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Sous les projecteurs, la ministre responsable des refuges à T.-N.-L. défend son bilan

Portrait de Lisa Dempster.

Lisa Dempster, ministre des Enfants, des Aînés et du Développement social de Terre-Neuve-et-Labrador

Photo : CBC / Peter Cowan

Patrick Butler

La ministre responsable de la Société d’habitation de Terre-Neuve-et-Labrador (SHTNL) défend le bilan de l’agence, qui se fait critiquer pour sa gestion des refuges privés pour les sans-abris et l’explosion des coûts liés aux hébergements d’urgence.

Le gouvernement provincial compte sur les hébergements privés quand les refuges à but non lucratif manquent de place. Mais ces logements privés fixent leurs propres tarifs et n’ont pas à offrir de services de santé à leurs clients ni d'aide pour qu'ils se trouvent un logement à plus long terme.

Radio-Canada avait rapporté mercredi que le gouvernement payait jusqu’à 250 $ la nuit par personne à des entrepreneurs privés et que les sans-abris restent souvent dans ces logements pendant plusieurs mois.

La ministre des Enfants, des Aînés et du Développement social, Lisa Dempster, indique que depuis que la SHTNL gère le logement d’urgence, en juin 2018, 38 % de personnes en moins restent dans des refuges privés.

Mme Dempster rappelle que, depuis juin 2018, la durée maximale d’un séjour dans un refuge d’urgence à Terre-Neuve-et-Labrador a été réduite considérablement, soit de 300 à 215 jours. La durée moyenne d'un séjour dans un refuge est de 42 jours.

Elle affirme ainsi que la SHTNL travaille maintenant avec plus de refuges à but non lucratif et moins d'entrepreneurs privés.

Nous essayons de mettre des gens dans des refuges à but non lucratif parce que ces refuges offrent les services dont ils ont besoin, remarque-t-elle. Nous réalisons des progrès considérables.

Radio-Canada avait découvert qu'en 2018-2019, le propriétaire de refuge privé Leonard Phair a reçu plus de 1,1 million de dollars de la province. À l'automne 2018, il a reçu plus de 10 000 $ par mois pour héberger une seule personne.

La ministre Dempster soutient pourtant que M. Phair n’a récolté que 217 000 $ depuis le début de l’année financière actuelle.

Le budget destiné aux refuges s'envole

Selon la SHTNL, le budget global pour les refuges d’urgence à Terre-Neuve-et-Labrador a grimpé de 70 % de 2015-2016 à 2018-2019. Mme Dempster affirme que ces augmentations de coûts découlent des besoins de plus en plus complexes de la population itinérante, qui nécessite des services de santé mentale et de toxicomanie, entre autres.

Elle note ainsi que la province continue à dépendre des refuges privés pour héberger certains clients qui souffrent de dépendance et de maladie mentale grave.

Ça fait 16 mois [que la SHTNL a pris la responsabilité du dossier], on apprend au fur et à mesure, mais on fait des progrès, soutient-elle.

L'opposition talonne la ministre

Les partis d’opposition ont passé la première moitié de la période des questions mercredi, à l'Assemblée législative, à talonner la ministre pour obtenir des réponses au sujet de la rémunération des refuges d’urgence.

Jim Dinn, porte-parole en matière de logement du Nouveau Parti démocratique, affirme que des services en santé mentale et en toxicomanie doivent être offerts aux sans-abris, peu importe le refuge où ils se trouvent.

Nous pouvons payer maintenant, ou nous pouvons payer plus tard, soutient-il. À un certain moment, ces services doivent être disponibles.

Portrait de Jim Dinn.

Jim Dinn, porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de logement

Photo : Radio-Canada

Des résidents inquiets

Un homme âgé de 23 ans est mort mardi soir à la suite d’un incident à l’extérieur d’un refuge privé de la rue Bond, à Saint-Jean. Personne n’a encore été arrêté, et la Force constabulaire royale de Terre-Neuve n’a pas encore identifié la victime.

C’était le chaos total, raconte Josh Taylor, un résident de la rue Bond qui habite près du refuge. M. Taylor dit qu’il est souvent appelé par la police à la suite d'incidents qui touchent des résidents de l’hébergement.

Nous sommes un quartier très inclusif. Je ne veux pas donner l’impression que nous ne voulons pas avoir des refuges dans le centre-ville. Ce n’est pas le cas. Nous voulons que les ressources soient en place pour protéger ces personnes, explique M. Taylor.

Mais on veut faire pression sur le gouvernement pour qu’il crée une stratégie durable pour les maisons de transition, une stratégie qui fournit le soutien nécessaire pour que les gens ne soient pas mis en danger.

Terre-Neuve-et-Labrador

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