•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

20 millions pour les éoliennes d'Anse-Bleue : Bathurst refuse de s'expliquer

La Ville de Bathurst compte financer à 51 % le projet éolien controversé d'Anse-Bleue.

Une éolienne dans un champ de miscanthus en Angleterre.

La Ville de Bathurst est un partenaire du projet éolien controversé d'Anse-Bleue.

Photo : Reuters / Luke MacGregor

René Landry
Alix Villeneuve

La Ville de Bathurst a fait une des plus importantes demandes de prêt de son histoire à la province, soit 20 millions de dollars, pour la construction d'un parc éolien à Anse-Bleue, dans la Péninsule acadienne. Toutefois, les membres du conseil municipal ne semblent pas du tout souhaiter en parler publiquement.

La conseillère Kim Chamberlain a une poignée de main et un sourire chaleureux. Mais, dès qu’on aborde avec elle le projet de parc éolien à Anse-Bleue, son ton change du tout au tout. Elle somme les journalistes de quitter les lieux, en précisant qu’elle se trouve sur son lieu de travail.

Elle n’est pas la seule membre du conseil municipal à ne pas vouloir aborder le sujet de l’investissement de 20 millions de dollars de la Ville dans un futur parc éolien à Anse-Bleue.

Vue de l'hôtel de ville de Bathurst en contre-plongée, la nuit.

Malgré les demandes répétées, aucun élu de Bathurst ne veut commenter la situation.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Le conseiller Michael Willet ne veut pas non plus accorder d’entrevue au sujet de ce projet de parc éolien à plus de 50 kilomètres de la municipalité. Mais il laisse entendre qu’il aura des questions à poser lors de la prochaine réunion, mardi prochain.

Il y a des choses qui ont changé et des détails qui ne sont pas réglés, laisse-t-il tomber mystérieusement, sans vouloir en dire davantage.

La mairesse adjointe, Penny Anderson, jointe au numéro indiqué sur le site web de la Municipalité, répond qu’elle n’a pas le temps d’en parler.

Tous les autres conseillers ont été sollicités. Aucun ne nous a rappelés.

Le maire n’accorde aucune entrevue

Mercredi, trois demandes d’entrevue de Radio-Canada auprès du maire, Paolo Fongemie, ont essuyé un refus.

Tous les détails entourant la demande de prêt à la province ne seraient pas ficelés, explique-t-il.

J’ai hâte de pouvoir en parler, assure-t-il.

Entrevue avec le maire Paolo Fongemie.

Le maire de Bathurst n'accorde aucune entrevue sur le sujet pour l'instant.

Photo : Radio-Canada / Paul Landry

Il estime par ailleurs qu’il n’a pas de compte à rendre aux citoyens de la Péninsule acadienne mobilisés contre le projet à Anse-Bleue.

Selon lui, la Ville n’a pas à se préoccuper de l’acceptabilité sociale du projet, puisqu’il y a déjà un processus de consultation en place.

Entre-temps, le projet controversé continue de faire les manchettes et la population des environs d’Anse-Bleue se mobilise davantage.

Une grogne contre la Ville de Bathurst est en train de s’installer. Paolo Fongemie a pu prendre la mesure du phénomène quand il a reçu plusieurs messages de citoyens inquiets de la région d’Anse-Bleue au cours des derniers jours.

Cependant, il laisse entendre qu’il ne s’en soucie guère. Il affirme que les citoyens de Bathurst ne sont pas préoccupés par le projet d’Anse-Bleue.

Des citoyens de Bathurst perplexes

Des citoyens rencontrés à Bathurst n’avaient pas entendu parler des 20 millions de dollars que leur municipalité cherche à obtenir pour investir à Anse-Bleue.

Un homme discute avec un journaliste.

Un citoyen est perplexe face au mutisme de Bathurst.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Il semble que ce serait dans l'intérêt des citoyens, les payeurs de taxes. Ils devraient savoir qu’est-ce qu’il se passe, dit Jean-Paul Haché.

C’est vraiment des gros chiffres.

Jean-Paul Haché, citoyen de Bathurst

On a besoin de savoir dans quoi on investit, lance une autre citoyenne, Aude Saint-Pierre-Gagné. Elle comprend que l’énergie éolienne peut coûter cher.

Le fait qu’on n’a pas le pourquoi on investit ça, et pour quelles raisons, c’est peut-être là qu’on devrait se poser des questions. Il y a peut-être quelque chose qu’on nous cache, je ne sais pas.

Nouveau-Brunswick

Politique municipale