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Chute du mur de Berlin : « La limite, c’était le mur. Aujourd’hui, c’est le portefeuille »

Des soldats sont debout sur un des panneaux tombés du mur de Berlin et regardent la foule massée tout près.

La chute du mur de Berlin en 1989 (archives)

Photo : AFP / Gérard Malie

Radio-Canada

Anja Kreysch était âgée de 12 ans et vivait à Berlin-Est au moment de la chute du mur de Berlin. Aujourd’hui installée à Rimouski, elle revient sur les événements du 9 novembre 1989, qui ont chamboulé son existence.

Les gens d’ici pensent toujours que [Berlin-Est] c’était le mauvais côté, mais moi, je me sens comme si j’ai habité du bon côté, soutient Anja Kreysch, en entrevue à l'émission Info-réveil.

La Rimouskoise considère qu’en tant qu’enfant, elle était plus heureuse avant la fin de l’emprise du régime communiste sur les Allemands de l'Est. Avec mes yeux d’adultes, je suis quand même contente d’avoir vu l’Ouest, parce que j’ai toujours voulu voyager, précise-t-elle.

Je me rappelle, quand j’étais enfant, je disais à ma mère : "Maman, quand je serai grande, j’aimerais voir les autres pays". Elle disait : "Anja, si tu fais ça, on ne va jamais se revoir".

Anja Kreysch

Malgré tout, elle considère que voyager n’est pas nécessairement devenu plus facile pour les Allemands de l’Est, à la suite de la chute du mur de Berlin. Avant, la limite, c’était le mur, dit-elle. Aujourd’hui, c’est le portefeuille.

« La fin de mon monde »

Le 9 novembre 1989, c’est un sentiment de peur qui habitait Anja Kreysch. Je ne savais pas ce qui allait arriver dans le futur, se souvient-elle. C’était comme la fin de mon monde. On avait entendu de mauvaises choses à propos de l’Ouest.

À l’école et dans les nouvelles, on entendait qu’il y avait beaucoup de criminalité et du chômage. Chez nous, tout le monde était égal et tout le monde avait un travail. Tout était organisé en collectif.

Anja Kreysch

Selon Anja Kreysch, certaines de craintes étaient bien réelles. Plusieurs, comme son père, ont perdu leur emploi. Et il n’y avait plus la même solidarité entre les gens, ajoute-t-elle. Par exemple, on habitait au sixième étage et avant, les voisins d’en bas nous aidaient à apporter les sacs d’épicerie en haut, parce qu’il n’y avait pas d'ascenseur. D’un jour à l’autre, tout a changé. Nous n’étions plus un collectif. Tout était individuel.

Un homme et une femme assis face à face devant des micros.

Anja Kreysch raconte ses souvenirs de la vie en Allemagne de l'Est en entrevue avec Éric Gagnon à l'émission « Info-réveil ».

Photo : Radio-Canada / John Perron

La chute du mur de Berlin a toutefois mis un peu de couleur dans son existence. Tout était un peu gris, se remémore-t-elle. On n’avait pas un grand choix pour les vêtements ou pour les jouets. Dans les supermarchés, on ne pouvait pas acheter des bananes, des oranges, des pêches ou des melons chaque jour. C’était peut-être une ou deux fois par année et avec des longues files d’attente de deux heures.

Trois décennies plus tard, Anja Kreysch croit qu’elle ne pourrait jamais se sentir chez elle du côté ouest de Berlin.

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