarque-t-il.

Pour Zacharie Allard, le problème de stationnement met en lumière un problème de culture. Winnipeg est une ville faite pour la voiture.

C’est aussi ce qu’a remarqué l’urbaniste Ben Gillis, en entrevue à l’émission Le 6 à 9.

Winnipeg est une ville différente en hiver et en été. Un de nos principaux défis est de se demander comment on peut changer. Comment est-ce qu’on va faire pour avoir des infrastructures un peu plus flexibles? Ce sont des questions que se posent aussi les pays scandinaves par exemple , a-t-il dit.

L’urbaniste rejette aussi l’idée selon laquelle les entreprises ont commencé à déserter cet endroit du centre de Winnipeg à la suite de l’augmentation des tarifs de stationnement. Il affirme que le phénomène a débuté avant.

Il va même plus loin. Selon lui, moins de voitures et plus de vélos ne riment pas forcément avec un chiffre d’affaires moins élevé.

Déjà, pour le savoir, il faudrait faire une étude. On sait aussi que les gens à vélo ou à pied dépensent plus que les gens en voiture, a-t-il fait remarquer.

Une clientèle nouvelle à venir

Pour l’urbaniste, le quartier de la Bourse est en pleine transformation. Des immeubles avec des dizaines de copropriétés poussent dans différentes rues.

La stratégie de la Ville est claire, selon le spécialiste. Ce que la Ville est en train de faire ou veut faire, c’est avoir un marché dans le quartier de la Bourse avec d’autres entreprises qui arrivent, l’implantation d’une université avec une population étudiante. On est sur la bonne piste, mais ça prend du temps. Ça prend 10 ou 20 ans pour construire cette communauté qui vient encourager les entreprises.

En attendant cette clientèle, Chady Maazouz souhaite que le prix du stationnement soit réduit et que la Ville demande son avis quand elle décide de faire des changements.

Dans un courriel, le porte-parole de la Ville, Adam Campbell, affirme que la Direction du stationnement analyse les tarifs en vigueur et consulte les parties prenantes, afin de déterminer si des changements devraient être apportés.

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