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« Incompréhension totale » : le directeur du cégep de Baie-Comeau décrie la réforme du PEQ

La professeure est debout au milieu de la rangée de bureaux.

Une professeure s'adresse à des étudiants dans une classe du Cégep de Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Djavan Habel-Thurton

Le directeur du Cégep de Baie-Comeau, Claude Montigny, dit être en « incompréhension totale » face à la manière dont le gouvernement Legault a priorisé certains programmes dans le cadre de sa réforme du Programme de l'expérience québécoise (PEQ).

Quand on regarde la liste des programmes priorisés, le gouvernement a décidé de prioriser par exemple acupuncture, a expliqué Claude Montigny en entrevue à RDI, mardi après-midi.

Je n’ai rien contre l’acupuncture, mais quand on voit que l’acupuncture est priorisée par rapport au besoin de main-d’œuvre qu’on a dans plusieurs régions du Québec dans le domaine de la forêt, entre autres, c’est une incompréhension totale de la manière dont les priorités ont été établies, avance le directeur.

Le directeur général du Cégep de Baie-Comeau, Claude Montigny

Le directeur général du Cégep de Baie-Comeau, Claude Montigny

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Il explique que le recrutement étranger revêt une importance particulière pour les cégeps dans une région comme la Côte-Nord, où le déclin démographique réduit le bassin étudiant local.

On s’est retourné vers le recrutement international depuis plusieurs années, on a mis beaucoup de ressources, beaucoup d’énergie, et on a eu du succès, explique M. Montigny.

Aujourd’hui quelque 116 étudiants du cégep de Baie-Comeau proviennent de l’étranger, environ 16 % de la population étudiante.

Selon M. Montigny, plus de la moitié d’entre-deux pourraient étudier dans des programmes retirés par le gouvernement Legault de la liste des programmes admissibles au PEQ.

Inquiétudes à court et moyen terme

Même après l’adoucissement de la position du gouvernement et la reconnaissance d’un droit acquis pour les étudiants étrangers déjà sur les bancs d’école, M. Montigny entrevoit de graves conséquences pour son établissement dans les mois et les années à venir.

À court terme, M. Montigny doute du succès de trois missions de recrutement en France prévu par le cégep de Baie-Comeau au cours des prochaines semaines.

Il faut réajuster notre discours. Ça ne sera vraiment pas évident pour les techniques qui sont concernées et où on avait un très grand succès de recrutement, craint-il.

Pour le directeur, la possibilité d’obtenir rapidement la résidence permanente faisait clairement partie de l’attrait des programmes qui ne sont aujourd’hui plus admissible au PEQ.

À moyen terme, la décision du gouvernement Legault, portée par le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barette, met en danger certains programmes comme celui en technologie forestière, croit Claude Montigny.

Pour le directeur il s’agit d’un non-sens, puisqu’il explique que les besoins de main-d’œuvre sont importants dans l’industrie forestière.

55 % des étudiants en technologie forestière sont d’origine étrangère.

Si la clientèle internationale éventuellement n’est plus là, oui, un programme comme celui-là est menacé.

Claude Montigny, directeur général du Cégep de Baie-Comeau

Le directeur avance aussi que ces étudiants étrangers trouvent facilement du travail sur la Côte-Nord et veulent s’installer dans la région après leurs études.

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