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Une rencontre dans le quartier North End pour contrer l’épidémie de violence à Winnipeg

Des gens debout dans un gymnase d'école.

La violence fait des ravages dans le quartier du North End à Winnipeg et des membres de la communauté veulent trouver des solutions pour enrayer le phénomène.

Photo : Radio-Canada / Laissa Pamou

Radio-Canada

Comment répondre à la violence? Comment l’arrêter? Pour tenter de trouver des réponses à ces questions, plus de 200 personnes se sont réunies mercredi soir à l’École William Whyte dans le quartier du North End de Winnipeg. Cette réunion communautaire a été organisée par le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Une prière en langue crie et des chants autochtones ont retenti au son du tambour du Warrior Eagle Drum Group au début de la réunion. La prière et les chants saluaient la mémoire des victimes de crimes violents et tentaient d'apaiser leurs proches en deuil.

Un groupe d'hommes joue du tambour et chante.

Le Warrior Eagle Drum Group a ouvert la réunion avec une chanson destinée à encourager et apaiser les proches des victimes de la récente vague de violence.

Photo : Radio-Canada / Laissa Pamou

Plusieurs jours après une vague de violence qui a frappé la capitale manitobaine, des centaines de personnes de la communauté ont répondu à l’appel du NPD.

À tour de rôle, les participants se sont présentés devant de la foule. Certains ont pointé du doigt la lenteur des policiers. Ils ont aussi partagé leurs émotions et leurs propres expériences.

Une montée en puissance de la violence

Elsie Cormier vit depuis 12 ans dans le North End, un des quartiers les plus touchés par la violence à Winnipeg. Il y a trois jours, quelqu’un est entré par effraction chez sa nièce, une machette à la main.

Sa nièce n’a pas été blessée, mais selon Mme Cormier, c’est un nouvel exemple de l'augmentation de la violence dans le quartier.

Elle-même en a fait les frais. J’ai été agressée deux fois en plein jour. La première fois, c’était un dimanche à 7 h. Je venais de retirer 20$ d'un guichet automatique. Deux pâtés de maisons plus loin, deux filles m’ont volée et m’ont cassé le bras, a-t-elle raconté.

La deuxième fois, Elsie Cormier s’est retrouvée à l’hôpital. J’avais des points de suture sur mon visage. J’avais des agrafes dans mon crâne, dit-elle. Mme Cormier affirme que sa communauté doit faire preuve de force devant la violence.

Les gens ont peur. Tu ne peux pas te mêler des affaires des autres. Mais nous devons le faire pour [...] nous attaquer au problème. Il n’y a pas d’autre solution.

Elsie Cormier, résidente du North End

Elsie Cormier a renoué avec l’espoir mercredi soir. Cette rencontre m’a permis de me redonner de la force pour aller aider les gens qui ont des problèmes de dépendance. Des problèmes que j'ai connus, moi aussi.

Beaucoup de résidents et membres de la communauté partagent le point de vue d’Elsie Cormier. Ils indiquent qu'il est temps que la communauté s’organise et prenne ses responsabilités en main afin de résoudre elle-même le problème.

Être à l'écoute

Plusieurs élus du NPD étaient présents à la rencontre. Le chef du parti, Wab Kinew, estime que la violence est une conséquence directe d'années de politiques inappropriées.

Le problème que nous voyons aujourd’hui a été créé par les gouvernements du passé qui ont dirigé le système de pensionnats autochtones, qui ont créé un système économique qui garde beaucoup de gens dans la pauvreté, a martelé le chef de l’opposition officielle.

Wab Kinew a affirmé sa volonté de transmettre les remarques et préoccupations des personnes rencontrées mercredi soir à l'Assemblée législative. Il souhaite travailler avec tous les partis sur la question de la violence, même s’il a déploré leur absence à la réunion. Il affirme avoir invité les autres partis à la rencontre.

Le NPD a annoncé à la fin de la réunion qu’il envisage d’organiser d’autres rencontres similaires pour permettre aux citoyens de s’exprimer davantage.

Selon Chance Dupuis, une personne bispirituelle crie qui est responsable de la coordination du bien-être avec la Central Neighborhood Association, l’écoute de la communauté est un élément clé pour enrayer la violence.

Nous avons besoin de gens qui sont sur le terrain pour nous dire ce que nous devons faire et quels programmes mettre en oeuvre. Nous avons besoin de créer des solutions alternatives au fait d'appeler la police.

Chance Dupuis, une personne bispirituelle crie qui est responsable de la coordination du bien-être avec la Central Neighborhoods Association.

Chance Dupuis affirme que c'est en analysant la pauvreté, le racisme et l’insécurité alimentaire, des problèmes auxquels sont confrontés la population, qu'on trouvera des solutions à la violence. La communauté avant tout est importante. Nous avons besoin d'entendre la voix des gens lors des discussions avec les politiciens et la police. Je crois que nous devons commencer à valoriser leurs paroles.

Avec les informations de Laissa Pamou et CBC 

Manitoba

Crimes et délits