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Mort de Lyndia Hamel : sa mère estime que la Maison Carignan a fait des erreurs

Lyndia Hamel est décédée le 27 décembre 2016 d'une surdose de drogues à la Maison Carignan, un centre de thérapie pour dépendance.

Lyndia Hamel est décédée le 27 décembre 2016 d'une surdose de drogues à la Maison Carignan, un centre de thérapie pour dépendance.

Photo : Facebook

Marie-Pier Bouchard

Choquée, peinée et habitée par un sentiment de culpabilité, Céline Hamel s’explique mal que sa fille, Lyndia Hamel, ait succombé à une surdose de drogues dans les murs de la Maison Carignan, où elle était en thérapie pour « se donner une deuxième chance ».

Je ne souhaite à personne de vivre ce que je vis, a répété Céline Hamel lorsqu’elle a pris la parole pour une dernière fois dans le cadre de l’enquête publique sur la mort de sa fille.

Elle aurait dû être accompagnée pour venir me voir à l’hôpital.

Céline Hamel, mère de Lyndia Hamel

Lyndia Hamel est décédée dans la nuit du 26 au 27 décembre 2016. Elle était de retour à la Maison Carignan après une sortie de deux jours, une permission spéciale qu’on lui a accordée pour aller voir sa mère qui était hospitalisée à Québec.

La logique c’est qu’elle soit accompagnée pour venir me voir et qu’elle retourne au centre après. Elle n’aurait pas consommé, a soutenu Céline Hamel.

La mère de Lyndia Hamel estime que la Maison Carignan a fait erreur par-dessus erreur à partir du moment où ils l’ont laissée partir seule.

Si je n’avais pas été hospitalisée, elle ne serait pas venue me voir et elle n’aurait pas consommé, a-t-elle ajouté.

La directrice générale de la Maison Carignan, Valérie Piché, s’est montrée sensible à la déclaration de Mme Hamel. Je comprends toute votre peine, lui a-t-elle dit.

Cependant, bien qu’elle ne faisait pas encore partie de l’équipe de la Maison Carignan lorsque le décès est survenu, Mme Piché a tenu à mentionner à Céline Hamel qu’elle est convaincue que les intervenants qui ont côtoyé sa fille ont réellement cru en elle et on agit en toute bonne foi.

« Elle méritait d’avoir de bons services »

Étienne Fréchette, un ami d’enfance de Lyndia Hamel, a fait valoir pour sa part que, selon lui, les intérêts économiques ont passé avant la sécurité des gens.

M. Fréchette s’est montré très sévère et critique à l’endroit du personnel de la Maison Carignan qui, estime-t-il, n’a pas pris au sérieux les bénéficiaires qui ont fait part de l’état d’intoxication de la jeune femme et de ses propos suicidaires.

Elle méritait d’avoir de bons services. Vous avez échoué.

Étienne Fréchette, ami de Lyndia Hamel

La stigmatisation a étouffé le jugement de tout le monde. En aucun temps Lyndia n’a été traitée avec humanité, a-t-il dit.

Des recommandations, mais pas à n’importe quel prix

La directrice générale de la Maison Carignan, Valérie Piché, admet qu’en cas de rechute, une meilleure collaboration avec le milieu hospitalier et le système judiciaire serait bénéfique.

Maison Carignan à Trois-Rivières

La Maison Carignan à Trois-Rivières, un centre de thérapie pour les alcooliques et toxicomanes.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Elle propose notamment qu’un procureur soit disponible en tout temps pour les ressources d’hébergement en dépendance, comme la Maison Carignan, qui accueillent une clientèle judiciarisée et qui peuvent être appelées à gérer une rechute à tout moment du jour ou de la nuit.

Par exemple, dans le cas de Lyndia Hamel qui était à la Maison Carignan sous ordre de la cour, l’accès à un procureur aurait peut-être pu faire une différence, selon Mme Piché. L’intervenant aurait pu discuter de la situation avec le procureur et s’entendre avec lui pour éviter qu’elle retourne en prison après une première rechute. Une telle mesure aurait peut-être permis à l’intervenant de rassurer Lyndia Hamel qui craignait, selon plusieurs témoins, de retourner en prison en raison de sa rechute, comme le prévoit la procédure pour la clientèle judiciarisée.

Par contre, en ce qui concerne l’idée d’exiger un ratio d’un intervenant pour dix résidents en tout temps, Valérie Piché a tenu à sensibiliser la coroner à la fragilité financière des ressources d’hébergement en dépendance.

Si on change le règlement et qu'on augmente le ratio d'intervenants ben il faudra pouvoir être financés pour soutenir l'embauche de ce personnel supplémentaire, explique-t-elle. Selon Mme Piché, une telle exigence mettrait en péril la survie de plusieurs centres.

Le rapport de la coroner attendu dans quelques mois

La coroner Andrée Kronström qui a conclu les travaux de cette enquête publique a mentionné que le sujet lui tient à cœur, rappelant qu’elle a signé deux rapports en 2002 sur des décès survenus dans des centres de thérapie.

Elle dit constater que beaucoup de choses ont été faites depuis, mais qu’il reste encore énormément à faire.

Son rapport sera dévoilé au cours des prochains mois.

Mauricie et Centre du Québec

Drogues et stupéfiants